Journal indépendant, en accès libre pour tous, sans publicité ni actionnaire, financé par les dons de ses lecteurs
Recevoir la lettre d'info
Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

Parce qu’informer sur le péril écologique est une priorité.

Reporterre publie quotidiennement,
en accès libre et sans publicité.
Le journal ne vit que des dons de lecteurs comme vous.

1 donateurs soutiennent Reporterre ce mois-ci.

Objectif de 12 000 donateurs

Soutenir Reporterre

Tribune —

Traçabilité ? Laissez-nous hennir !


On a trouvé du cheval dans des lasagnes « au bœuf » surgelées.
De la viande découpée en Roumanie vendue par un trader hollandais
à un trader chypriote qui l’a revendue au groupe français Poujol,
holding de la société Spanghero, fournisseur de Comigel, une
entreprise de Metz qui fabrique des lasagnes au Luxembourg pour les
vendre à Findus, entreprise suédoise appartenant au fonds anglais Lion
Capital.

On ignore d’où viennent les tomates des lasagnes Findus, comment elles
ont poussé, par qui elles ont été achetées, à qui elles ont été
revendues avant d’être transformées en sauce et vendues à Comigel
afin d’être incorporées aux lasagnes Findus. Idem pour les pâtes, le
lait de la béchamel et le fromage.

Et encore, on ne nous dit pas tout. On aurait retrouvé parmi les
embryons congelés de la filiale de Findus spécialisée dans la
reproduction humaine artificielle (RHA), des spécimens fécondés par
du sperme d’étalon.

Lequel aurait été vendu par un haras ukrainien à
un trader italien qui l’aurait revendu au groupe européen Frydman,
Testard & Co, fournisseur de Ovulux, une entreprise de Lille qui
commercialise des projets parentaux en série.

Les lots de projets
parentaux datés du 15 janvier 2013 au 11 février 2013 ont été
rappelés pour contrôle. Les experts remontent la filière pour savoir
si le sperme suspect vient de Roumanie, du Luxembourg ou de Suède. Une
réunion de crise est prévue dans les prochains jours au ministère de
la santé avec les acteurs de la filière. Je vais en parler à mon
cheval.

Un produit industriel destiné à l’alimentation humaine parcourt des
milliers de kilomètres avant de finir au four à micro-ondes. Grâce
aux progrès de l’informatique, d’Internet et des porte-conteneurs -
ce qu’on nomme « mondialisation ».

C’est pour optimiser ces flux de merdechandises que l’industrie a
besoin des « étiquettes intelligentes » RFID, de la connexion de
chaque lot à l’Internet des objets - ce qu’on nomme « traçabilité
 »
.

Le puçage électronique de chaque objet, chaque animal, chaque
élément des infrastructures de transformation, de transport, de
logistique, n’a d’autre but que d’accélérer et rentabiliser les flux
et les stocks de marchandises, d’animaux, d’humains.

Réclamer plus de
traçabilité, c’est réclamer plus de flux, plus de kilomètres entre
l’abattoir et l’assiette, plus d’élevage et d’agriculture industriels,
plus de ravages environnementaux, sanitaires, sociaux.

Nous n’avons pas besoin de machines, mais d’humanité. Nous avons
besoin d’une agriculture de proximité, à échelle humaine. Boycottons
la bouffe industrielle, le micro-ondes et les supermarchés - ou ne
pleurons pas qu’on nous fourgue des produits hybrides.

Écrasons les puces RFID.


📨 S’abonner gratuitement aux lettres d’info

Abonnez-vous en moins d'une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’abonner
Fermer Précedent Suivant

legende