Une étude scientifique montre que les OGM n’équivalent pas les plantes normales

5 mai 2014 / Gilles Luneau (Global Magazine)



Des chercheurs viennent de montrer que le principe « d’équivalence en substance » avancé par les fabricants d’OGM pour imposer leurs produits n’est pas fondé. Cette étude menée sur le soja pourrait remettre en cause les autorisations des plantes transgéniques.


Une équipe de chercheurs (T. Bøhn, M. Cuhra, T. Traavik, M. Sanden, J. Fagan, R. Primicerio) du Centre de Biosécurité de l’université de Tromsø (Norvège) vient de publier dans la très respectable revue Food Chemistry (du groupe néerlando-britannique Elsevier Science) les résultats de leur étude comparative portant sur 31 lots de soja cultivés dans l’Iowa (Etats-Unis). Ces échantillons de soja ont été répartis en trois groupes :

- soja génétiquement modifié (GM) pour tolérer le glyphosate (le principe actif de l’herbicide Round up de Monsanto) ;

- soja non modifié cultivé en « conventionnel » c’est-à-dire avec intrants chimiques ;

- soja non modifié cultivé en agrobiologie.

L’étude rapporte que les graines de soja génétiquement modifié « Roundup Ready » (RR) de Monsanto contiennent des résidus de glyphosate et de l’acide aminométhylphosphonique (principal produit de dégradation chimique du glyphosate) respectivement à des taux moyens de 3,3 et 5,7 mg /kg. C’est la preuve que le glyphosate s’accumule dans le soja Roundup Ready.

L’article décrit aussi la différence de composition nutritive entre soja GM et soja non GM.

Le soja biologique contient plus de sucres (glucose, fructose, saccharose, maltose), significativement plus de protéines, plus de zinc et moins de fibres que les sojas conventionnels ou génétiquement modifiés. Les fèves de soja biologiques contenaient également moins d’acides gras saturés et d’acides gras polyinsaturés (oméga- 6).

Disposant de 35 critères différents pour caractériser chaque échantillon de soja, l’équipe affirme pouvoir « distinguer, sans exception, soja génétiquement modifié, soja conventionnel et biologique », ce qui ruine le concept « d’équivalence en substance » avancé par les fabricants d’OGM pour imposer leurs produits et s’affranchir des expérimentations et du principe de précaution.

Accumulation d’herbicide dans la graine et différence de composition entre deux végétaux de la même espèce selon que l’un est génétiquement modifié et l’autre pas : si, comme il se doit, les gouvernements et les autorités sanitaires s’en emparent, cette étude peut déclencher la remise en cause de toutes les autorisations de mise sur le marché des OGM. Un séisme industriel, scientifique, idéologique, qui pourrait sonner le glas d’une époque.




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Source et photo : Global Magazine

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