« Sur la vague jaune », vie quotidienne d’un rond-point de l’Isère

Durée de lecture : 3 minutes

9 juillet 2019 / Bernard Floris, Luc Gwiazdzinski et tous les autres

Dans « Sur la vague jaune », Bernard Floris, Luc Gwiazdzinski et tous les autres racontent la vie quotidienne d’un rond-point de l’Isère occupé par les Gilets jaunes. Témoignages et réflexions rendent compte de l’énergie, des aspirations et des réalisations de celles et ceux qui, un jour, ont décidé de dire non.

  • Présentation du livre par son éditeur :

Mouvement des Gilets jaunes

En novembre 2018, dans toute la France, des femmes et des hommes se sont mobilisés pour lancer un mouvement unique dans l’Histoire du pays : celui des « Gilets jaunes ». Au fil des semaines et des manifestations, ils se sont approprié les ronds-points des zones périurbaines pour en faire des lieux de vie, des places publiques, de nouveaux médias et des ateliers d’éducation populaire. Ensemble, ils ont participé à la fabrique d’une utopie concrète où il est souvent question de fraternité et de fierté retrouvée. Au fil des semaines, ils ont étoffé leurs revendications et expérimenté la démocratie directe.

C’est la vie quotidienne de l’un de ces ronds-points de l’Isère, les parcours des femmes et des hommes qui l’occupent depuis cinq mois, leurs histoires, leurs productions, leurs espoirs et leurs doutes qui sont racontés ici. Témoignages et réflexions rendent compte de l’énergie, des aspirations et des réalisations de celles et ceux qui, un jour, ont décidé de dire non. Ensemble, ils ont réussi à rendre visibles les difficultés d’une partie de la population, à imposer certains sujets sur l’agenda politique et à habiter des lieux aussi inhospitaliers en contribuant à un nouveau « design démocratique ». Ici et maintenant, ils sont engagés en politique tout en se défendant d’en faire.

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Extrait - Préface de Angelo Turco

Oui je sais. Cette minuscule histoire d’une rencontre est une histoire personnelle. Mais voilà, d’entrée de jeu, il faut signaler que chez les « Gilets jaunes », tout se passe sur le plan personnel. J’arrive donc à Grenoble. Le gris de ce jour d’hiver n’encourage pas l’esprit de l’Italien du Sud. Tôt dans l’après-midi, le froid est déjà là en maître de cérémonie. Le rendez-vous est à 17 heures, au rond-point de Crolles, à une vingtaine de kilomètres de la grande ville. Je sais que j’ai été catapulté ici par l’enthousiasme de Luc. Par cette extraordinaire capacité qu’il a de convaincre les gens d’« essayer ». Ne pas se fier à nos convictions. Questionner systématiquement les partis-pris. Défaire ce qui parait évident.

Oui d’accord. Je suis à Grenoble, direction Crolles, et alors ? Mes idées reçues sont là, mes présupposés aussi. Gilets jaunes ? Pas clair du tout. Pas d’organisation, pas de programme, pas de leaders. Tout (ou presque) est contre eux : le pouvoir avec ses dispositifs musclés et sa propagande ; les médias ; les arrondissements parisiens huppés. Mais aussi l’argumentaire « raisonné » de la théorie politique et les exemples de la praxis tels qu’ils se sont incrustés dans l’expérience européenne depuis au moins deux siècles. Dans ce contexte, les Gilets jaunes auraient déjà dû disparaitre, pulvérisés par l’engrenage politico-médiatique qui, par ailleurs, se nourrit d’histoires de faillites plutôt que de succès.

(...)


  • Sur la vague jaune. L’utopie d’un rond-point, de Bernard Floris, Luc Gwiazdzinski et tous les autres, Élya éditions, mai 2019, 216 p., 10 €.

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