A Montreuil, la boulangerie anarchiste fait du bon pain

15 mai 2013 / Martine et Lucas


Ce n’est surement pas un hasard si la jeune équipe militante de cette boulangerie a choisi comme nom le titre éponyme du livre de Kropotkine, anarchiste communiste russe (1842-1921).

Cette Scop créée en avril 2010 (ouverture en septembre 2010) est composée de cinq salariés, Pierre, Thomas, Mathieu, Florence et Benoît, chacun étant responsable d’un secteur d’activité. Ici, l’autogestion n’est pas qu’une utopie mais est vécue quotidiennement.

Au cours de l’Assemblée générale qui a lieu tous les quinze jours, chacun fait un compte-rendu du mandat reçu pour les quinze jours précédents et les décisions sont prises pour la quinzaine suivante. Tout le monde touche le même salaire. Chacun travaille ici de 50 à 55 heures par semaine.

Le pain est issu de farine biologique provenant de Seine-et-Marne

Si la volonté est clairement affichée de fabriquer des produits de qualité, « la démarche est d’abord sociale, d’où le refus du ’tout bio’ pour les viennoiseries et pâtisseries car l’utilisation de beurre bio entraînerait une augmentation considérablement des prix, ce que nous ne souhaitons pas », nous dit Pierre, boulanger de formation.

Un tarif social existe d’ailleurs pour le pain, sur demande et sans justificatif de revenu, qui fait passer la baguette de 1 euro à 0,75 euro et le pain d’1 kg de 5,50 à 4,20 euros.
La démarche est également politique et une caisse de solidarité existe pour offrir du pain en soutien aux luttes (expulsés, squats, grévistes, etc.).

Cependant, pas de primitivisme, le pain est pétri en machine, et pas à la main, et le four électrique à basse consommation énergétique exclut le four à bois !

D’ailleurs, la consommation de farine par semaine s’élève à 1,7 tonne pour une production de 2,5 tonnes de pain.

Plusieurs gammes de pain sont proposées, toutes aussi appétissantes les unes que les autres : pain au levain et miel, pain aux graines de lin, baguette « préhistorique », clin d’œil ironique à la mode du retour à l’ancien et du « vintage ». Des sandwichs également aux noms évocateurs, Engels, Marx ou Bakounine ! Ou encore, les formules « Sortie de l’euro », payables en drachmes et en pesetas !

Pour rester dans les sous, notons que le budget de départ de l’équipe (achat du fonds de commerce, etc.) fut de 80.000 euros, monté à 240.000 avec les travaux (aide familiale, aide des réseaux et emprunt).

Cette petite entreprise autogérée s’inscrit-elle dans une démarche anti-productiviste ?

On le voit, la durée du travail excède largement la durée légale, mais ce travail a un sens, et l’absence de patron y contribue. La production est importante, mais c’est une production de qualité utilisant des farines biologiques et locales dans une démarche sociale et solidaire ouverte à tous.

Un seul souhait, que s’ouvrent un peu partout des boulangeries comme celle-ci !

Adresse : 47 rue de la Beaune , 93100, Montreuil.

Leur site




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Source : Article : La Conquête du pain

Photo : La Conquête du pain

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