Super U banalise le danger nucléaire

Durée de lecture : 2 minutes

3 septembre 2012 / Réseau Sortir du nucléaire



L’idée du siècle : un petit déjeuner aux couleurs de l’atome...


C’est la rentrée, et avec elle arrivent les promos des supermarchés, toujours désireux de nous pousser à acheter les dernières nouveautés... Parmi les grandes chaînes de distribution, les magasins U se sont montrés particulièrement novateurs. C’est ainsi qu’à la page 65 de leur catalogue des promotions de rentrée (à feuilleter ici), on nous propose d’acquérir un magnifique kit pour petit déjeuner au lit, composé de bols, mugs et tablettes frappés d’un symbole radioactif et de la mention « zone protégée » !

La « zone protégée », un nouveau concept ?

Remarquons d’abord que le terme « zone protégée » n’existe que chez Super U et dans les fantasmes de ceux qui croient au nucléaire sûr. Tout d’un coup, le nucléaire serait synonyme de protection ? Le concept du bol qui « protège » les céréales grâce à la radioactivité préfigure-t-il donc le retour en force dans les rayonnages de Tho-radia, la crème de soin au radium à la mode dans les années 1930 ?

Super U, les nouveaux commerçants prévoyants ?

Ou alors, faut-il plutôt apprécier la clairvoyance de la grande distribution qui, consciente de l’état de dégradation de la sûreté nucléaire française, anticipe l’accident qui risque d’arriver un jour ? Oui, il se peut bien qu’un jour, on mange des Becquerels au petit déjeuner ! Avec un petit compteur Geiger à côté du pot de confiture, pour contrôler notre contamination... comme les habitants de Fukushima, qui ne peuvent plus avoir confiance dans leurs repas.

La vaisselle identitaire de la rentrée ?

Qui peut bien avoir envie d’acheter de tels objets ? Principalement la toute petite catégorie de consommateurs prêts à revendiquer : « Je suis pronucléaire, j’assume, et je porterai fièrement le logo radioactif ! » Ils ne sont pas bien nombreux, mais ils existent : la preuve, certains sont même au gouvernement. On pourrait d’ailleurs suggérer au Palais de l’Elysée de passer commande : ce service radioactif ferait fureur au Conseil des ministres et permettrait à chacun d’affirmer fièrement ses valeurs. Il ne resterait plus qu’à glisser dans chaque mug un petit formulaire, attestant que le propriétaire se porte volontaire pour intervenir en cas d’accident nucléaire.

Le risque nucléaire banalisé

Plus sérieusement, la banalisation du risque nucléaire par une chaîne de grande distribution a de quoi inquiéter... Le danger serait-il devenu « tendance » pour mieux se faire accepter ? En tout cas, il est fort possible que les salariés du nucléaire, qui doivent travailler en « zone contrôlée » au prix de la dégradation de leur santé, apprécient peu cette vaisselle de fort mauvais goût. L’irradiation n’est pas une partie de détente comme un petit déjeuner au lit !






Source : Réseau Sortir du nucléaire

Photo : Super U

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