Rivières orange en Alaska : comment la crise climatique bouleverse les cours d’eau
La couleur orangée dans cette rivière de la chaîne de Brooks, au nord de l'Alaska, est due à la fonte du pergélisol. Ici en 2023. - USGS/CC0/Josh Koch, U.S. Geological Survey
La couleur orangée dans cette rivière de la chaîne de Brooks, au nord de l'Alaska, est due à la fonte du pergélisol. Ici en 2023. - USGS/CC0/Josh Koch, U.S. Geological Survey
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Des courants d’eau de montagne qui ont viré au orange vif. Au nord de l’Alaska, ce sont pas moins de 200 cours d’eau qui ont été transformés de la sorte, selon le dernier décompte de l’Agence météorologique et océanographique des États-Unis (Noaa) repéré par Libération le 29 décembre.
Ces torrents d’eau aux tons de rouille sont dus à la fonte du permafrost, ou pergélisol en français, cette partie du sol profond de plusieurs kilomètres et gelée en permanence. La raison ? Le dérèglement climatique entraîne une « augmentation spectaculaire des températures » en Arctique, souligne la Noaa. Cette région du pôle Nord vient d’enregistrer des températures record, faisant de 2025 l’année la plus chaude qu’elle ait jamais connue. À tel point que l’Arctique subit un réchauffement quasiment quatre fois plus rapide qu’ailleurs dans le monde.
Grâce à des images satellites, les scientifiques de l’agence étasunienne estiment que la coloration des cours d’eau s’étend sur plus de 1 000 km, principalement au niveau de la chaîne montagneuse de Brooks.
En fondant, le pergélisol entraîne une transformation chimique : l’acide sulfurique et les métaux (zinc, nickel, cuivre…) qu’il contient se libèrent dans l’air et l’eau. C’est notamment le cas de la pyrite, un disulfure de fer caractérisé par une couleur jaune. Ces substances chimiques se déversent ensuite dans l’eau, peuvent transformer son pH et conduire à la disparition d’espèces entières.
Ce qui fait conclure à la Noaa que ces bouleversements représentent des « menaces directes » pour « l’accès à l’eau potable dans les zones isolées de l’Alaska rural » et ce « problème environnemental émergent » doit vite faire l’objet de « recherches scientifiques supplémentaires ».