Activistes du climat, soyez cohérents, ne prenez pas l’avion

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7 novembre 2013 / Michel Bernard (Silence)



La conférence des Nations unies sur le climat commence le 11 novembre à Varsovie. Pour être cohérents, les activistes du climat devraient y aller en train ou par tout autre moyen autre que l’avion, qui est fortement émetteur de gaz à effet de serre.


Le Réseau action climat regroupe l’essentiel des associations qui luttent contre le changement climatique (Greenpeace, WWF, Oxfam, Amis de la Terre…). C’est une précieuse source d’informations sur le sujet dont nous nous servons régulièrement. En juin 2013, le RAC a lancé une pertinente campagne « L’avion c’est du vol » demandant que l’avion soit taxé pour la pollution qu’il émet.

Toutefois, un « incident » récent nous interroge : certains d’entre nous avaient reçu un courriel les invitant à venir participer à « un sommet climatique » à Istanbul du 24 au 30 juin 2013. Ceci intervient après différents autres « sommets » comme le Forum social mondial (à Belem en 2009, Dakar en 2011, Tunis en 2013…) ou des mobilisations lors des sommets officiels annuels de l’ONU sur le climat (COP, chaque année en décembre : à Copenhague en 2009, Cancun en 2010, Durban en 2011, Doha en 2012, Varsovie en 2013).

Evidemment, chacune des organisations du RAC mobilise dans ses rangs, envoie des représentants pour faire du lobbying, être visible, participer à des ateliers et améliorer son carnet d’adresses.

Et comment se font tous ces voyages ? Au nom de l’efficacité, évidemment les salariés des associations prennent l’avion. Or l’avion est le plus sûr moyen de détruire la planète (le plus fort taux d’émission de gaz à effet de serre par passager transporté). Qu’en est-il de notre cohérence ? « La fin est dans les moyens comme l’arbre est dans la graine », nous dit Gandhi.

Il serait peut-être temps d’apprendre à modérer nos déplacements militants, à prendre le temps d’utiliser des modes de déplacements alternatifs (on peut aller sans problème à Tunis en bateau en seulement 24 h), à apprendre à déléguer notre représentation à des personnes vivant sur place (et donc à décentraliser).

Lors du premier forum social mondial de Porto Alegre (Brésil), en 2001, Silence avait co-financé l’envoi d’un journaliste sur place. Celui-ci avait pris l’avion comme plusieurs centaines d’autres Français ! Nous n’avons pas renouvelé l’opération : nous avons fait le constat que nous pouvions interroger les personnes rencontrées sans nous déplacer : en leur écrivant, en leur téléphonant et maintenant en échangeant par internet.

Il serait intéressant que les animateurs du RAC mettent en place un outil de contrôle de leurs propres émissions de gaz à effet de serre et montrent l’exemple en les diminuant ensuite de manière régulière. Disons dans un premier temps d’un facteur quatre.





Source : Article provenant du mensuel Silence en partenariat avec Reporterre. Voir le numéro en cours de Silence°.

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