Stop au gaspillage d’électricité, vive la lumière des étoiles !

Durée de lecture : 2 minutes

18 février 2014 / Sébastien Paret (Le Dauphiné)

Une commune des Hautes-Alpes a reçu un prix pour son action contre le gaspillage d’énergie. En choisissant d’éteindre les éclairages publics la nuit, La Motte en Champsaur a diminué de 68 % sa consommation d’électricité.


La Motte-en-Champsaur, petit village de 200 habitants dans le parc national des Écrins, vient de recevoir un prix dans le cadre du concours “Villes et villages étoiles”. L’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes (ANPCEN) a récompensé la commune pour sa contribution aux économies d’énergie et à la réduction de la pollution lumineuse. Pour cela, l’éclairage public a été limité.

« Les élus allaient éteindre et rallumer un par un les lampadaires »

« On a concouru mais on a commencé le boulot bien avant », précise Jean-Michel Mayet, qui est à l’initiative de l’opération avec Claire Bouchet, maire de la commune.

Tout a réellement débuté en 2007. La Motte-en-Champsaur participe alors à la démarche “Agir pour l’énergie”. Puis, le 24 juillet 2009, à la Nuit des étoiles afin de permettre de contempler le ciel et les étoiles filantes.

Devant le succès de cette opération, l’effort est prolongé. « Nous avons décidé d’éteindre les lumières de la commune une fois par mois, tous les 24 du mois, de 23 heures à 5 heures du matin pendant un an et demi », explique Claire Bouchet. N’ayant qu’un employé municipal, ce sont les élus qui allaient éteindre et rallumer un par un les lampadaires. « Le 24 février 2011, on a pris la décision de ne plus rallumer », indique Jean-Michel Mazet. Décision peu commune qui en a surpris certains, qu’il a fallu convaincre.

Un nouveau fournisseur d’électricité verte

La commune est même allée jusqu’à changer de fournisseur d’électricité. « Notre action phare sur l’éclairage public a permis de réduire les dépenses pour 40 lampes de 2 600 ou 2 700 euros à 1 000 euros. En décembre, nous avons basculé d’EDF à Enercoop, fournisseur d’électricité verte. Ça représente un surcoût, nous apprend-il. En 2014, au lieu de payer 1 000 euros, on paiera 1 200 euros. »

Un surcoût bien relatif quand on se penche sur la consommation d’électricité de la commune. Entre 2010 et 2013, celle-ci a diminué de 68 % et les dépenses ont baissé de 38 %.

En septembre dernier, La Motte-en-Champsaur décide de participer à l’opération “Villes et villages étoiles” de l’ANPCEN. Résultat, la commune fait partie des 40 villes à s’être vu attribuer le label trois étoiles, sur les cinq possibles. Elle a même reçu un prix spécial du jury pour sa situation dans le parc national des Écrins.


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source et photo : Le Dauphiné

Lire aussi : Cette commune n’utilise plus d’énergie fossile pour se chauffer

19 octobre 2019
En Loire-Atlantique, l’opposition monte contre le bétonnage de terres par un « surf park »
Enquête
16 octobre 2019
La carte des luttes contre les grands projets inutiles
Enquête
27 août 2019
Au Camp Climat, plus de militants et plus déterminés
Reportage