Sarkozy fustige le « terrorisme » environnemental

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5 avril 2011 / Yann Le Guernigou (Reuters)




NESLE, Somme, 5 avril (Reuters) - Nicolas Sarkozy a fustigé mardi le « terrorisme » de ceux qui, au nom de la protection de l’environnement, bloquent des grands projets de développement.

En déplacement dans la Somme, le chef de l’Etat a en outre exclu de nouveau l’arrêt du parc nucléaire français, qui fournit près de 80% de l’électricité du pays, à la lumière de la catastrophe de la centrale japonaise de Fukushima.

« Je me battrai pour défendre le nucléaire, parce qu’il n’y pas d’énergie alternative en l’état actuel des choses, sauf à dire aux Français qu’ils vont maintenant se chauffer et s’éclairer à la bougie », a-t-il dit lors d’une table ronde consacrée au transport fluvial.

« Il faut garder son sang-froid, le vrai débat n’est pas ’pour ou contre le nucléaire’, il faut des énergies renouvelables et l’énergie nucléaire. Le vrai débat, c’est celui de la sûreté nucléaire », a-t-il ajouté.

« Le vrai débat, c’est de faire que nos centrales soient sûres et qu’on arrête avec ce terrorisme qui consiste à dire que tout développement, que toute croissance ou que toute création de richesse est en soi un mal », a-t-il poursuivi.

Nicolas Sarkozy a stigmatisé plus particulièrement les Verts pour avoir obtenu du gouvernement socialiste de Lionel Jospin, en 1997, l’arrêt du projet de grand canal Rhin-Rhône en raison de son impact environnemental.

« Il ne s’agit pas de faire de la France une espèce de réserve où les seuls élus responsables sont ceux qui font des squares et des jardins publics (...) Je m’opposerai à tous ceux qui, au nom de la bataille pour l’environnement, une bataille juste, voudraient nous expliquer qu’il ne faut pas de développement », a-t-il encore dit.

BORLOO MUET SUR SES INTENTIONS

Le chef de l’Etat était venu annoncer le lancement de la phase de « dialogue compétitif » pour la construction du canal à grand gabarit Seine-Nord Europe, un projet de 4,2 milliards d’euros monté en partenariat public-privé.

Cette phase sera menée avec les deux candidats retenus, Vinci associé à Eiffage d’une part, Bouygues de l’autre, le groupe sélectionné au final devant en assurer la moitié du financement.

Le lancement du « dialogue compétitif » signifie que son choix se fera « dans le courant de l’année prochaine » et que la mise en service du canal pourra intervenir en 2016 ou 2017, a précisé Nicolas Sarkozy.

Long de 106 km, cet ouvrage, dont la construction a été décidée dans le cadre du Grenelle de l’environnement, reliera le bassin de la Seine et le réseau fluvial de l’Europe du Nord.

Accessible à des unités de 4.400 tonnes, il doit permettre le transport de l’ordre de 14 millions de tonnes de marchandises par an à l’horizon 2020, ce qui permettra de retirer l’équivalent de 500.000 poids lourds des routes.

Le chantier permettra de créer 4.500 emplois. A terme, ce nouveau canal devrait générer 25.000 emplois, essentiellement dans la logistique.

Nicolas Sarkozy avait entamé son déplacement par la visite du chantier des travaux d’abaissement de l’autoroute A29, en prélude à la construction d’un pont-canal pour la future liaison fluviale Seine-Nord.

Son ancien ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo était présent pour l’accueillir en tant qu’architecte du Grenelle de l’Environnement, qui a donné son feu vert au projet.

A 48 heures d’une intervention télévisée au cours de laquelle il doit annoncer s’il prend ou non ses distances de l’UMP, le président du Parti radical s’est refusé à dévoiler ses intentions.

A la question de savoir s’il était content de retrouver celui dont il a pensé un temps faire son Premier ministre avant le remaniement de novembre dernier, Nicolas Sarkozy a répondu : « Je n’ai pas besoin de le retrouver, je ne l’ai jamais perdu ! ».






Source : http://fr.reuters.com/article/frEur...

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