Vive la banqueroute !

Durée de lecture : 2 minutes

18 mai 2013 / par villalard


La dette est à payer. L’austérité, nécessaire. Les réformes, impératives. Cette petite musique, nous la connaissons par coeur.

Il suffit de regarder dans notre propre histoire, pourtant, pour découvrir que des alternatives existent. Que les dirigeants de la France ont, au fil des siècles, recouru à d’autres choix que la rigueur : l’impôt, la dévaluation, l’inflation, et surtout la banqueroute.

En dix brefs récits, nous racontons donc comment nos grands hommes, qui ont bâti l’état, qui ont leur statue sur les places de nos villes, ont régulièrement choisi, tout simplement, de ne pas payer rentiers et banquiers. Comment ces rois, ces ministres, furent plus radicaux dans leurs actes que ne le sont aujourd’hui ATTAC ou Jean-Luc Mélenchon dans leurs discours.

C’est Philippe Le Bel, qui fait confisquer la vaisselle des bourgeois, qui dévalue la monnaie, avant de liquider « les banquiers de l’Occident » : les Templiers. C’est François II qui met en place une loterie : seul un créancier sur trois sera remboursé, au hasard ! C’est Sully qui mène « un audit public de la dette », qui écarte les « dettes illégitimes », qui rejette les plaintes des prêteurs. C’est Colbert, qui dresse le procès des oligarques, des clans entiers d’affairistes qui sont démantelés, poursuivis, leurs biens adjugés. C’est l’abbé Terray, ministre des Finances de Louis XV, qui théorise cette saine pratique : « La banqueroute est nécessaire une fois tous les siècles, afin de mettre l’état au pair. »

« Entre 1500 et 1800, la France a répudié ses dettes en huit occasions, notent Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, ancien chef économiste du FMI.
Comme les rois de France avaient pris l’habitude de mettre à mort les grands créanciers nationaux (une forme ancienne et radicale de “restructuration de la dette”), le peuple avait fini par appeler ces épisodes des “saignées”. »
Et notre pays est toujours debout !

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- [Vive la banqueroute ! Comment la France a réglé ses dettes de Philippe Le Bel à Raymond Poincaré, sous la direction de Thomas Morel et François Ruffin, Fakir Editions, environ 100 pages, 6 €.




Source : Fakir Editions

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