File la laine, file les jours sur la Zad

Durée de lecture : 2 minutes

8 avril 2014 / Presqu’île Gazette

Sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes, on rédécouvre cardage et filage de la laine à la ferme de Bellevue.


Deux jeunes femmes avaient apporté le matériel et nous expliquaient comment nous en servir.

La première étape consiste à carder la laine - préparée et lavée quelques jours avant - soit avec la cardeuse, belle machine en bois munie de plaques dont les pointes servent à débourrer la laine par un mouvement de va et vient :

...ou encore à la main à l’aide de deux brosses aux pointes métalliques que l’on frotte énergiquement l’une contre l’autre :

La deuxième étape : le filage

Là encore deux méthodes peuvent être utilisées.
Le filage au rouet, magnifique instrument, souvent exposé lors des fêtes traditionnelle.

Grâce au mouvement circulaire les fibres de la laine s’enroulent petit à petit pour former le fuseau.

On peut utiliser aussi de petits fuseaux à main, sortes de toupies que l’on doit faire tournoyer tout en étirant la laine :

Le résultat est identique et on obtient au final un bel écheveau de laine.

Tout cela m’a donné envie de retourner voir les agneaux nouveaux-nés aux Rosiers. Un mois après, les deux agneaux noirs et blancs se portent très bien et gambadent à côté de leur mère :

« Quatre brebis ont mis bas en un mois, me confie Ludo, sur les sept agneaux, deux n’ont pas survécu, le troupeau comporte maintenant quatorze moutons. Nous mettons en place en ce moment des barrières autour de trois autres parcelles. »

Une équipe d’un comité du Morbihan était sur place ce jour-là pour aider à l’installation des barrières autour des nouvelles parcelles.

« On a commencé par débroussailler autour pour alléger les haies en enlevant ce qui les étouffait. Le bois ainsi récupéré sert en partie à fabriquer les piquets qui sont coupés et taillés en pointe avant d’être plantés. Tout est aussitôt réutilisé et ce qui reste servira à alimenter les poêles. »

Des semis sont aussi en préparation, tout comme sur d’autres lieux de vie de la Zad, la terre du futur potager des Rosiers vient d’être retournée, attendant les plants... les occupations ne manquent pas et cela fait plaisir de voir qu’aux Rosiers, dont les bâtiments avaient été détruits en novembre 2012, la vie renaît aussi !


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une petite faveur à vous demander. Dans une période où les questions environnementales sont sous-représentées dans les médias malgré leur importance, Reporterre contribue à faire émerger ces sujets auprès du grand public. Le journal, sans propriétaire ni actionnaire, est géré par une association à but non lucratif. Nous sommes ainsi totalement indépendants. Personne ne dicte notre opinion. Cela nous permet de couvrir des évènements et thèmes délaissés par les autres médias, de donner une voix à ceux qui ne sont pas audibles, et de questionner les puissants en les mettant face à leurs responsabilités.

Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés. Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et nous laissons tous nos articles en libre accès. Vous comprenez sans doute pourquoi nous avons besoin de demander votre aide. Reporterre emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produit quotidiennement des informations, enquêtes et reportages. Nous le faisons car nous pensons que notre vision, celle de la préservation de l’environnement comme sujet majeur de société, compte — cette vision est peut-être aussi la vôtre.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source et photos : Presqu’île Gazette

Lire aussi : Ardelaine prospère dans l’égalité coopérative

27 juillet 2019
Quand une coopérative ouvrière relance la culture locale du tilleul
Alternative
27 juillet 2019
Les rendez-vous festifs, écolos et militants du mois d’août
Info
25 juillet 2019
Aux Rencontres de la photographie d’Arles, les murs séparent, la nature relie
À découvrir