Travail et commun #5 Quel travail pour un monde vi(v)able ? rencontre-débat à Paris
Le jeudi 25 avril 2024
Afin de poursuivre l\’étude des transformations des approches du travail au XXIe siècle, nous nous tournerons cette fois vers des personnes qui ont fait le choix de changer, parfois radicalement, d\’orientation dans leur travail pour conformer leur conduite à des valeurs, des pratiques et des usages qu\’elles jugent essentiels pour elles-mêmes et pour l\’avenir du monde vivant.
Rencontre proposée et animée par Annie Flexer et Yovan Gilles
(Comité de pilotage UBC.Paris)
Avec Anne de Rugy, sociologue, Université Paris Est Créteil, LIPHA-Laboratoire interdisciplinaire d\’étude du politique Hannah Arendt ;
Rémi Vanel, membre du collectif Pour un réveil écologique
James Amar, « déserteur » de Centrale-Supélec, membre de l\’association Vous n\’êtes pas seuls ;
Yovan Gilles, philosophe, co-rédacteur de la revue Les périphériques vous parlent.
Notre précédente session sur le travail, en 2022, était consacrée aux enseignements des expériences d\’organisation du travail en commun(s), notamment dans les entreprises dites libérées et les coopératives. Il s\’agit de recréer des collectifs de travail au sein desquels des personnes s\’organisent, depuis la prise de décisions stratégiques de l\’entreprise jusqu\’à la répartition et l\’utilisation des profits, en rompant notamment avec la verticalité de la décision managériale, plutôt que de rester les sujets/objets désincarnés d\’une organisation du travail qui leur pré-existe. Cette visée est désirable mais sa mise en œuvre, bien souvent, s\’avère semée d\’embûches. Nous avons vu comment, notamment, toutes ces tentatives se heurtent au plafond de verre de la finance, quand bien même elles sont sous-tendues par la perspective de redonner un sens au travail.
Afin de poursuivre l\’étude des transformations des approches du travail au XXIe siècle, nous nous tournerons cette fois vers des personnes qui ont fait le choix de changer, parfois radicalement, d\’orientation dans leur travail pour conformer leur conduite à des valeurs, des pratiques et des usages qu\’elles jugent essentiels pour elles-mêmes et pour l\’avenir du monde vivant.
Choix de bifurquer, voire de déserter : elles assument en conséquence une refonte de leur mode de vie car, pour elles, la préoccupation éthique prime sur l\’importance de l\’aspect purement rétributeur du travail salarié. Dans le contexte de la transformation écologique et climatique actuelle, et du constat qu\’elles font du décalage entre la pression qu\’elle exerce dans bien des domaines et celle de nos modèles de productivité…
Retrouvez en PDF le programme complet et le déroulement :
https://www.universitebiencommun.org/wp-content/uploads/2024/04/UBC_20240425_5_Quel-travail-pour-un-monde-vivable.pdf
elles n\’entendent plus disjoindre vie professionnelle et convictions ou sensibilité personnelles. Elles n\’entendent plus non plus continuer à refouler ce qu\’elles ressentent comme étant des contradictions, face aux modèles de réussite sociale et professionnelle – même dans un objectif de carriérisme. Ce choix intervient parfois avant même de se lancer sur le marché du travail, comme nous l\’avons observé ces derniers temps de la part d\’étudiants lors de la remise de diplômes dans plusieurs grandes écoles, dont notamment AgroParisTech, HEC ou Centrale Supelec.
Même si ce phénomène de destins professionnels bifurquants apparaît encore bien marginal pour beaucoup à l\’heure cardinale de la crise inflationniste du pouvoir d\’achat, il ne faut cependant pas oublier que, pour les deux-tiers des français.e.s, le mobile du gain salarial comme finalité du travail arrive après l\’exigence du bien-être au travail et du sens du travail, envisagé comme une forme d\’expression de soi.
A la lumière de leur expérience et de leur parcours, nous interrogerons leurs motivations, en faisant un focus sur leur désir recouvré de mener une activité en cohérence avec les enjeux environnementaux et sociaux. Nous examinerons aussi les conséquences de ces formes de travail alternatives en faveur des humains et des non-humains et les leçons que nous pouvons déjà en tirer.
Nous tenterons enfin de dégager les courants actuels de recomposition des modes de travailler compte tenu des contraintes de l\’évolution climatique et de la nécessité de faire monde, et nous donnerons la parole à ceux qui proposent des pistes pour les développer.
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Les intervenants
Anne de Rugy est maître de conférences en sociologie et militante écologiste. Elle enseigne à l\’Université Paris Est Créteil (UPEC) où elle est vice-présidente chargée de la Vie étudiante et de l\’engagement. Chercheuse au LIPHA – Laboratoire interdisciplinaire d\’étude du politique Hannah Arendt – elle travaille sur les « déclassements choisis » (bifurcations professionnelles avec baisse de revenu), les réaménagements de consommation auxquels ils donnent lieu et les justifications, politisées ou non, qui les accompagnent. Elle s’intéresse, entre autres, aux changements de vie en lien avec la transition écologique : transformations de la consommation, sens du travail, nouvelles formes d\’engagement par les pratiques, et explore aussi la sociologie des formes de vie à travers la littérature.
Rémi Vanel, ingénieur de formation, dans le domaine de l\’énergie, est membre du collectif Pour un réveil écologique, constitué à la suite du Manifeste étudiant pour un réveil écologique signé parplus de 30 000 étudiants depuis 2018, exprimant leur volonté de prendre leur avenir en main en intégrant dans leur quotidien et leurs métiers les enjeux écologiques et en appelant au réveil la société.
Le collectif propose des outils concrets pour aider les étudiants à mobiliser leurs écoles et universités pour mieux se former sur les questions écologiques et aider les jeunes diplômés à choisir un employeur suffisamment engagé dans la transition.
https://pour-un-reveil-ecologique.org/fr/
James Amar a démissionné publiquement du cursus d\’ingénieur Centrale-Supélec, dans une lettre ouverte, et a rejoint le collectif Vous n’êtes pas seuls, association à but non lucratif, « née d’une forte solitude de jeunes diplômés face aux injustices et aux ravages indissociables de notre civilisation. »
Celle-ci a pour but d’accompagner des salariés souffrant d’une fracture entre leur travail et leurs valeurs, d’accumuler des connaissances d’initiés sur les nuisances de leurs secteurs, de diffuser les témoignages de leur rupture, tout en s’inspirant des alternatives prometteuses existantes.
Sa raison d’être est de créer des passerelles vers les archipels de résistances écologiques et sociales. Sa stratégie « préfère la désertion à la reconversion professionnelle, le lancement d’alerte au réformisme, le démantèlement à la RSE. »
https://vous-netes-pas-seuls.org/
Yovan Gilles est philosophe et artiste polyvalent (acteur, danseur, musicien, vidéaste…), engagé dans une activité événementielle pluridisciplinaire et éditoriale multi-support, notamment au sein de la revue Les périphériques vous parlent, dont il est co-rédacteur en chef. Ses activités se situent dans le champ de l’expression de la citoyenneté à travers différentes dynamiques publiques : collectif Travail et Démocratie, lancement d’alerte, lutte contre les discriminations (pédagogue et formateur)... Il a publié dernièrement Travail et réalisation de soi. La condition oeuvrière (Libre et solidaire, 2022). Il est membre du Comité de pilotage de l’Université du bien commun à Paris.
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Programme
18 h 10 – Accueil
18 h 30 – Ouverture de la session par Annie Flexer et Yovan Gilles
18 h 40 – Anne de Rugy– Changer de vie pour la transition écologique : les bifurcations descendantes
19 h – Rémi Vanel – L\’enjeu du dialogue emploi-écologie et comment le collectif Pour un réveil écologique aborde la question
19 h 20 – James Amar– La désertion des élites comme moyen de résistance.
19 h 40 – Yovan Gilles – La pression écologique peut-elle précipiter la recomposition des modes de travailler et infléchir la finalité elle-même du travail ?
20 h – Débat avec le public
21 h – Conclusion
https://www.universitebiencommun.org
Les enregistrements sonores et vidéo des sessions de l\’Université du bien commun à Paris sont diffusés sur le site internet de l\’Université et font l\’objet d\’émissions radio sur Radio Fréquence Paris Plurielle
Précisions
Rencontre-débat
jeudi 25 avril 2024, de 18 h 30 à 21 h
(accueil à partir de 18 h 10)
à l’Académie du climat, 2 place Baudoyer – 75004 Paris
Salle des mariages
Métro : Hôtel de Ville (1 et 11) ; Saint-Paul (1)
Inscription : UBC-inscription Travail et commun #5
Entrée libre – participation aux frais volontaire