Réponse à un élu PS indigne

Durée de lecture : 3 minutes

19 octobre 2012 / Corinne Morel Darleux



Le président « socialiste » du conseil général de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet, traite les habitants de Notre Dame des Landes d’« accapareurs ».

La réponse de Corinne Morel-Darleux, du Parti de Gauche : « On parle là de jeunes qui s’installent dans des logements vacants, bossent et emmènent leurs gamins à l’école du coin, soutenus par les agriculteurs locaux ! »


Philippe Grosvallet

Les opérations d’évacuations sur le site de l’aéroport du Grand Ouest, conduites pour le troisième jour par l’Etat, ont mon soutien entier. Elles marquent la fin d’une situation de non droit : l’occupation illégale et l’exploitation de propriétés, rachetées régulièrement par les pouvoirs publics à leurs précédents propriétaires, et que certains individus ou groupes de pression avaient confisquées ces dernières années, en toute illégalité.

Je suis surpris de voir des élus ou formations politiques défendre cette illégalité et dénoncer le retour à l’ordre républicain. Au moment où un grand nombre de nos concitoyens connaissent des difficultés, ont de la peine à faire face à leurs charges même en travaillant, et où l’Etat demande à tous des efforts pour redresser le pays, il me parait inconvenant de trouver des justifications à des comportements accapareurs. Si je respecte les choix de vie de chacun de mes concitoyens, je ne peux pas, en tant qu’élu, accepter ceux qui se font aux frais de la collectivité, avec la prétention de paralyser un projet d’intérêt général.

Personne ne doit s’étonner de l’ampleur du dispositif déployé par l’Etat, afin que ces évacuations soient effectives et irréversibles, et que les forces de l’ordre agissent avec efficacité et surtout sans emploi de la violence.


Corinne Morel-Darleux

Colère froide en découvrant le communiqué de M. Grosvalet, président PS du Conseil général de Loire Atlantique, qui revendique les expulsions à Notre Dame des Landes comme un « retour à l’ordre républicain », traite les expulsés d’ « accapareurs » et ne trouve rien de mieux à faire que d’illustrer son billet avec une belle photo d’avion sur un tarmac.

Bon sang, était ce vraiment nécessaire ? Il aurait pu se contenter d’un communiqué neutre. Mais non, Monsieur le Président du Conseil Général se paye le luxe de la provocation gratuite et jette de l’huile sur le feu. Il est vrai qu’il a la force de son côté. Jusqu’à 1200 policiers, CRS, gardes mobiles et gendarmes depuis mardi, pour déloger 150 jeunes civils et désarmés de la « ZAD » (zone à défendre). Et il a le culot de dire que tout se fait sans violence ! Sans violence ? Quand des familles sont bombardées de gaz lacrymos et expulsées à la veille de la trêve hivernale ?

Comment est-on censé réagir à la provocation d’un élu de la République, qui se dit «  socialiste », envers des familles qui se retrouvent à la rue ? On parle là de jeunes qui s’installent dans des logements vacants, bossent et emmènent leurs gamins à l’école du coin, soutenus par les agriculteurs locaux ! Quel mépris, quelle xénophobie sociale ! Oui, je dis bien xénophobie.

C’est la bonne vieille technique d’accuser une poignée qui « s’accapareraient » quand d’autres doivent « se serrer la ceinture » ! De la part d’un gouvernement qui prône l’austérité ! C’est la nausée du « regardez il y a un peu moins pauvres que vous, allez vite leur prendre le peu qu’ils ont et que vous n’avez plus » ! Et surtout pendant ce temps là, oubliez qu’il y a les vrais riches qui se gavent eux sur votre dos à tous. Oubliez Vinci et consorts qui s’accaparent les terres des paysans à grands coups de millions. Mais surtout oubliez le « S » du PS. Pour moi c’est fini. Je pensais être blindée, je ne l’étais pas. Cette fois c’est fait.






Source :
- Le communiqué de Philippe Grosvallet ;

- la réaction de Corinne Morel-Darleux.

Photo : capital.fr

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