Détroit : l’agriculture urbaine, antidote à la désindustrialisation ?

Durée de lecture : 2 minutes

17 mai 2013 / Alter Echos


Après Montréal (Québec), Rosario (Argentine), Rio de Janeiro (Brésil), Milwaukee et Denver (Etats-Unis), Alter-Echos poursuit son tour d’horizon des expériences d’agriculture urbaine avec Détroit, symbole international de l’industrie automobile américaine. Mais aussi « symbole de la post-industrialisation » d’après Grace Lee Boggs, depuis que ses habitants essaient de réinventer leur ville à partir de l’agriculture urbaine et de l’autosuffisance alimentaire.

Détroit, la ville des « Big Three » – Ford, General Motors, Chrystler – fut le berceau de l’industrie automobile américaine. Un des carrefours névralgiques de la ‘Manufacturing Belt‘ (ceinture des usines), coeur industriel des Etats-Unis. Devenue la ‘Rust Belt’ (ceinture de rouille), cette région est souvent citée en exemple comme le symbole de la désindustrialisation et de la crise économique.

Détroit en est l’exemple le plus abouti. Depuis 1950, la ville a perdu la moitié de sa population, passant de 1,8 million d’habitants en 1950 à quelque 700 000 aujourd’hui. Si le taux de chômage officiel est de 15,8 %, il augmente à mesure que l’on s’approche du centre-ville et dépasse 50 % dans certains quartiers. Avec ses 80 000 logements abandonnés (près d’un sur cinq), ses terrains vacants et ses façades de bâtiments ornées de pancartes « à vendre » ou « à louer », Détroit donne d’abord l’impression d’une ville fantôme. Symbole de cette déroute, Détroit vient d’être mise sous tutelle par l’Etat du Michigan.

Derrière cet apparent désastre industriel, économique et social, celles et ceux restés sur place ont le projet fou de rebâtir une nouvelle cité sur les ruines de l’ancienne. La portion de la ville inoccupée est évaluée à 233 km2 sur une surface totale de 350 km2. Plus un seul quartier dans Détroit n’abrite pas un jardin familial ou communautaires.

Déjà à la fin du 19e siècle, Détroit connut des expériences d’agriculture urbaine. Au cœur des années 1970, le maire Coleman Young lance le programme Farm-A-Lot qui autorise les résidents à obtenir un permis pour cultiver dans leur quartier. Aujourd’hui plus de 16 000 résidents seraient investis dans 1 300 jardins.

Les motivations sont diverses : certains cultivent pour survivre, d’autres pour nourrir les plus démunis, avoir accès à de la « nourriture saine" , recréer du lien social dans le quartier ou développer une activité économique locale… Tous à leur manière façonnent une société post-industrielle.

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Source et photo : Alter Echos

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