Centrales nucléaires pour cinquante ans : le gouvernement ne décidera rien à court terme

Durée de lecture : 3 minutes

16 octobre 2013 / Hervé Kempf (Reporterre)



Le gouvernement ne décidera pas à court terme l’allongement de la durée de fonctionnement des centrales : c’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Ecologie en réponse à une question du député écologiste Denis Baupin.


Lors de la séance de l’Assemblée nationale consacrée le 15 octobre aux questions au gouvernement, Denis Baupin a interrogé le ministre de l’Ecologie : qu’en est-il de la "rumeur" selon laquelle le Conseil de politique nucléaire présidé par François Hollande discuterait en novembre de l’allongement à cinquante ans de la durée de fonctionnement des centrales nucléaires ? "Pouvez-vous donc nous confirmer que cette rumeur de prolongation est sans fondement, et que c’est bien la représentation nationale qui décidera de la politique énergétique de la France ?", a demandé le député de Paris. Voici la réponse du ministre, qui n’est pas de la plus grande clarté. Mais il en ressort qu’il est urgent d’attendre. Que l’Autorité de sûreté nucléaire est l’instance de décision. Et que le nucléaire est censé financer les énergies renouvelables.

Extrait du compte-rendu de séance de l’Assemblée nationale le 15 octobre (visible en vidéo) :

"M. Philippe Martin, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie - Monsieur le député, votre question me permet de préciser les choses et de les inscrire dans le contexte de la transition énergétique.

Le Président de la République et le Premier ministre ont fixé une méthode et des objectifs : la méthode, c’est que l’État soit, plus qu’aujourd’hui, le garant de la stratégie énergétique de la France, et donc de la diversification de notre mix énergétique.

Les objectifs sont clairs : ramener la part du nucléaire de 75 % à 50 % à l’horizon de 2025 ; réduire notre consommation finale d’énergie de 50 % à l’horizon de 2050 ; réduire de 30 % notre consommation d’énergie fossile ; parvenir à 23 % d’énergie d’origine renouvelable en 2020.

Monsieur le député, les décisions à venir – et dont j’ai seul la charge – seront donc compatibles avec cette méthode et avec ces objectifs. S’agissant du nucléaire, elles seront prises sous réserve des avis de l’autorité de sûreté nucléaire, qui ne s’est pas encore prononcée sur l’aspect « sûreté » d’une éventuelle prolongation, pas plus que le Gouvernement d’ailleurs.

La transition énergétique repose aussi sur le développement des énergies renouvelables, et je vous confirme qu’une partie des ressources dégagées par le nucléaire financera ce développement.

Cette stratégie, qui sera partie prenante de la loi de transition énergétique – c’est donc dans la loi que vous le verrez –, permettra de concilier des impératifs de sécurité, de protection de l’environnement et de lutte contre le changement climatique.

Monsieur le député, dans ce contexte, et avec cette ambition, vous comprendrez que, quel que soit le respect que j’ai pour eux, ce ne sont pas les commissaires aux comptes d’EDF qui déterminent et détermineront la politique énergétique de la France."





Source : Hervé Kempf pour Reporterre.

Photo : Assemblée nationale

Lire aussi : Allonger à cinquante ans la vie des centrales nucléaires, c’est accepter le risque d’un accident grave en France


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