La 6G pourrait ne pas être plus verte que la 5G
La 6G fera émerger de nouvelles pratiques plus énergivores que la 5G. - © Beata Zawrzel / NurPhoto / NurPhoto via AFP
La 6G fera émerger de nouvelles pratiques plus énergivores que la 5G. - © Beata Zawrzel / NurPhoto / NurPhoto via AFP
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À peine la 5G déployée, voilà déjà que sa petite sœur s’immisce dans les débats. Et comme il y a quatre ans, lors de l’avènement de la cinquième génération de réseau mobile, la 6G présente sur le papier un gain d’efficacité énergétique. Autrement dit, la promesse d’une réduction des émissions de carbone du secteur numérique, aujourd’hui responsable d’au moins 2,5 % de l’empreinte de la France.
Toutefois, dans un rapport publié le 28 mars, le Shift Project attire l’attention sur l’effet pervers de ces nouvelles générations : leurs qualités de décarbonation peuvent vite être compensées, puis dépassées, par l’émergence de nouvelles pratiques plus énergivores et des volumes de données exponentiels.
En d’autres termes, la 6G n’aura pas d’effet désirable sur l’environnement si elle démocratise à tout-va de nouveaux usages comme l’intelligence artificielle. Pire, son déploiement indifférencié pourrait « engendrer un surcoût carbone de 20 % de l’impact total du réseau mobile par rapport au scénario de référence et une augmentation de sa consommation électrique de plus de 4 TWh [térawatts-heures] », détaille le groupe de réflexion présidé par l’ingénieur Jean-Marc Jancovici.
Pour profiter « des effets bénéfiques des efforts d’écoconception », une stratégie d’endiguement de la croissance du trafic des données est donc indispensable. Choisir les lieux de déploiement des antennes sera une première étape primordiale aux yeux des auteurs ; l’arrivée de la 5G sur les autoroutes ayant par exemple poussé les utilisateurs vers une consommation dont ils se passaient largement jusqu’ici.