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Un banquier de Rotschild au cabinet de François Hollande

Le secrétaire général adjoint de l’Elysée, Emmanuel Macron, était associé-gérant de la banque Rotschild depuis 2011.


A 34 ans, Emmanuel Macron, qui est l’un des inspecteurs des finances les plus brillants de sa génération, devient secrétaire général adjoint de l’Elysée, plus particulièrement chargé de l’économie. Se trouve ainsi reconnu le rôle-clé que cet énarque et banquier d’affaires de gauche a joué dans l’élaboration du projet présidentiel de François Hollande.

Depuis des mois, M. Macron partageait son temps entre la Banque Rothschild, dont il a été nommé associé-gérant en 2011, et la préparation de l’alternance. Il avait constitué autour du candidat socialiste une équipe de « jeunes technos » de gauche, appartenant souvent comme lui à l’inspection des finances mais pas exclusivement.

Cette équipe a planché le soir et le week-end pendant des semaines pour préparer dans le moindre détail le programme du futur président. Elle a trié dans les propositions que lui soumettait le groupe de la Rotonde, composé des économistes Jean Pisani-Ferry, Philippe Aghion, Elie Cohen, Gilbert Cette, etc. Elle a aidé Jérôme Cahuzac, président (PS) de la commission des finances de l’Assemblée nationale, à rédiger une première version du collectif budgétaire et fiscal, de la loi de programmation des finances publiques et du projet de loi de finances (PLF) pour 2013.

Fils de médecins, titulaire d’un diplôme d’études approfondies (DEA) de philosophie, M. Macron fut de 1999 à 2001 assistant du philosophe Paul Ricoeur. Ce défenseur de l’indépendance de la presse a été membre du comité de rédaction de la revue Esprit. En 2007, il était rapporteur général adjoint de la commission Attali pour la libération de la croissance française. Il dispose à ce titre d’une vision large des forces et des faiblesses de l’économie française. En 2008, il fut chargé de mission auprès de Jean Bassères, à l’époque où ce fabiusien, nommé depuis directeur général de Pôle emploi, était à la tête de l’inspection générale des finances.

Ouvert et accessible, plus sensible aux compétences des personnes avec lesquelles il travaille qu’à leur corps d’origine, M. Macron est un haut fonctionnaire qui sait faire confiance et déléguer. C’est du moins ce qu’en dit Sandrine Duchêne, qui travaille depuis des mois avec lui.

Cette collaboration est appelée à durer : la directrice du département conjoncture de l’Insee va quitter son poste pour rejoindre, dès mercredi, l’Elysée. Elle y sera chargée de macroéconomie et de finances publiques.


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