Une première vigie citoyenne pour Notre Dame des Landes a eu lieu à Paris

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18 octobre 2012 / Eva Deront (Reporterre)




Des membres de l’ACIPA (Association Citoyenne Intercommunale des populations concernées par le Projet d’Aéroport) venus de Nantes ont tenu une vigie citoyenne en face du ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, mercredi 17 octobre.

Par leur simple présence, sans tractage, ces habitants des alentours de Notre Dame des Landes ont cherché à informer leurs concitoyens du tour précipité qu’ont pris les événements de ce début de semaine : les maisons vidées mardi 16 octobre étaient, un jour plus tard, démolies par les forces de l’ordre afin d’éviter toute réoccupation. Face à une intervention musclée, les occupants ont répondu pacifiquement et ne cachent pas leur intention de réinvestir les lieux d’une façon ou d’une autre. Sur place, les comités organisent le relogement temporaire de ces personnes venues soutenir les « futurs expulsés légaux », qui bénéficient pour le moment d’une trêve judiciaire, le temps que soient examinés les recours déposés contre les procédures d’expropriation. Cette différence de statut, mise en exergue par les autorités pour rassurer la population, est rejetée en bloc par les occupants. Une distinction factice selon eux, médiatisée pour cacher la forte solidarité présente entre les occupants des lieux, « historiques » ou non.

Si la résistance physique joue un rôle clef dans l’opposition au début des travaux, tous ses acteurs soulignent cependant l’importance d’une mobilisation nationale. En plus de son poids politique, elle apporterait un soutien moral permettant aux occupants de tenir. Les vigies citoyennes, déjà organisées dans diverses villes de France majoritairement dans les environs de Nantes mais également à Quimper, Toulouse et Paris, en sont une des possibles variantes. Dans les semaines à venir, les organisateurs initiaux espèrent que des groupes régionaux prendront le relais pour assurer des vigies régulières, de manière quasi hebdomadaire en ce qui concerne la capitale.

Car si ce combat trouve aujourd’hui encore trop peu de résonance dans les médias, Notre Dame des Landes n’est pas une lutte locale qui ne concernerait qu’une poignée de Nantais. Elle est un condensé des absurdités auxquelles chacun a eu un jour affaire : surdité des élus, plans obsolètes (vieux de quarante ans en l’occurrence), non efficience économique, décisions arbitraires, destructions des habitats naturels. Et avant tout, hypocrisie généralisée d’une ère de la transition écologique où l’on bâtit un « aéroport Haute Qualité Environnementale » (label accordé au projet). L’oxymore ferait presque sourire s’il n’était réel.

Pour aider à l’organisation de vigies citoyennes : acipa.info (arobase) free.fr






Source : Eva Deront pour Reporterre

Photo : Twitter

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