Golf dans le Sud : le déni climatique d’un représentant de la préfecture
Des milliers de personnes avaient manifesté contre ce projet de golf en 2024. - © David Richard / Reporterre
Des milliers de personnes avaient manifesté contre ce projet de golf en 2024. - © David Richard / Reporterre
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Un représentant de l’État pris en flagrant déni climatique. Mardi 10 mars, au tribunal administratif de Montpellier, se tenait l’audience concernant le projet contesté de golf à Villeneuve-de-la-Raho, dans les Pyrénées-Orientales. Alors que ce département sort de plusieurs années d’aridité extrême, le représentant de la préfecture, Bruno Leteurtre, a affirmé que « la sécheresse reste un élément conjoncturel, et non structurel », selon les propos rapportés par le journal L’Indépendant.
Il en veut pour preuve le cumul de pluie « cinq fois supérieures à la normale » tombé en janvier sur le territoire catalan. Un argument « extravagant », pour l’association environnementale Frene 66 : « Le représentant de l’État ne peut ignorer la situation structurelle de cette sécheresse qui s’installe dans le département », écrit l’association dans un communiqué. À l’avant-poste du changement climatique, l’ensemble de la zone méditerranéenne est menacé d’aridification, selon les scientifiques.
Les associations environnementales contestaient devant les juges la prorogation de la déclaration d’utilité publique de ce futur golf. « On parle d’un lotissement fermé dans un golf privé : l’utilité publique n’y est pas », a ainsi déclaré l’avocat Emeric Vigo, qui défendait des propriétaires expropriés — toujours selon L’Indépendant. Le projet prévoit de s’approprier 160 hectares, pour y installer 529 logements et un golf.
De son côté, la commune a mis en avant un arrosage du golf par des eaux usées retraitées — une solution présentée par certains experts comme une maladaptation — et la construction de logements sociaux. La décision devrait être rendue d’ici une quinzaine de jours.