Face aux déchets, New York rêve de composteurs géants

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20 mars 2014 / Jérémy Berdou (Urbanews)




Comment gérer localement 14 millions de tonnes de déchets par an au sein d’une des plus grandes villes du monde, New York ? Voilà la question complexe à laquelle se sont attaqués les deux membres du cabinet Present Architecture. Leur réponse ? Un réseau de plateformes de compostage flottantes disséminées dans New York.

Il faut avouer que les contraintes locales qui pèsent sur le traitement et la valorisation des déchets sont proprement gargantuesques et appellent des solutions qui ne peuvent qu’être ingénieuses. En effet, selon les initiateurs du projet, la ville de New York dépense 300 millions de dollars chaque année pour transporter les déchets produits par ses habitants. Un coût qui justifie la recherche de solutions alternatives locales à l’envoi de déchets vers des décharges à l’extérieur de la ville, d’autant plus que les déchets organiques potentiellement valorisables représentent 30% des déchets ménagers produits !

L’idée de Present Architecture est donc de valoriser les déchets New Yorkais au plus près de la ville, sur des installations pouvant accueillir des jardins et des promenades. Pour contourner le problème de disponibilité foncière, Andre Guimond et Evan Erlebacher ont eu l’idée de disposer ces installations de compostage sur l’eau.

Le résultat est visuellement impressionnant et on se plait à rêver aux possibilités offertes par un tel concept.

Ce projet ne devrait cependant rester qu’au stade de la rêverie ; le concept est plaisant, mais sa faisabilité reste à démontrer, notamment du point de vue de sa cohabitation avec une population humaine importante. Si le Huffington Post rapporte que les deux architectes considèrent que les odeurs « peuvent être contrôlées grâce à l’installation industrielle », l’aspect financier de la mise en confinement de telles installations reste à estimer. Cela rendrait par ailleurs assez improbable la visite en chemisette de ces installations, mise en scène dans le visuel ci-dessus.

En outre, un tel projet ne peut se mettre en place sans revoir complètement la gestion des déchets de la ville : malgré une collecte sélective des déchets organiques, un tri resterait néanmoins nécessaire avant leur compostage ; faudrait-il alors amortir les centres de tri existants (et donc engendrer d’importants déplacements, pas forcément bénéfiques) ? Faut-il équiper chaque « green loop » d’une installation de tri, quitte à limiter leur efficacité énergétique ?

La gestion des déchets trouve ici une illustration de sa profonde complexité, à cheval entre stratégies de développement territorial, exigences industrielles, environnementales et acceptation sociale. Ce n’est pas le moindre mérite de ce projet que de mettre en lumière ces problématiques souvent… dévalorisés.





Source avec plus d’images et de liens : Urbanews

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