L’allongement de la durée de fonctionnement des centrales discutée à l’Elysée ce mercredi ?

Durée de lecture : 2 minutes

4 décembre 2013 / Camille Martin (Reporterre)

Le conseil de politique nucléaire se tient ce mercredi à l’Elysée. La durée de fonctionnement des centrales nucléaires au menu ? Le lobby nucléaire pèse lourdement.


Il y a deux mois, l’actualité avait bruissé de la perspective d’un allongement de la durée de fonctionnement des centrales nucléaires à cinquante voire à soixante ans.

La question devait être évoquée, voire tranchée, lors d’un conseil de politique nucléaire initialement prévu le 15 novembre.

L’argument en faveur de cet allongement était qu’il permettrait un ralentissement de la hausse prévue des tarifs d’électricité. Pour le lobby nucléariste, il s’agit surtout d’enraciner le nucléaire dans le pays, en rendant encore improbable toute décision de sortie.

Le conseil de politique nucléaire a en fait été repoussé, et doit avoir lieu ce matin 4 décembre :

La question sera-t-elle abordée ? On ne sait. Selon lepoint.fr, "il portera ’exclusivement sur les exportations’ de la filière nucléaire française, indique-t-on de source proche du dossier, et ’pas du tout sur la question de la fermeture des centrales nucléaires’".

Mercredi matin, pourtant, le lobby nucléariste a remis la pression, par la voix d’Anne Lauvergeon, invitée de France Inter : elle a laissé entendre que le gouvernement avait renoncé à l’objectif de réduire de 75 % à 50% la part du nucléaire dans la production électrique française d’ici à 2025. « Je crois que la date a été plus ou moins renvoyée à plus tard », a indiqué Anne Lauvergeon au lendemain du lancement, aux côtés de François Hollande, du Concours mondial d’innovation. « On n’est plus sur une date, on est sur un but », a-t-elle même appuyé.

Elle a été démentie dans la journée : « Cela n’engage qu’elle. Les engagements du président de la République lors de la conférence environnementale seront évidemment respectés », a assuré aux Echos, l’entourage du chef de l’Etat.


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Source : Camille Martin pour Reporterre.

Photo : EDF.

Lire aussi : Allonger à cinquante ans la vie des centrales nucléaires, c’est accepter le risque d’un accident grave en France.


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