Trémargat, le village des alternatives

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5 avril 2014 / Marie-Emmanuelle Grignon (Bretagne durable)



Dans les Côtes d’Armor, cette commune de 170 habitants multiplie les projets grâce à l’implication de ses habitants : chantiers communaux collectifs, assainissement par phytoépuration, création d’une épicerie locale…


En plein cœur du Kreiz-Breizh (Centre Bretagne), entouré de forêts, de champs, de collines et d’un chaos rocheux, se situe Trémargat, petit village de 170 habitants. Sur la place centrale, de rares voitures. Tout est calme, paisible – un peintre en profite pour immortaliser la petite église. Mais ne pas se fier aux apparences : ici, la commune et les habitants s’activent ! « Nous lançons un chantier de réfection du parking central », annonce le maire Eric Bréhin, la quarantaine, professeur de Sciences économiques et sociales au lycée, qui vient à notre rencontre. Le chantier n’est pas tout à fait comme les autres, puisqu’il s’agit de remplacer le goudron par du gazon et des arbres, et que « les habitants sont invités à participer à l’opération, lors de chantiers coopératifs qui ont lieu le samedi », précise l’élu. Une démarche d’implication des habitants qui ne date pas d’hier…

« Dans les années 70, la population déclinait et beaucoup de terres étaient à vendre. Des néo-ruraux sont venus s’installer, attirés par le faible prix des terrains et l’envie de monter des projets, souvent en lien avec l’agriculture », relate Eric Bréhin.
« Beaucoup souhaitaient développer un certain style de vie, qui s’apparentait déjà, à l’époque, à l’écologie. »

Les années ont passé, le nombre d’habitants s’est stabilisé, et la démarche s’est renforcée. « Aujourd’hui, parmi nos principales actions, on peut citer la mise en place d’un système d’assainissement communal à base de plantes, l’élaboration d’un Plan local d’urbanisme inscrit dans une démarche de développement durable, et plus récemment, le contrat passé avec Enercoop pour la fourniture d’électricité », détaille le maire. Toute l’électricité utilisée par les services municipaux est donc désormais d’origine renouvelable, et fournie par la coopérative – Trémargat est la première commune bretonne à se fournir chez Enercoop.

Ce n’est pas Nathalie qui dira le contraire. La jeune femme a lancé il y a deux ans, en complément de son activité de traiteur, le restaurant bio Coriandre. « Ici, tout le monde va de l’avant, dans le même sens », lance-t-elle après avoir terminé son service. Elle explique avoir trouvé à Trémargat un lieu idéal pour proposer, dans un bâtiment construit en matériaux écologiques, son activité de restauration à base de produits bios et locaux : « Il y a beaucoup de producteurs en circuit court, ce qui facilite l’’approvisionnement de proximité. » Dans la grande salle chauffée par un poêle à granulés, elle souhaite faire de ses tables un lieu de convivialité pour la population du village.

Autre lieu de rencontres, un peu plus loin en revenant vers le bourg : le Trémargad Kafé (photo du chapô). Aujourd’hui, c’est Claire, l’une des salariés de l’association, qui gère le lieu. Elle s’affaire derrière le bar. Plutôt tranquille en journée, le café s’anime lors des nombreux concerts, pièces de théâtres et autres animations qui y sont organisés. « Des bénévoles sont appelés en renfort quand il y a besoin, surtout le week-end », explique-t-elle, alors que des bruits de travaux se font entendre derrière elle. « Ce sont les aménagements de la future épicerie qui se tiendra dans un bâtiment mitoyen au bar », poursuit-elle. Car la mairie a décidé de créer une nouvelle épicerie au village. Elle sera gérée par une association et proposera des produits locaux, voire bio, et issus de circuits courts.

Du local en circuit court, c’est ce que proposent, dans un autre registre, Pierre-Yves Morvan et sa femme, tous deux artisans-potiers sur la commune. A quelques encablures du village, ils se sont installés à la fin des années 70 dans un ancien moulin à eau, qu’ils ont rénové eux-mêmes. Cuisson au feu de bois, fabrication des émaux grâce à des cendres végétales locales et vente directe sont les piliers de leur démarche, qu’ils veulent la plus intégrée possible au tissu économique local. « Ici, il y a un certain style de vie qu’on ne retrouve pas ailleurs », affirment-ils quand on les interroge sur leur installation dans la commune. Une bourgade où les nombreux projets ont été rendus selon eux « possibles, par la volonté des habitants ». Un propos que semble également partager Emmanuel Blouin, le peintre que nous retrouvons sur la place, venu en voisin de Maël-Carhaix. Il s’apprête à ranger ses pinceaux après une journée sur le terrain.

Un lieu comme Trémargat vit grâce à sa population très active. Ça vaut vraiment le coup de les mettre en valeur !
conclut-il dans un sourire.





Source : L’Age de faire.

Consulter aussi : DOSSIER Alternatives locales - Dans les villes et villages, du bon… et du mauvais.

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