Rassemblement pour Fukushima et contre les JO « radioactifs », à Paris

Durée de lecture : 5 minutes


Le mercredi
11
mars


Le rassemblement sera aussi l’occasion de dénoncer la tenue des JO radioactifs de Tokyo cet été au Japon, conçus comme un moyen de solder la catastrophe de Fukushima et de réhabiliter des territoires pourtant encore contaminés et dangereux pour des décennies.

PRÉ-PROGRAMME :

> 18h00 - 18h30 - Spectacle de tambours japonais.

> 18h30 - 18h40 - Lecture du texte de Ruiko Muto, représentante des Femmes de Fukushima et Co-Présidente des plaignants dans le procès pénal contre TEPCO (l’exploitant de la centrale nucléaire Fukushima-Daiichi).

> 18h40-18h50 - Lecture de l’appel de Lausanne du 26 février 2020, lancé par Le Collectif contre les JO radioactifs de Tokyo.

> 18h50 - 19h00 - Point sur la situation sur place, sur la base des travaux de Junichi Ohnuma, Scientifique japonais co-responsable du laboratoire citoyen de mesure de la radioactivité « C-Labo » à Nagoya et coordinateur de la publication de la carte de la contamination du Japon. Il a piloté la rédaction d’un ouvrage citoyen qui dresse le bilan de la contamination du territoire japonais 9 ans après l’accident de Fukushima et la fusion de 3 réacteurs nucléaires. Il présentera l’état de ses recherches, différentes cartes de la contamination de la préfecture de Fukushima et du territoire japonais

> 19h00 - 19h40 - Prises de parole des ONG environnementales et partis politiques

> 19h40 -20h15 - Animations, happening, stands et table-info

9 ANS PLUS TARD, POURQUOI LA SITUATION AU JAPON N’EST PAS STABILISÉE ?

Les radionucléides relâchées lors de la fusion des 3 réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ont une durée de vie de plusieurs décennies et de larges zones de la préfecture de Fukushima et ses alentours restent encore contaminées par la radioactivité.

Autour de la centrale de Fukushima Daiichi, des millions de tonnes de déchets radioactifs sont encore entreposés, tandis que de nouveaux rejets radioactifs pourraient encore se produire ces prochaines années, du fait des opérations de refroidissement et de récupération des coriums radioactifs, puis du relargage des milliards de litres d’eau contaminée dans l’atmosphère ou dans l’océan Pacifique. De plus, de nouveaux risques de rejets sont prévisibles, au moment du démantèlement des trois réacteurs accidentés, ou lorsque les assemblages de combustibles usés entreposés dans les piscines de désactivation seront retirés.

En 2011, la piscine du réacteur n°4 avait été endommagée et une surchauffe avait déjà eu lieu, occasionnant des rejets radioactifs gazeux dans l’atmosphère. Retirés depuis, les combustibles irradiés avaient été transféré dans les piscines attenantes. Si elles étaient brutalement privées de moyens de refroidissement, les milliers de tonnes d’uranium immergées dans les trois autres bassins provoqueraient une nouvelle fois d’importants rejets radioactifs.

Car il ne faut pas négliger non plus le risque de sur-accident autour de la centrale nucléaire japonaise. En octobre 2019, la zone a par exemple été frappée par un typhon d’une puissance inédite, faisant planer la menace d’une nouvelle dispersion incontrôlable de radioéléments : les fortes précipitations ont lessivé les sols et les vents violents ont soulevés la poussière, transportant la radioactivité au gré des courants marins, de l’érosion et des rafales de vent. Pire, d’énormes sacs de terre faiblement contaminée ont été emportés par une rivière en crue, sans que la plupart n’ait été retrouvée. Sans oublier que la façade maritime Est du Japon reste fortement soumise à des risques sismiques et des tsunamis.

Autre motif d’inquiétude : le réacteur n°3 de la centrale nucléaire. Il contenait un cœur constitué de MOX . Plus radioactif et plus chaud que les combustibles d’oxyde d’uranium purs (UOX), le MOX contient du plutonium. Actuellement, ce combustible a fondu et percé le radier sous la cuve du réacteur, sans que l’exploitant TEPCO ne soit encore parvenu à identifier où il se situe précisément ni à quelle profondeur il s’est déjà enfoncé dans le sol.

De la même manière, si les autorités ont mis en place des dispositifs plus ou moins efficaces pour piéger les infiltrations d’eau radioactive, décaper les sols et laver les bâtiments, les travaux de décontamination des vastes forêts polluées au césium 137 patinent, faute d’accès suffisant pour les engins de chantier. Pourtant, ces zones boisées représentent 75% des surfaces touchées par les retombées radioactives de l’accident nucléaire. Si un feu venait à se déclencher - comme cela s’est produit dans la « forêt rousse » autour de Tchernobyl en 2016 - une nouvelle dispersion de particules radioactives se produirait mécaniquement. Il subsiste donc encore d’importants risques radiologiques.

Enfin, il n’est pas exclu que les habitants dont les autorités nippones organisent progressivement le retour en zone radioactive consomment pendant de longues périodes des denrées alimentaires contaminées, surtout dans les préfectures rurales de Fukushima et ses alentours, dans lesquelles l’agriculture vivrière, l’élevage et la pêche sont des sources d’alimentation quotidiennes. Du lait, de la viande, des champignons, du thé, des algues, des crustacés ou des poissons sont ainsi régulièrement mesurés avec des taux de radioactivité supérieurs aux limites admissibles, et ce même dans les eaux territoriales ou dans des zones relativement éloignées de la centrale nucléaire accidentée.



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