Warkawater, la tour qui transforme l’air en eau

Durée de lecture : 2 minutes

11 septembre 2014 / Côme Bastin (We Demain)

Pour faciliter l’accès à l’eau potable dans les régions arides, le designer italien Arturo Vittori a conçu des tours qui captent l’humidité présente dans l’atmosphère pour fournir jusqu’à cent litres d’eau par jour.


Parmi les métiers du futur, dont la liste est à découvrir dans We Demain n°7, on trouve le « collecteur d’eau atmosphérique ».

Arturo Vittori pourrait bien être le premier d’entre eux. Pour faciliter l’accès à l’eau dans les régions sèches d’Éthiopie, ce designer italien a développé des tours hautes de neuf mètres, chargées de capter l’eau présente dans l’air pour la transformer en eau potable.

Warkawater (Warka est le nom d’un figuier africain symbole de fertilité) est constituée d’un filet à mailles fines de nylon ou polypropylène qui condense la vapeur d’eau présente dans l’atmosphère. En bas de la tour, un réservoir permet de collecter jusqu’à cent litres d’eau potable par jour, selon son créateur. L’ensemble est adossé à une structure tressée à partir de matériaux naturels locaux et ne pèse que soixante kilogrammes.

De l’eau potable et gratuite

En Éthiopie, les villageois sont souvent obligés de marcher plusieurs heures avant d’atteindre une source d’eau à la qualité douteuse. « Warkawater a été conçue pour fournir de l’eau potable, protéger l’environnement mais aussi fournir un débouché financier aux habitants des villages », explique Arturo Vittori. Car si une tour coûte environ 550 dollars, elle fournit de l’eau gratuitement par la suite.

« Une fois qu’ils ont appris à construire une tour, les locaux pourront transmettre leurs connaissances aux villages alentours », poursuit-il. Cinq prototypes ont déjà été fabriqués et exposés, notamment à la biennale de Venise. Arturo Vittori espère construire les deux premières tours en Éthiopie courant 2015 et cherche des soutiens financiers pour essaimer cette innovation en Afrique.

Même dans les régions les plus arides, le taux d’humidité atmosphérique peut atteindre 20 %. Pour le prospectiviste américain Thomas Frey, la collecte de l’eau présente dans l’air pourrait s’imposer comme une solution face à l’amenuisement des ressources en eau potable des fleuves et nappes phréatiques.


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Source et photo : Article transmis amicalement à Reporterre par We Demain.

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