La presse dominée accuse un média alternatif d’avoir crevé des Vélib

Durée de lecture : 1 minute

19 avril 2014 / Camille Martin (Reporterre)

Des pneus de centaines de Vélib ont été crevés par des activistes qui entendaient dénoncer un accord entre JC Decaux et la Ville de Paris. Les médias qui ont relaté l’affaire ont faussement accusé Indymedia Nantes, qui avait relayé le communiqué, d’avoir commis l’acte.


La station de radio RTL a annoncé le 17 avril que les pneus de 456 Vélibs avaient été crevés (en fait, 456 pneus de 367 Vélib, selon la société JC Decaux). RTL affirmait que le site Indymedia avait « revendiqué » l’opération. Une accusation reprise sans nuance par toute la presse (par exemple nouvelobs.com)

Le nouvelobs.com (groupe Le Monde alias Bergé-Niel-Pigasse) écrit carrément que « les militants d’extrême-gauche d’Indymedia ont crevé 456 pneus » :

En fait, comme le rappelle paris-luttes.info, Indymedia Nantes n’a pas mené l’action, mais a retransmis le communiqué des activistes anonymes dans lequel ils s’expliquaient : ils ont dégradé les Vélibs parce qu’ils estiment que l’accord passé par la société JC Decaux (qui exploite les vélos) avec la Ville de Paris pour employer des détenus mineurs gratuitement s’apparente à de l’esclavage.

Reporterre ne soutient pas l’action menée par ces activistes, ni, d’ailleurs, ne la condamne, n’ayant pas les moyens présentement d’enquêter sur ce problème.

En revanche, nous rappelons que les médias qui relayent les messages ne peuvent être tenus responsables des propos qui y sont exprimés, sauf à ce que ceux-ci soient pénalement condamnables. On ose rêver que les journalistes salariés des médias dominés se rappellent cette règle simple, qui est un moyen crucial de la liberté d’opinion.


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : Camille Martin pour Reporterre.

Photo : letelegramme.fr.

Lire aussi : Les chaines de télévision ont voté Front national.


Pour une information libre sur l’écologie, soutenez Reporterre :

15 novembre 2019
Porté par son succès, le vin naturel affirme sa dissidence
14 novembre 2019
Le mystère de la mort d’abeilles près d’un champ expérimental de Bayer-Monsanto
16 novembre 2019
Les Gilets jaunes ont forcé la mue sociale du mouvement écologiste




Du même auteur       Camille Martin (Reporterre)