Quand Vinci s’interroge sur « l’acceptabilité »

Durée de lecture : 2 minutes

29 mai 2013 / La Lettre à Lulu


L’acceptabilité, ça s’impose
Vinci travaille sur les outils de séduction pour faire passer ses projets.

On peut se marrer en piochant dans la littérature de « La Fabrique de la Cité », un think tank créé en 2008 par Vinci. Cet édito de Remi Dorval, son président*, est collé en préambule d’un rapport intitulé De l’acceptabilité à l’adhésion, synthèse du séminaire international annuel de La Fabrique-machin, tenu du 29 au 31 août 2012 à Amsterdam.

Surtout, ne jamais penser à Notre Dame-des-Landes en lisant ça : « Comment dépasser les oppositions multiformes qui s’élèvent régulièrement contre la construction des grands équipements urbains ? Comment susciter l’adhésion nécessaire à la mise en œuvre d’infrastructures décidées au nom de la rénovation urbaine, de la promotion du lien social ou de la dynamisation économique d’un territoire ? ».

C’est vrai, ça : comment ? Mais attendez, ce n’est pas tout : « Comment évaluer les divers coûts induits par la recherche de l’adhésion des citoyens (retards de construction, modifications des plans initiaux, campagnes d’information et de communication, etc) ? Comment enfin dépasser les oppositions locales et régler les conflits qui apparaissent inévitablement dans le processus de construction urbaine ? ».

Comme si cette « Fabrique de la cité » ouvrait un département fabrique du consentement, histoire de transformer la résistance à une adhésion, un accord qu’on renommera « demande »,enfin parfaitement adaptée à l’offre.

L’étude conclut que « les investissements permettant de susciter l’adhésion représentent une dépense assurancielle face à un risque de non-adhésion qui pourra bloquer la réalisation de l’équipement et engendrer des coûts bien plus élevés ». Dans le bocage nantais, y aurait comme un hic.

Remi Dorval dit le fond de la pensée : « la légitimité démocratique ou la maîtrise de l’expertise ne suffisent plus pour imposer des décisions engageant l’avenir d’un territoire ». Ces braves dirigeants de Vinci rêvent donc de décisions à imposer. Une décision soumise à impôt, ça rapporte combien en recettes fiscales ?

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* Ce n’est pas son vrai métier, ce Dorval est d’ordinaire directeur délégué de la recherche et développement de Vinci pour l’Europe.



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