Une artiste suédoise veut repatatiser Paris !

Durée de lecture : 2 minutes

17 avril 2014 / Prix Coal Art et Environnement 2014



Contre la standardisation des aliments, le projet artistique High Diversity d’Åsa Sonjasdotter réintègre la culture d’une douzaine de variétés de pomme de terre apparues au cours des XVIIIe et XIXe siècles à et autour de Paris. Elle a reçu le Prix Coal qui unit arts et développement durable.


En 1772 à Paris, le pharmacien Antoine-Augustin Parmentier convainc la faculté de médecine de lever l’interdiction de consommation d’un fameux tubercule, alors catégorisé exotique.

Denrée emblématique de la Révolution française, des périodes de disette et de famine, la pomme de terre, consommée depuis lors, se révéla particulièrement facile à cultiver et à conserver.

High Diversity, d’Åsa Sonjasdotter, consiste à réintégrer la culture d’une douzaine de variétés de pomme de terre apparues au cours des XVIIIe et XIXe siècles à et autour de Paris.

Le projet artistique d’Åsa Sonjasdotter explore les liens entre évolution du tubercule et histoire politique française, considérant à la fois le rejet de certaines variétés de légumes dû à l’industrialisation de l’agriculture, la revitalisation de ces mêmes variétés par des fermiers ou des laboratoires de recherche, mais aussi les conditions d’inscription sur la liste des variétés nationales de la régulation européenne.

Inspirée par les lieux de culture historique du féculent et l’esprit de résistance face à la standardisation et la production de la nourriture qui émerge à Paris au travers des initiatives des jardins partagés, l’artiste repère cinq zones de culture possibles parmi
lesquelles le Jardin des plantes, celui des Tuileries, la Ferme de Marconville, le jardin partagé le Bois Dormoy et le jardin solidaire et partagé Cambrai.

Pensées sur le modèle de cultures collectives exploitant autant la question de la production que celle du lien social, les plantations et récoltes issues du projet High Diversity seront célébrées autour de repas collectifs et pourront faire l’objet de débats, discussions et workshops avec des artistes, des fermiers, des cuisiniers, des jardiniers, des biologistes, des avocats ou encore des historiens.

Åsa Sonjasdotter

Née en 1966 en Suède, Åsa Sonjasdotter vit et travaille entre Tromso (Norvège) et Berlin (Allemagne).

L’engagement artistique d’Åsa Sonjasdotter se concentre sur les questions politiques liées à la biodiversité. Dans le projet Potato-pers-pective, elle étudie les implications culturelles, politiques et économiques de la domestication de la pomme de terre.

Elle interroge à travers ce féculent l’histoire du colonialisme, des pressions commerciales et des normes de régulation européennes. Åsa Sonjasdotter est également professeur à l’Académie d’art contemporain de Tromsø, Norvège.

Entre 1996 et 2006, elle a été l’un des membres fondateurs de Women Down the Pub, un groupe d’art et d’actions féministes. Elle a notamment exposé son travail au Kunstverein & Springhornhof Stiftung de Neuenkirchen (Allemagne), au Los Angeles County Museum of Art (États-Unis), à la 4e Biennale de Buca- rest (Roumanie) ou à la Biennale de Göteborg (Suède). En 2015, une exposition monographique lui sera consacrée au Museum für Naturkunde de Berlin.





Source et photos : Prix Coal Paris 2014

Lire aussi : Près de Paris, la ZAD Patates se bat contre l’urbanisation de la dernière plaine

Et encore : Il est artiste, il est roumain, il s’engage pour l’écologie.

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