Vergers Urbains plante des arbres fruitiers dans le bitume parisien

Durée de lecture : 2 minutes

25 mars 2014 / Quartiers en Transition

« Ça sent bon la terre ! » Nous ne sommes pourtant pas au cœur de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes mais en plein milieu du 18e arrondissement. Ici, le bitume règne en maitre, la nature se fraye difficilement un chemin… Pourtant, des irréductibles jardiniers partent à la reconquête du béton.


A l’angle des rues Pajol et Philippe de Girard, Vergers Urbains s’installe et change le visage du quartier.

Ce collectif, né il y a quelques mois, a eu l’idée farfelue de réintroduire de arbres fruitiers en ville. Des pommes et des poires sur nos trottoirs parisiens, vous n’y pensez pas ! Le quidam va glisser dessus, il va même monter aux arbres pour voler le fruit défendu et par-dessus le marché, les fruits par terre, c’est sale…

Mais voilà, petit à petit, ces doux rêveurs urbains ont réussi à semer leurs graines… Et en s’installant dans le nord parisien, Toit et Joie, le bailleur social qui les héberge, a accepté au passage qu’ils aménagent la petite placette jouxtant leur local.

Bientôt des festins de fraises des bois

En s ‘associant à l’ADCLJC, une association travaillant en direction des jeunes et des familles des quartiers de Paris et proposant des chantiers d’insertion, Vergers Urbains a décidé de créer un petit verger dans cet univers ultra minéral.

Résultat, ce mardi 18 mars, neuf mètres cubes de terre végétale débarquent en fin de matinée et la fine équipe se met au travail.

Bientôt, la placette est dépavée, des bacs et jardinières en bois sont montés et les pelletées de terre s’accumulent sous le regard interrogatif de riverains. Dont certains finissent par tomber la veste et donner un coup de main, à grand renfort de râteaux et d’allers retours de brouettes.

En quelques heures, ce petit coin sans âme prend vie, les commerçants des alentours viennent offrir boissons et bonbons aux valeureux jardiniers et les enfants imaginent déjà le festin qu’ils feront des petites fraises des bois. A 18 h, les travaux sont finis, mais il faudra patienter encore quelque temps pour voir arbres fruitiers et petites baies sortir de terre.

La Chapelle, premier quartier agri-urbain de Paris ?

En attendant, l’agriculture urbaine continue de gagner du terrain dans le 18e avec de multiples expériences et initiatives qui surgissent sous l’impulsion de collectifs ou d’habitants.

Comme un clin d’œil, c’est ici, à quelques pas de Vergers Urbains, du 30 juin au 2 juillet prochain, que se tiendront les Ateliers d’été de l’agriculture urbaine et de la biodiversité, à la Halle Pajol.

L’imagination au pouvoir disait une certaine révolution il y a presque un demi-siècle… Alors faisons un rêve : et si le quartier de la Chapelle devenait dans quelque années, le premier quartier agri urbain de Paris ?


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source et photos : Quartiers en Transition

Lire aussi : Le boom de l’agriculture urbaine

19 septembre 2019
Week-end féministe à Bure : « Le nucléaire est un monstre du patriarcat »
Entretien
27 juillet 2019
Quand une coopérative ouvrière relance la culture locale du tilleul
Alternative
18 septembre 2019
Naomi Klein : « Nous entrons dans l’ère de la barbarie climatique »
Entretien




Du même auteur       Quartiers en Transition