Le Journal de la COP : l’accord de Paris a été accepté à 19h32

12 décembre 2015 / Camille Martin (Reporterre)



Adoption ! En répondant à la dernière minute à une demande des Etats-Unis et en négligeant l’objection du Nicaragua.

Samedi 12 décembre

LA NEGOCIATION ET LA SOCIETE CIVILE

- 19h52 - Si Fabius n’avait pas imposé l’accord par son coup de marteau, aurait-il été validé ? Car les pays prennent la parole les uns après les autres pour donner leur avis. Et un vilain petit canard, le représentant du Nicaragua, met les pieds dans le plat : "Nous ne sommes pas surpris que la présidence n’ait pas donné la parole au Nicaragua, ni avant l’approbation du document. Cette procédure est anti-démocratique. (...) Nous voulions faire des suggestions sur des points très importants. Et nous voulons expliquer maintenant pourquoi nous ne pouvons pas accompagner ce consensus." Il explique ensuite que "le niveau d’ambition [de l’accord] nous mène à 3°C. En outre, beaucoup des engagements sont fondés sur des financements. Or, les financements ne sont pas là."

Et de poursuivre par une explication technique mais pertinente : "Nous voulons un article 12 bis disant : ’Si le résultat des INDCs [contributions volontaires des Etats] amène à plus de 1,5°C sur la base des informations scientifiques disponibles, il faut calculer le bilan carbone général conforme aux responsabilités historiques et permettant la lutte contre la pauvreté. Ainsi, il y aurait un plan B car nous ne pouvons pas risquer ces 3°C. Le faire dans dix ans, ce n’est pas suffisant. Une fois que le génie est sorti de la bouteille, on ne peut plus retourner en arrière." Le délégué insiste sur la création d’un Fonds d’indemnisation basé sur les responsabilités historiques et regrette qu’il n’y ait pas de possibilité juridique de poursuivre les Etats responsables du réchauffement.

Malaise. On glisse. Selon l’agende de presse ABC, Barack Obama et Raul Castro auraient appelé le président du Nicaragua pour l’enjoindre de ne pas bloquer le texte.

Quant à l’article 4.4, et à la demande expresse des Etats-Unis qu’il ne contienne pas le mot "shall" - fera - mais "should" - ferait, il est modifié selon le désir de Washington.

« Les Etats développés DEVRAIENT prendre la tête... » et non plus « PRENDRONT la tête... »

- Le texte final, ainsi corrigé, ici ou à télécharger :

Les gros sont contents, les petits négligés, tout va bien. On peut célébrer "l’accord historique".

- Revoir ici la vidéo de la plénière

- 19h32 - Et dans la foulée, il regarde la salle, dit qu’il n’y a pas d’objection, et tape du marteau : "L’accord de Paris est accepté". Applaudissements prolongés.

- 19h30 - Laurent Fabius va proposer de clore la réunion du Comité de Paris pour passer à l’Assemblée plénière de la COP (Conférence des parties) à sa XXIe session.

- 19h18 - La plénière a enfin repris. Une intervention commence sur les problèmes de traduction. "Des erreurs ont été commises par des collègues qui n’ont pas dormi depuis des jours", explique le Secrétaire général adjoint de la CNUCCC. Les corrections vont être faits.

- 19h07 - Retard plénière : "Il y aurait un réel problème sur le texte, selon une source ministérielle française" (selon Simon Roger).

- 19h06 - Près de République, les quelques dizaines de manifestants interpellés par la police semblent avoir été libérés après un contrôle d’identité.

- 18h53 - Raison possible du retard de la plénière : le retrait de la mention des Etats Africains dans l’article 4.6. Ce qui susciterait une discussion de dernière minute.

- 18h26 - Dans le quartier de la République, les quais le long du canal Saint Martin sont complètement bloqués par des dizaines de camions de police alignés sur le quai de Jemmapes au croisement de la rue de Lancry. Une manifestation contre la COP 21 avait lieu. Une centaine de manifestants sont encerclés par des CRS.

- 18h22 - Le retard se prolonge, M. Fabius serait en discussion avec le G77 (source).

- 18h10 - La traduction du texte en français est disponible

. En téléchargement ici :

- 18h00 - L’accord n’est pas encore signé, mais en salle de presse, les journalistes péruviens trinquent déjà !

- 17h55 - La délégation d’Afrique du sud, porte-parole du G77+Chine, très entourée.

- 17h52 - Al Gore est là. A sa gauche, une ministre de l’Ecologie, toujours placée sur la photo...

- 17h47 - Fabius entre sous les applaudissements. Séance à suivre en video ici

- 17h42 - La salle de la plénière se remplit. Tiens, John Kerry, le Secrétaire d’Etat américain, est là.

- 17h35 - Chine, Inde, Arabie Saoudite satisfaites du projet d’accord, indique le porte-parole du groupe de pays qui les regroupe, Gurdial Singh Nijar.

- 17h30 - Les délégués commencent à rentrer dans la salle Seine où va se tenir la plénière. Les gardes en uniforme bleu sont des Nations unies, puisque, durant la COP, tout le site est sous l’autorité de l’ONU. Aucun policier français ! Ca repose...

- 17h20 - Pour la journaliste Jade Lindgaard, "C’est quand tu traduis en français des bouts de l’accord que tu prends la mesure du charabia technocratique dont il est plein...". Un débat s’ouvre. Pour Reporterre, il s’agit plutôt de bouillie de chat. Mais il n’est pas impossible que nous trouvions un accord pour dire que ce texte est indigeste. On va réunir un comité de haut niveau et chercher des facilitateurs.

- 16h53 - Retard de la plénière : problème de traduction ? Peut-être. Mais aussi des discussions qui continuent. Les Etats-Unis n’apprécient pas la fomulation de l’article 4.4 : "Developed country Parties shall continue taking the lead by undertaking economy-wide absolute emission reduction targets. Developing country Parties should continue enhancing their mitigation efforts (...)". Pourquoi ? Parce qu’il signifie que les pays développés "continueront à prendre la tête" dans les objectifs de réduction, alors que les pays en développement "devraient continuer leurs efforts" : cette différence entre les obligations des uns et des autres serait refusée par les Etats-Unis. De son côté, mais ici Reporterre ne peut assurer que c’est un élément actuellement bloquant, la Chine n’apprécie pas la fixation de la date de 2023 pour rendre compte de ses efforts (article 14).

- 16h05 - Les organisateurs du rassemblement au Champ de Mars annoncent 15 000 participants, et même 20 000 : de nombreuses personnes arrivent autour, mais sont ralenties par le cordon policier qui fouille les sacs.

- 16h01 - Le Comité de Paris prévu à 15h45 est repoussé à 17h30.

- 15h35 - Sur le podium du Champ de Mars, Geneviève Azam, d’Attac : "Ce n’est pas un accord historique (...), c’est un accord miteux. (...) Cet accord ne formule rien pour l’humanité. C’est nous maintenant qui devons, jour après jour, rester debout pour lutter contre le changement climatique, contre ce que nous appelons un véritable écocide. Nous allons poursuivre nos alternatives, nous allons poursuivre nos résistantes, et nous nous opposerons à ceux qui ont sacrifié l’avenir de l’humanité et des autres espèces sur la planète. Nous allons continuer le combat".

- 15h28 - Beaucoup de monde au Champ de Mars, sous la Tour Eiffel. Les chaînes humaines ont rejoint le podium, qui se trouve près de l’Ecole militaire, et où HK chante : "On ne lâche rien"

. Ecouter trois secondes, son à l’arrache par téléphone :

- 15h00 - Quelques points qui émergent de la lecture rapide du texte :
. les contributions volontaires déposées jusqu’ici par les pays conduisent à un niveau de réchauffement supérieur à 2°C (alinéa 17) ;
. le Giec devra préparer pour 2018 un rapport sur les impacts qu’aurait un réchauffement de 1,5°C au-dessus de la température à l’époque pré-industrielle (alinéa 21) ;
. le montant d’aide de 100 milliards de dollars annuels prévus pour 2020 est un plancher qui devra être relevé (alinéa 54 ), mais on parle de l’aide financier sans préciser si elle sera nouvelle ou additionnelle (article 9) ;
. le rôle de la finance carbone, dont le prix du carbone, est reconnu (alinéa 137) ;
. l’Accord vise à maintenir le réchauffement global bien en-dessous de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels et vise à limiter ce réchauffement à 1,5°C
 (article 2,1,a) ;
. le pic mondial des émissions devra être atteint aussi vite que possible - mais sans qu’une date soit précisée. La notion très floue de "neutralité carbone" est évacuée (article 4,1) ;
. les parties communiqueront leurs contributions volontaires (efforts de réduction des émissions) tous les cinq ans (article 4, 4) ;
. l’importance des "pertes et dommages" pour les pays les plus pauvres est reconnue (article 8) ;
.

- 14h54 - Dix à quinze mille personnes étaient réunies depuis midi près de l’Arc de Triomphe pour l’action Lligne rouge, selon les organisateurs. Vers 13h30, la manifestation a pris le chemin du Champ de Mars. Celui-ci se remplit progressivement. Des barrages policiers bon enfant sont disposés pour vérifier le contenu des sacs des arrivants.

- 14h35 - Décryptage frénétique du texte par les délégués, les ONG, les journalistes... Quel bouillie de chat, cet accord !

- 14h30 - Les chaînes humaines se forment au Champ de Mars :

- 13h40 - Le texte proposé par la présidence pour l’Accord de Paris est mis en ligne.

En téléchargement :

- 12h30 - Après un discours de François Hollande, Laurent Fabius lève la séance. Le texte sera distribué à 13h30 - il faut parachever la traduction - et la plénière reprendre à 15h45. Remarque de Jean-Marc Nollet : "Texte pas disponible avant 13h30. Ce qui veut dire qu’il a encore bougé en toute fin de négo. Attention donc."

- 12h30 - C’est le succès pour La Ligne rouge pour le climat, avenue de la Grande Armée à Paris :

- 12h12 - M. Fabius : "Le monde retient son souffle et il compte sur nous tous". FIn de son allocution. Applaudissements nourris.

Sous les applaudissements, Fabius entouré de Hollande et Ban ki-Moon

- 12h11 - Ce qu’a dit Laurent Fabius : "Nous voici donc presque au bout du chemin, et sans doute au début d’un autre. Je veux d’abord vous remercier pour votre travail non seulement ces derniers jours et nuits, mais aussi ces derniers mois et dernières années. Le projet d’accord final qui vous est soumis ce matin doit beaucoup aux progrès accomplis ici à Paris, mais personne n’oublie ceux obtenus depuis Durban." M. Fabius rappelle ensuite la méthode suivie, "faite d’écoute, d’ambition et de recherche de compromis".

Selon lui, le texte proposé ce jour est "différencié, juste, durable, équilibré et juridiquement contraignant. Il reconnaît la notion de justice climatique et tient compte sur chaque sujet des responsabilités différenciées des parties et de leurs capacités respectives. Il contient l’objectif de contenir le réchauffement climatique bien en-dessous de 2°C et de poursuivre nos efforts pour 1,5°C.Il fixe objectif de long terme ambitieux mais nécessaire. Il prévoit la révision tous les cinq ans de contributions nationales qui ne pourront être que plus ambitieuses. Il reconnaît la coopération sur les pertes et dommages. Il prévoit les moyens nécessaires pour permettre accès de tous au développement durable" Le texte indique aussi que 100 milliards de dollars sont un plancher. Un nouvel objectif devra être défini au plus tard en 2025. Le texte prévoit tous les cinq ans un bilan collectif de nos progrès qui nous permettra de réagir si les efforts insuffisants.

"Si ce texte est adopté, ce sera un tournant historique. (...) Tous aujourd’hui sont d’accord pour nous concentrer sur les lignes vertes d’un accord universel. Ce texte, que nous avons bâti ensemble, constitue le meilleur équilibre possible, puissant et délicat, qui permettra à chacun de rentrer chez soi la tête haute, avec des acquis importants."
(...)
"En ce mois de décembre, nous sentons qu’il existe à Paris un ’momentum’ particulier, notamment au regard de la mobilisation de la société civile. Une telle conjonction de planètes n’a jamais autant été éunie qu’aujourd’hui. Nous avons la grande responsabilité de ne pas laisser passer l’occasion unique qui s’offre à nous. Personne ici ne veut répétition de Copenhague. (...) Aujourd’hui, si nous échouons, comment rebâtir l’espoir ? La confiance en la Convention serait altérée, et au-delà, la multilatéralité. Aucun de nous ne va négliger ces aspects. Nos concitoyens, nos enfants, ne le comprendraient pas, sans doute ne nous le pardonneraient pas.
(...)
Quelqu’un a rappelé cette phrase de Nelson Mandela : « Cela semble toujours impossible jusqu’à ce que cela soit fait ». Je veux ajouter les autres mots du même héros : « Aucun d’entre nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès ». Vous allez dans cette salle conclure un accord historique. Le monde retient son souffle et compte sur nous."

- 12h10 - M. Fabius : "Personne ne veut ici la répétition de Copenhague".

- 12h07 - Laurent Fabius indique que l’accord inclut l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Un nouvel objectif chiffré de réduction des émissions sera fixé au plus tard en 2025. Les pertes et dommages sont reconnus dans un paragraphe spécifique.

- 11h55 - François Hollande est arrivé, il s’installe à la tribune. Laurent Fabius commence à parler. Ban ki-Moon, le secrétaire général des Nations unies est à la tribune. Au second rang, Ségolène Royal s’est installée.

- 11h48 - Les mots "Climate justice peace" commencent à se lire sur une photo aérienne de Paris (source ici) :

- 11h40 - Les délégués s’installent. Le Comité de Paris va commencer. A suivre en video en direct ici.

- 11h17 - L’action Ligne rouge pour le climat se prépare près de l’Etoile :

La chaîne humaine au Champ de Mars se déroulera à partir de 14 h. Voici le plan d’accès :

- 11h16 - Ultimes tractations et préparatifs avant la réunion du Comité de Paris à 11h30 :
. Le G77+Chine :

. La Coalition de haute ambition, groupe de cent pays développés et en développement :

- 11h00 - La réunion du Comité de Paris doit reprendre à 11h30. Le texte du projet d’accord sera distribué. Vraisemblablement, les pays vont avoir quelques heures pour en discuter, et la plénière d’adoption pourrait avoir lieu dans l’après-midi.

- 10h30 - Un point presse des pays les moins avancées (LDC, Least developed countries) s’est tenu à 9h00. Selon le porte-parole, Giza Gaspar-Martins, la mention du mécanisme permettant d’éviter les pertes et dommages sur ces pays sera présent dans le texte final, ainsi que l’objectif de ne pas dépasser 1,5°C de réchauffement.

De son côté, Matthieu Orphelin, de la Fondation Nicolas Hulot, a tenu un point presse. Il souligne plusieurs points notables qui ont marqué cette COP :
- la mobilisation des collectivités (notamment l’engagement de 700 grandes villes à réduire émissions de gaz à effet de serre),
- la mobilisation du secteur financier : des organismes pesant 3.400 milliards de dollars d’actifs se sont engagés dans le désinvestissement des fossiles ;
- la multiplication des annonces par les Etats d’engagements d’aide en 2020 pour les pays en développement (85 milliards de dollars annoncés) ;
- l’essor des énergies renouvelables, qui recueillent maintenant plus d’investissements nouveaux que les énergies fossiles ;
- mobilisation des citoyens qui ont permis d’obtenir la fin des aides au charbon et l’abandon de l’oléoduc XL Keystone.

- 09h56 - A Paris et ailleurs, les actions de la société civile commencent. Pour lancer la matinée, l’opération Climate Justice for Peace. Florent Compain nous l’expliquait hier. Et c’est à suivre sur le hashtage #climatejusticepeace et sur le siteClimate justice peace.

- 09h50 - Le texte - peut-être final si les parties l’acceptent en fin de matinée - est en cours de traduction dans les différentes langues officielles des Nations Unies.

- 09h16 - François Hollande sera au Bourget au moment de la présentation du texte, indique le Huffington Post.

- 09h14 - "Les pertes et dommages et la cible 1,5°C présents dans accord" de 11:30 selon la porte-parole du groupe des pays les moins avancés, indique la journaliste Béatrice Heraud.

- 09h11 - Selon Matthieu Orphelin, de la Fondation Nicolas Hulot, on s’oriente vers un texte "à prendre ou à laisser".

- 09h01 - Pendant toute la semaine, le compte twitter de Ségolène Royal a turbiné comme un robot spam pris de folie (@RoyalSegolene). Mais la ministre de l’Ecologie travaillait au "Plan d’actions Lima Paris (Agenda des solutions)". Ca a l’air très bien : regardez ici. On n’a pas eu le temps de regarder si l’Agenda des solutions incluait l’annulation du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. "Allo, Mme la ministre ?". Oh, trop triste, ça ne répond pas.

Ségolène Royal multiplie ses efforts, comme le 11 décembre lors d’une réunion sur le lac Tchad


- 03h25 - Texto de la Présidence à la presse : "Le Comité de Paris se réunira samedi 12 décembre à 11h30 pour examiner le projet d’accord universel sur le climat, présenté par le président de la COP."


Vendredi 11 décembre

LE POINT DE LA NEGOCIATION

- 20h15 - Aujourd’hui, les négociateurs ont été privés de réunion plénière. Laurent Fabius a rencontré les différents groupes de pays en rendez-vous particuliers, tout au long de la journée, dans les bureaux de la présidence française de la COP. Lors d’un poit presse à 19h30, M. Fabius a confirmé son intention de remettre un nouveau texte aux parties demain samedi 12 décembre à 9 h. "C’est demain que vont être prises les décisions, a-t-il déclaré. Toutes les conditions sont réunies pour obtenir un accord universel et ambitieux. (...) On ne retrouvera jamais un "momentum" aussi favorable."

"Mais maintenant la responsabilité appartient aux ministres qui demain auront à faire un choix, a-t-il poursuivi. Je vais leur présenter un texte qui est le plus ambitieux et le plus équilibré possible, mais demain chacun n’obtiendra pas 100 % de ce qu’il demande. Quand il y a 196 parties sur un sujet aussi complexe, si chacun exige les 100 %, chacun obtient 0 %. Donc il faut avoir le souci du compromis. Tout ce que je souhaite, c’est qu’on se souvienne du message du premier jour, quand 150 chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier sont venus dire au monde le besoin d’un succès. J’espère que chacun prendra à coeur ses responsabilités et de saisir à la fois sa chance et celle du monde entier, car l’accord doit permettre à l’humanité de vivre décemment."

Etrange conférence où l’information sur les négociations est au fait inaccessible hors la voix officielle de la présidence. L’habitude dans les COP sur le climat était une grande interaction entre les diplomates, les ONG et les médias. A Paris, ou plutôt au Bourget, les parties et la présidence ont privilégié le quasi-huis clos. On verra demain samedi ce que cette méthode peu transparente produit.

- 18h27 - Le mystère de la "Neutralité carbone" . L’objectif de long terme du futur accord de Paris se dessine. Dans l’article 2, les parties à la Convention climat s’engagent à "tenir l’augmentation de la température moyenne globale bien en-dessous de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels et de poursuivre leurs efforts pour limiter l’augmentation de la température à 1,5°C". Dans l’article 3, il est indiqué que "les parties ont pour but d’atteindre le pic d’émissions de gaz à effet de serre dès que possible, reconnaissant qu’un pic prendra plus de temps pour les pays en développement, et d’entreprendre par la suite des réductions rapides vers la neutralité des émissions de gaz à effet de serre dans la deuxième moitié du siècle".

Cet objectif de "neutralité des émissions de gaz à effet de serre" n’est pas clair pour tout le monde. "Beaucoup de parties ont dit que c’était flou et ont demandé des prévisions", confie à Reporterre Jean-Marc Nollet, député fédéral à la Chambre de Belgique et co-chef du groupe Ecolo/Groen, qui a suivi avec attention les négociations de cette nuit. D’après lui, la Pologne serait derrière cette formulation, pour éviter à tout prix le terme "décarbonisation" incompatible avec son exploitation intensive du charbon.

Mais alors, que signifie "neutralité des émissions de gaz à effet de serre" ? Décryptage par deux scientiifiques.

- Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue, coprésidente du groupe 1 du Giec :
"Le terme de neutralité carbone signifie que vous pouvez continuer à émettre des gaz à effet de serre, mais que vous devez en parallèle déployer des solutions pour en capter : faire croître les forêts, mettre en place des systèmes artificiels (industrie) ou naturels (pratiques agricoles). Le niveau d’ambition n’est pas le même que si vous programmez des réductions d’émissions de gaz à effet de serre. Par exemple, la contribution nationale de la Russie est exprimée en neutralité carbone : le pays ne fera pas grand-chose pour réduire ses émissions mais comptera sur sa forêt pour les absorber.

Cela pose le problème de la vérification méthodologique des émissions et des absorptions. On ne sait pas mesurer ces flux, on sait seulement mesurer des concentrations de gaz carbonique dans l’atmosphère. Ces concentrations sont plus importantes là où du CO2 est rejeté, et plus faible là où il est absorbé. On en déduit le flux grâce à des modèles atmosphériques et océaniques. On sait le faire ponctuellement, sur des territoires donnés, mais on n’a pas les moyens de le mesurer dans d’autres pays. On a donc besoin d’un réseau mondial de mesures.

- Hervé Le Treut, climatologue et membre du Giec : "Cela signifie qu’on ne peut plus rien émettre qu’on soit capable de capter. C’est un objectif fort dans la mesure où on le situe dans le temps - dans la deuxième moitié du siècle. Et chiffré, en quelque sorte, puisqu’il suppose qu’on ne rejette pas dans l’atmosphère du carbone qu’on serait incapable de récupérer. Pour atteindre cet objectif, il faudra une mutation très profonde de nos économies dans les prochaines années. Le fait que les pays le reconnaissent est très important.
Cette phrase implique deux cas de figure :
- si la captation de carbone est possible, on peut se permettre d’émettre encore ;
- par contre, il existe encore une incertitude sur le fait qu’on sera capable, à l’avenir, de capter du carbone à grande échelle - si on n’y arrive pas, il faudra arrêter d’émettre."

- 12h53 - Laurent Fabius vient de tenir une conférence de presse. "Demain matin, je présenterai aux parties un texte à 9h00, et je suis sûr qu’elles l’accepteront"

- 12h34 - Sur le texte, selon nos informations recueilies auprès des ONG (Fondtion Nicolas Hulot et Attac), il n’y a plus que cinq points en discussion. Plusieurs points ont marqué des avancées :
. l’article 2 intègre l’objectif de viser un réchauffement inférieur en 2°C en poursuivant les efforts pour ne pas dépasser 1,5°C ;
. sur le financement post-2020 (article 6), un objectif de rééquilibrer les financements entre adaptation et atténuation est inclus, même si ce n’est pas chiffré ; un cycle de révision des engagements financiers est mentionné.

En revanche, le prix du carbone disparait du texte. En ce qui concerne l’objectif de long terme, la nécessité de réduire les émissions de 40 à 70 % d’ici 2050 a disparu du texte au profit d’une formulation vague qui prévoit juste un pic à une date non définie et un objectif flou de "neutralité carbone".

Les négociateurs n’ont pas réintégré dans le texte la taxation des transports aérien et maritime. La notion de "croissance économique" a été intégrée dans l’article 6. Il n’y a par ailleurs aucune mention des énergies fossiles, et les énergies renouvelables ne sont mentionnées qu’en ce qui concerne l’Afrique.

- 11h00 - Les présidents américain Barack Obama et chinois Xi Jinping se sont entretenus ce vendredi au téléphone à propos de la COP 21. « A l’approche de la fin des négociations à la conférence de Paris, la Chine et les Etats-Unis doivent renforcer leur coordination avec toutes les parties et déployer des efforts communs pour s’assurer » que la COP21 « parvienne à un accord comme prévu », a déclaré le président chinois, cité par le ministère sur son site internet.

- 10h52 - Les délégués ont été se reposer à la fin de la nuit. Les discussions reprennent calmement en bilatérale, c’est-à-dire que la présidence voit les uns après les autres les principaux protagonistes. Pour l’instant, il n’est pas annoncé de réunion du Comité de Paris en plénière.

- 07h32 - Alors que l’accord final de la COP21 devait être présenté ce vendredi soir, il ne le sera finalement que samedi matin. Laurent Fabius l’a annoncé ce vendredi matin : « Nous préférons nous donner le temps de consulter les délégations tout au long de la journée de vendredi », avant de présenter le texte final en vue d’une adoption directe en séance plénière, dit-on dans son entourage. Le texte « sera présenté samedi matin tôt pour une adoption à la mi-journée », a-t-on ajouté.

L’annonce matinale de Laurent Fabius, Ban ki-Moon à ses côtés

Le compte twitter de Jean-Marc Nollet (@jmnollet) raconte en détail les négociations de la nuit : presque tous les pays ont remis presque tous les points sur la table. On s’est empaillé sur la différenciation (distinction entre les pays développés et les autres). Les Etats-Unis refusent tout ce qui serait contraignant. L’Arabie saoudite et la Russie refusent 1,5°C (à 5h20). Le Venezuela refuse les mécanismes de marché. La Suisse dit que les responsabilités historiques (dans les émissions de gaz à effet de serre) ne peuvent être illimitées. Singapour s’oppose à la demande de l’Union européenne de faire revenir l’aviation dans le texte. Les Barbades : "Si ça continue, ce ne seront plus des scientifiques qui se pencheront sur le climat, mais des archéologues".

- 07H08 - Rien ne va plus. L’accord ne s’est pas fait durant la nuit. L’opposition pays développés-pays en développement ressurgit plus fort que jamais. L’accord est repoussé à samedi.

Tout tenter, jusqu’au bout. Alors que l’accord final de la COP21 devait être présenté ce vendredi soir, il ne le sera finalement que samedi matin. C’est Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et président de la COP21, qui l’a annoncé ce vendredi matin. « Nous préférons nous donner le temps de consulter les délégations tout au long de la journée de vendredi », avant de présenter le texte final en vue d’une adoption directe en séance plénière, a-t-on précisé la COP21. Le texte « sera présenté samedi matin tôt pour une adoption à la mi-journée », a-t-on ajouté.
« Il y a encore du travail, a expliqué Laurent Fabius à BFM TV. Mais les choses vont dans le bons sens. »

LA VIE DE LA COP

- 15h00 - Une centaine de militants d’ONG du monde entier ont déroulé une immense bande de tissu rouge, dans la grande allée de la zone de négociations du Bourget. "Le but est de rappeler aux Etats, dans les dernières heures de négociations, qu’ils ne doivent pas franchir cette ligne rouge qui représente cinq principes : l’équité, la justice, le respect des règles, le zéro émissions et les financements", a expliqué à Reporterre Aurélie Ceinos, chargée de mission changement climatique à Care France.

- 10h50 - Des militants ont été empêchés de tracter ce matin au Bourget. Ces membres d’Action non violente - Cop21 se tenaient devant l’entrée du centre de Conférence de la COP 21, pour distribuer des tracts invitant à l’action organisée par la société civile demain samedi. Ils ont été « raccompagnés » par la police. « C’est la première fois que cela arrive, les autres jours nous faisions la même chose et on ne nous en a pas empêchés », s’étonne-t-on à ANV-Cop21.


Jeudi 10 décembre

LE POINT DE LA NEGOCIATION

- 21h24 - Voici ce qu’a dit Laurent Fabius : "Hier soir, nous avons tenu une séance importante de notre Comité et chaque groupe a eu l’occasion d’exprimer ses sentiments. Ces interventions ont été utiles car elles ont permis de préciser le contenu. A l’issue du Comité d’hier soir, j’ai présidé une réunion en format Indaba pour poursuivre de manière inclusive et transparente la réflexion sur trois grands thèmes : ambition, finances et différenciation. Parallèlement, Manuel Pulgar-Vidal a assuré une autre réunion sur les pertes et dommages. En parallèle, il y a eu une permanence à la présidence. Cela a été une très longue nuit de travail mais elle a permis d’avancer. A la suite de ces réunions vous avez poursuivi vos contacts pour parvenir aux compromis dont vous nous avez informé.

Après cet important travail des derniers jours et toute une série de rencontres aujourd’hui, nous pouvons franchir une étape décisive. Une nouvelle version du projet de texte va vous être distribué. Ce projet prolonge la version soumise hier. Il a tenu compte des avis que vous avez eu lors du comité de Paris d’hier, de la réunion Indaba et des consultations. Il y a eu un série de choix dans un souci d’équilibre et d’impartialité, et lorsqu’il nous a paru qu’il y avait un compromis suffisant. Le texte est plus court et tranche sur certaines options, mais il reste des crochets sur la différenciation, la finance et l’ambition. Il n’ y a pas d’autre solution que la discussion dans les heures à venir. (...) Je pense, chers amis, que nous allons y arriver."

La séance est levée à 21h20, sous les applaudissements.

- Télécharger le texte présenté ce soir

Que va-t-il se passer maintenant ? Les pays disposent de deux heures et demie pour prendre connaissance du texte. A 23 h 30, Laurent Fabius rassemblera toutes les parties au sein d’une réunion Indaba (terme zoulou d’Afrique du Sud désignant une grande conférence). Cette assemblée examinera les trois points qui posent encore problème : la différenciation, l’ambition et la finance. Elle se déroulera dans la salle de réunion du Rhône, assez petite. En conséquence, les délégations ne disposeront que de trois badges d’accès chacune, transférables. Les négociateurs qui ne peuvent pas rentrer regarderont les débats retransmis en direct sur les écrans de deux salles voisines. Ces trois salles seront fermées aux observateurs et à la presse.

"Ce qui importe maintenant, c’est de trouver des convergences", a rappelé Laurent Fabius. En cas de désaccord sur un point, un facilitateur réunira les chefs de délégation concernés dans un coin de la salle ou dans une salle voisine. Ils devront revenir avec une solution au bout de 45 minutes maximum. "Nous savons que le compromis consiste à renoncer à ce qui serait 100 % idéal pour nous, pour arriver à ce qui est acceptable pour tout le monde", a souligné le ministre des Affaires étrangères.

Autant vous dire qu’une longue nuit mouvementée attend les négociateurs. Objectif, que le président puisse présenter, vendredi, un projet d’accord final.

La réunion Indaba : sous l’arbre à palabres, on discute des questions importantes.

- 21h09 - La salle plénière se remplit, elle commence à l’instant. Laurent Fabius prend la parole. Le projet d’accord va bientôt être distribué. Il est plus court que le précédent, et tranche sur plusieurs options, explique M. Fabius. Mais laisse ouvertes trois questions : la différenciation, la finance et l’ambition que se fixe l’accord. La discussion aura lieu dans les heures à venir. M. Fabius appelle au compromis.

- 18h38 - La plénière de 19 h est repoussée à 21 h ! Et le nouveau texte itou. La soiré sera longue...

- 18h11 - Un scénario qui se dessine : les négociations deviennent plus âpres, texte présenté ce soir, nouveau round de discussion cette nuit, et on boucle demain vendredi - ou pas...

- 18h05 - Le trafic aérien et maritime disparait de l’accord... alors que leurs émissions sont très importantes. Quant aux énergies fossiles, elles n’y figureront pas davantage.

- 18h01 - Les réunions s’enchaînent pour les négociateurs, alors que le futur accord de Paris doit (en théorie) être adopté demain vendredi 11 décembre à 18 h. Mais au fait, quel pays a la plus grosse délégation ? La plus riquiqui ? Le Maroc arrive en tête, avec 439 délégués (dont une partie sont "observateurs", des négociateurs de "second rang" qui peuvent être priés de quitter les salles de réunion si la place vient à manquer). Viennent ensuite la Guinée (398), la France (395), le Canada (382) et la République de Corée (351). La Syrie et Trinidad et Tobago sont les deux plus petites délégations (3 négociateurs), et l’Erythrée, Niue et l’Ouzbékistan en comptent à peine plus (5 négociateurs). Liste complète sur le site de Carbon Brief.

Chose amusante, certains pays paient des diplomates indépendants pour négocier à leur place, à indiqué à Reporterre un membre de la délégation française. Ainsi, l’Australien Dean Bialek, de la compagnie Independent Diplomat, négocie pour les Îles Marshall...

Dean Bialek, un diplomate mercenaire

- 15h02 - Le texte attendu à 15 h ne sera publié qu’à 19 h, au mieux, apprend-on sur les écrans de la COP.

- 14h30 - Alors qu’une nouvelle mouture du projet d’accord est prévue pour 15 h (ou plus vraisemblablement 19 ou 20 h, d’après plusieurs bruits de couloirs), que dit le texte rendu public il y a 24 heures ?

- Revoici le texte à télécharger  :

Tout d’abord, il a subi une nouvelle cure d’amaigrissement par rapport au précédent. Il ne compte plus que 29 pages et quelque 350 crochets, qui matérialisent les propositions encore en suspens. 19 points sont encore en discussion. Mais il est difficile de se faire une idée de ce que contiendra l’accord final, car des options faibles et fortes cohabitent dans les différents paragraphes.

Premier exemple, dans l’article 3 consacré à l’atténuation. L’option 1 prévoit des objectifs chiffrés et datés de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une proposition ambitieuse de 70 à 95 % de réduction des émissions en 2050 par rapport à 2020 est même mentionnée entre crochets. L’option 2, en revanche, ne fixe aucun objectif quantitatif et daté pour l’atténuation et se contente de propositions vagues de "neutralité climat" et de "décarbonisation", entre crochets dans le texte.

Autre exemple, dans l’article 6 consacré à la finance. Dans le paragraphe "graduation", l’option 2, ambitieuse et favorable aux pays en développement, indique que "la provision et la mobilisation de ressources financières (...) doit représenter une progression au-delà [des] efforts précédents, avec une trajectoire clairement identifiée de niveaux annuels attendus de ressources, pour atteindre des objectifs de court-terme collectifs et quantifiés pour la période après-2020, et être périodiquement réaffirmés et revus". L’option signale aussi que "les ressources financières doivent être réhaussées à partir d’un plancher de 100 milliards de dollars par an [somme promise aux pays en développement par les pays développés en 2009, NDLR], (...) en tenant compte des besoins et des priorités des pays en développement". L’option 3 en revanche, ne mentionne aucun objectif chiffré, utilise le conditionnel "devraient" , et met dans le même sac des donateurs les pays développés et les pays en développement.

Bref, le mystère reste entier. Seule quasi-certitude, la mention d’une limite de réchauffement de 1,5°C au lieu de 2°C, dans l’article 2 du texte. En effet, lors de la plénière de mercredi soir, plusieurs pays les plus vulnérables ont affirmé qu’ils ne rentreraient pas chez eux avec un accord conservant un seuil de 2°C de réchauffement.

- 14h14 - La minute Tête au carré / Reporterre : écouter ici :

- 13h30 - La tension monte, après une nuit de négociation d’où peu de choses filtrent. Deux options sur la suite des événements, selon les ONG observatrices :
. la présidence sort un texte qu’elle a rédigé, et qui lui semble refléter les “zones d’atterrissage” les plus crédibles) et met les parties au pied du mur (take it or leave it) – avec le risque qu’il soit rejeté ;
. la présidence publie une version (un peu) plus avancée du texte d’hier et relance un tour de consultations ; la négociation prendrait alors du retard.

- 12h00 - La réunion des délégués, suite au Comité de Paris, s’est prolongée jusqu’à 4 h 50 du matin. Toute cette matinée, les négociations se poursuivent. Une nouvelle mouture du texte sera présentée ce jeudi à 15 h lors d’une réunion du Comité de Paris.

LA VIE DE LA COP

- 17h20 - Pour sensibiliser les enfants au changement climatique, les Nations unies soutiennent Comics uniting nations (Bandes dessinées unissant les nations), qui publient une aventure de Chakra, un super-héros indien, combattant le réchauffement :

- 14h20 - Pour la COP, les vélos ne semblent pas faire partie des "solutions". Seule réponse, la poésie de ce cycliste :

Les organisateurs ont fini par se rendre qu’il y avait quelques écologistes à deux roues sans pétrole qui venaient à la COP (voir notre billet du jeudi 3 décembre ci-dessous) et ont installé un enclos :

- 14h00 - A la recherche des visiteurs... Je suis revenue ce matin au salon de Génération Climat , à côté du lieu où se les négociations se poursuivent, bien determinée à trouver des visiteurs venus ici par curiosité, sans lien aucun avec la COP 21. Mais de nouveau, je fais chou blanc. Toutes les personnes interrogées tiennent un stand ou sont liées à un projet ou à un organisme présent ici. Exemple : dans un espace semi-clos au milieu de la grande salle, trois femmes aux habits colorés déjeunent tranquillement. Véronique, Daphné et Alex n’ont pas de tailleurs et n’ont pas l’air d’avoir à s’organiser pour tenir un stand. « On fait partie des Petits Débrouillards, quatre d’entre nous sont accrédités pour suivre les négociations et on est venu ici pour voir ce que ça donnait. » Les Petits Débrouillards élaborent une campagne sur la transition sociale et écologique et font partie de la Coalition Climat. « On est installé à l’auberge de la COP qui héberge plein d’associations. Ceux qui sont accrédités font un point tout les soirs sur les négociations. » Daphné confie qu’elle trouve que Génération Climat fait « très stand ».

« On est venu voir ici ce que ça donnait »

Victor Romano, qui a participé à l’organisation de la COP 21, confie qu’il a entendu parler d’un trafic de 7 500 personnes par jour. « On attendait un flux massif mais il y a eu les attentats. » Malgré l’organisation efficace de la RATP - les navettes allant des stations de métro ou de RER vers la COP 21 fonctionnent très bien -, Génération Climat n’a pas attiré les foules.

- 11h15 - 23 militants d’Action Non-violente COP21 se sont fait contrôler par la police jeudi 10 décembre autour de 11h. Ils venaient de mener une action non-violente au siège de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), afin de dénoncer « les 650 milliards de dollars de subventions publiques annuelles aux énergies fossiles ». Les activistes se sont introduits dans les bureaux de l’Ufip, déguisés en membres de la famille Addams, et y ont parodié une fête macabre. La police a procédé à des contrôles d’identité avant de reconduire les militants vers le métro. Elle a également obligé le documentariste Pascal, de Fokus21 à effacer ses rushs.


Mercredi 9 décembre

LE POINT DE LA NEGOCIATION

- 23h05 - 23 h. Reporterre doit vous faire un aveu. A 22 h, après avoir écouté près de deux heures de réactions de ministres au nouveau projet de texte publié à 15 h, nous avons crié grâce. Espérons que la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Bolivie, le Nicaragua et les orateurs suivants ne nous en tiendront pas trop rigueur.

Laurent Fabius avait appelé à des "interventions assez brèves, pour que nous puissions commencer le travail immédiatement". A 19 h, devant les 195 pays rassemblés en salle plénière pour un nouveau Comité de Paris, le ministre des Affaires étrangères français a commencé par un point d’étape. Le nouveau texte compte 29 pages, dont 14 de projet d’accord à proprement parler. Il reste trois grandes questions à trancher : la différenciation (autrement dit, la prise en compte du principe de responsabilité commune mais différenciée inscrite dans la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique), les financements, et le niveau d’ambition du texte (objectif de long terme et révision régulière des engagements des pays).

L’objectif pour M. Fabius est de présenter une nouvelle version du texte demain jeudi, en début d’après-midi. Pour cela, les travaux se poursuivront toute la nuit, et durant la matinée.

Le ministre des Affaires étrangères a ensuite invité les ministres à prendre la parole. Plutôt que de vous livrer une liste exhaustive et, il faut le reconnaître, assez indigeste des interventions, Reporterre se propose de décerner trois palmes.

- Palme de la prise de parole la plus émouvante, décernée au... Venezuela. La déléguée du Venezuela a réaffirmé son soutien à un objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C au lieu de 2°C. "Mais les contributions nationales actuelles nous conduisent vers une trajectoire de réchauffement de plus de 3°C. Dans la rue, personne ne s’y trompe. On ne peut inscrire 1,5°C dans un accord et nous diriger quand même vers 4°C de réchauffement." Elle s’en est est ensuite prise aux marchés carbone. "Il ne faut pas se remettre dans une situation où les pays riches peuvent polluer pour payer, a-t-elle plaidé. Certains ont dans la poche des droits à polluer acquis légalement grâce à Kyoto, et qui à eux seuls représentent 1°C supplémentaire de réchauffement. Est-ce que nous voulons cela pour l’accord de Paris ? Non. Nous ne devons pas reproduire les erreurs du passé. Le prix du carbone est revenu à plusieurs reprises dans le texte, alors qu’il n’y était pas la semaine dernière. Les lobbies sont très forts." Elle a conclu : "C’est la seule ambition humaine que j’ai. Rentrer chez moi, regarder mes filles dans les yeux et leur dire que ça va aller."

- Palme de la prise de parole la plus déplorable, décernée à... l’Arabie Saoudite. "Un accord durable doit avoir un objectif durable, a déclaré le royaume. C’est pourquoi nous ne voulons pas un objectif chiffré, qui menacerait notre développement et même notre sécurité alimentaire". On avait cru mal entendre, mais la suite ne valait pas mieux. Le magnat du pétrole s’est attaqué à la possibilité d’une contribution volontaire des pays développés, à des efforts collectifs de financement, et à la formule "pays en capacité de le faire" : "Qui va nous dire ce que nous sommes capables de faire ? Nous, Etat souverain, allons-nous accepter que quelqu’un nous dise de quoi nous sommes capables ? Clairement, non !" Enfin, l’Arabie Saoudite s’est acharnée contre la possibilité d’un prix du carbone, arguant que "cela risquerait de taxer [son] économie".

- Prix spécial de la déclaration la plus bizarre, décerné au... Japon. Le Japon a remis sur la table la date d’entrée en vigueur, 2020, inscrite dans l’article 18. "Nous avons besoin d’un espace de discussion pour l’article 18", a-t-il déclaré. Un OVNI débarqué en salle plénière, jamais évoqué auparavant...

Et qu’en disent les observateurs ?

. Célia Gautier, du Réseau Action Climat France, estime que "ce texte ne répond pas aux attentes des ONG. Il comporte moins de crochets, d’options, mais il est incapable de répondre aux grands enjeux de justice et d’équité. Certes, la limite de réchauffement de 1,5°C est de plus en plus probable, mais les moyens et la feuille de route pour y parvenir sont absents".
. Après avoir lu le texte, Jean-François Julliard de Greenpeace France se met dans la peau d’un investisseur dans les énergies fossiles, et "[se] dit [qu’il] peut continuer comme ça. C’est un accord de papier, des belles paroles mais rien de concret".

- 20h20 - La plénière a commencé. Laurent Fabius annonce que les articles 12 à 26 sont "clean" (propres) et peuvent être envoyés en traduction. La plénière continue. On vous en fait le bilan en fin de soirée.

- 17h30 - A 17 h, une centaine d’observateurs et de membres d’ONG ont participé à un sit-in à proximité de la salle plénière de la Seine, où se déroulent les moments-clés de la COP21. Un jour avant l’adoption d’un texte final, ils enjoignent les négociateurs de prendre des décisions ambitieuses et respectueuses de la justice climatique.

Pourquoi participer à un sit-in des observateurs devant la salle plénière du Bourget ?
Malika Peyraut, chargée de campagne Institutions financières internationales et énergie aux Amis de la Terre :

- Ecouter ici :

Malika Peyraut en sit-in

- 15h17 - Laurent Fabius en plénière : "Nous avons progressé, mais il reste pas mal de travail". Le texte va être distribué, les délégués vont l’étudier. "Il faut nous préparer à travailler cette nuit et demain pour respecter les délais fixés. Je suis convaincu que nous pouvons trouver un accord".

Il souligne que trois questions principales restent à arbitrer : la différenciation entre pays développés et en développement, le financement et le niveau d’ambition de l’accord.

- Télécharger le texte "Draft Paris outcome" :

- 14h40 - En conférence de presse, John Kerry, le secrétaire d’Etat (ministre des Affaires étrangères) des Etats-Unis annonce que ceux-ci vont doubler le budget de leur aide à l’adaptation.

- 14h14 - La minute Tête au carré / Reporterre : écouter ici :

- 13h41 - Le nouveau brouillon du projet d’accord, initialement prévu à 13h00, ne sera rendu public qu’à 15h00, lors d’une réunion du Comité de Paris. Les délégations vont passer l’après-midi à étudier le texte, et le Comité se réunira pour faire un premier point à 19h30.

Mais les ONG ont l’impression que le texte sera décevant par rapport à ce qui serait nécessaire pour limiter le réchauffement à 2°C. Un point de vue bien synthétisé par Romain Benicchio, porte-parole d’Oxfam France : « Nous sommes extrêmement préoccupés par la tournure que semblent prendre les négociations, les pays préférant visiblement choisir la facilité plutôt que de se battre pour ce qui est juste pour leurs citoyen-e-s et la planète. Nos experts s’inquiètent de voir les négociateurs se contenter du plus petit dénominateur commun dans plusieurs domaines critiques. »

- 09h45 - La journée reprend. Avec comme principal rendez-vous à 13 h 00 du nouveau texte de projet d’accord. Tout a été calme (voir ci-dessous, mardi 8 au soir, notre Point de la négociation). Va-t-on se réveiller ?

- 09h00 - En Inde, dans l’Etat du Tamil Nadu, les inondations refluent lentement. Au Bourget, la position du géant de l’Asie du sud-est reste une des plus fermes parmi celles des pays en développement. Lire ici notre enquête, avec la video saisissante d’un bus emporté par les flots.

LA VIE DE LA COP

- 17h43 - Pendant ce temps, à Paris, une action est menée par ANV-COP21 à l’agence BNP-Paribas à Opéra. Reporterre y est et vous le raconte bientôt.

- 17h16 - Génération Climat, à côté des halls où se déroule la COP 21, se présente comme un salon d’exposition. Avec des palettes très propres, des plaques de bois contreplaqué peintes en vert et des plantes en pots. Une partie est dédiée aux régions et communes qui présentent des projets de sensibilisation à l’environnement, une autre aux ONG et une dernière aux innovations techniques, aux conférences et au pavillon des peuples indigènes. Boubou, Harun et Guy viennent de Saint-Denis. Pendant qu’ils rigolaient sur des gendarmes de l’« équipe déminage », je leur demande ce qu’ils font là. « On présente notre projet » répondent-ils fièrement. Et ils peuvent l’être. Ces jeunes sont partis deux semaines avec la ville de Saint-Denis au Chili voir les impacts des changements climatiques. Venu ce mercredi 9 décembre à Génération Climat, ils ont montré leur photos et échangé avec les gens présents. Génération Climat leur permet de voir qu’il « y a plein de choses qui se font. On découvre énormément de projets. Et on voit qu’il y a du monde d’intéressé aussi. »

Dans le salon Génération climat

Maria Eugenia Morales n’est pas dans cette optique. Présidente de l’association Nochari qui lutte pour le développement rural du sud du Nicaragua, elle reste mitigée quand à la utilité de Génération Climat. Maria explique qu’elle a voulu déposer des documents de son association et des bracelets sur la vulnerabilité des pays d’Amérique Centrale face aux changements climatiques. « Mais l’accueil refusait. J’ai dû discuter pendant longtemps pour que quelqu’un parlant espagnol vienne, m’écoute et m’autorise à déposer mes documents. Au final, on peut parler mais pour communiquer sur nos luttes, c’est plus compliqué. » Quand on lui demande ce qu’elle pense de Génération Climat, Maria répond avec une moue. « Ce salon Génération Climat est bien car il nous donne la parole pour expliquer et dénoncer. Nous sommes victimes du changement climatique alors que nous n’en sommes pas la cause. Mais ceux qui ont l’argent sont content de leur confort et au final, ils ne nous écoutent pas tant que ça. »

- 15h26 - L’armée des Etats-Unis est le plus gros consommateur institutionnel au monde de produits pétroliers. Or, le Pentagone a obtenu une « provision de sécurité nationale » qui place ses émissions de gaz à effet de serre hors contrôle global. Lors des négociations du protocole de Kyoto, en 1997, les États-Unis ont exigé, comme condition à leur signature, que l’ensemble des opérations militaires américaines à travers le monde et toutes les opérations auxquelles les USA participent dans le cadre de l’ONU et / ou de l’OTAN soient exemptés des calculs de réductions. Après avoir obtenu cette concession gigantesque, l’administration Bush a ensuite refusé de signer les accords. - (Source : Counterpunch et Truthout).

- 14h52 - Les journées commencent à être dures pour les diplomates. "Je dors comme un bébé, raconte l’un d’eux, mais seulement cinq heures par nuit. Pour l’instant, ça va, la fatigue ne perce pas. Mais je m’attends à m’écrouler la semaine prochaine." Il faut encore tenir trois jours avec, il faut le craindre au moins une quasi-nuit blanche voire deux.


Mardi 8 décembre

LE POINT DE LA NEGOCIATION

- 22h10 - 21 h 45 : Comité de Paris bref et sans relief, ce soir, dans la salle plénière Loire. Les facilitateurs de la dizaine de groupes de travail en cours (financements, amibition de l’accord, adaptation, action pré-2020, forêts, etc.) ont fait un rapide bilan de leur journée de travail et ont énuméré les précisions techniques, en soulignant pour la plupart qu’il restait du pain sur la planche.
Laurent Fabius a ensuite apporté quelques précisions sur la suite de la COP. Demain mercredi, à 13 h, les 195 pays se réuniront de nouveau en Comité de Paris pour prendre connaissance d’un nouveau texte. Ce document, rédigé par la présidence française à l’aide du secrétariat général de la Convention et des facilitateurs, aura pour base le texte de samedi dernier, auquel seront rajoutées les propositions issues des différents groupes de travail. Les pays auront ensuite jusqu’à 17 h pour prendre connaissance du texte, heure à laquelle le Comité de Paris sera de nouveau réuni pour recueillir les réactions des délégations.
Cette proposition a recueilli l’accord de la part des pays, dont plusieurs ont même exprimé des remerciements et leur confiance dans la présidence française.
Comment expliquer l’ambiance feutrée de ces négociations ? Pour Pierre Radanne, expert en énergie et membre de la délégation française, le processus s’apparente à « une course cycliste sur piste. Personne ne veut aller trop vite. » Cette tranquillité tient aussi à la diplomatie de Laurent Fabius, « qui a été très clair sur le processus. Personne n’a trouvé à redire à son calendrier. Ils disent qu’ils ont confiance. » Le fait qu’à ce stade les négociations semblent traîner en longueur n’a rien de surprenant, pour M. Radanne, vieux renard des négociations climat : « Voyez sur les écrans, les négociateurs sont crevés, avec les traits tirés. Ils enchaînent les nuits blanches mais n’en ont pas encore assez. Cela fait partie du rituel : il faut qu’ils aillent au bout d’eux-mêmes. Cela, Laurent Fabius l’a compris, c’est pour cela qu’il leur accorde une demi-journée de plus jusqu’à demain 13 h.  »

- 19h30 - Fiasco sur la taxe financière : l’Europe n’a pas voulu prendre une décision ferme. Ecoutez l’analyse Maxime Combes, un porte-parole d’Attac : "En quoi le fiasco de la taxe sur les transactions financières (TTF) européenne est-elle une mauvaise nouvelle pour la COP 21 ?" :

Ecoutez ici :

Maxime Combes interrogé dans la salle de presse du Bourget : « On avait la possibilité d’une décision historique »

. 14h51 - Déception : à Bruxelles, les onze pays, dont l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne) réunis en conseil des ministres ECOFIN pour discuter du projet de taxe sur les transactions financières, n’en ont décidé que le principe. L’essentiel des discussions est reporté à 2016, et le point crucial du taux de prélèvement n’a pas été tranché. Un mauvais signal envoyé aux pays en développement.

- 14h14 - La minute Tête au carré / Reporterre : écouter ici :

. 10h22 - Aujourd’hui, les couloirs de la COP bruissent de l’attente du résultat de la réunion de onze ministres des finances européens depuis hier à Bruxelles. Ceux-ci doivent décider s’ils adoptent une taxe sur les transactions financières. La moitié du produit de celle-ci serait affectée au financement de la lutte contre le changement climatique. L’Estonie s’est retiré du groupe des onze. Si la décision était prise, cela serait un signal très positif à l’égard des pays en développement.

- Pour en savoir plus sur la taxe, relire notre article

Pendant ce temps, les réunions de travail se poursuivent :

LA VIE DE LA COP

- 19h00 - A Paris, expulsion d’un squat où logeaient pour quelques jours des activistes venus de tous les pays du monde pour participer aux actions de la société civile. Lire notre reportage ici.

- 17h00 - « Nous dessinons le futur que nous voulons », répond Intu, de l’Université James Cook à Cairns, en Australie, quand on lui demande pourquoi elle peint sur une grande fresque accroché au mur. « Chacun fait un croquis, me le présente et je lui choisis une place sur la fresque. » Les personnes ayant participé inscrivent ensuite leur nom et le pays d’où ils viennent sur une liste. Près du lieu de conférence sur les peuples indigènes, la gouache se mêle aux tissus colorés et aux sourires de gens du monde entier.

. 08h00 - La hausse fulgurante des émissions de CO2 provenant des énergies fossiles et des industries observée depuis l’an 2000 semble s’être stabilisée au cours des deux dernières années, selon une étude parue sur le site de la revue scientifique Nature Climate Change. Après s’être stabilisées en 2014, les émissions de gaz carbonique devraient baisser cette année pour la première fois durant une période de croissance économique mondiale. Selon une moyenne des projections pour 2015, basées sur des données de juin à octobre, les émissions devraient baisser d’environ 0,6 %. Les divers scénarios oscillent entre une baisse de 1,6 % à une hausse de 0,5 %.


(Source : Radio Canada)


Lundi 7 décembre

LE POINT DE LA NEGOCIATION

- 21h45 - La première réunion du Comité de Paris se tient depuis 19h20, ce qui permet de faire le point sur les 36 premières heures de négociations ministérielles. Laurent Fabius a annoncé la création de sous-groupes de travail supplémentaires. La Bolivie et la Suède ont été chargés d’animer les discussions dans le cadre d’un nouveau groupe consacré à l’adaptation des pays en développement aux impacts du changement climatique - un rôle de "facilitateurs", dans le jargon onusien. D’autres groupes de discussions ont été lancés sur les mécanismes de coopération (facilité par le Canada) et sur les forêts (Equateur).
Les facilitateurs ont ensuite fait le bilan des avancées des négociations dans leurs groupes respectifs :
. Sur les financements climat ("moyens de mise en oeuvre" en dialecte onusien) : le ministre des Affaires étrangères du Gabon a estimé que "les pays développés se sont montrés rassurants sur le fait qu’ils devaient jouer leur rôle de chef de file". Mais d’autres pays devraient contribuer, selon certains : autrement dit, des pays prospères du groupe G 77+Chine. La ministre de l’Environnement du Brésil Isabella Teixeira a confirmé que "les pays développés continueraient à être en tête pour fournir des ressources [financières] aux pays en développement. Pour ce qui est de la base des donateurs, il n’y aura pas de nouvelles obligations pour les pays en développement, mais ils seront encouragés à participer à titre volontaire". Rien de concret en revanche sur la promesse de 100 milliards.
Deux autres sous-sous-groupes vont compliquer encore le mille-feuille onusien, le premier sur les transferts de technologie (Arabie Saoudite et Autriche) et le second sur les "constructions de capacité" (Gambie et Union européenne).

. Sur le niveau d’ambition du texte, qui regroupe l’objectif de long terme et le mécanisme de révision régulière des engagements nationaux : ça coince toujours, puisque "de nombreux pays se disent prêts à étudier un texte faisant référence à un objectif de 1,5°C [de réchauffement à la fin du siècle, par rapport à l’ère préindustrielle]. Mais d’autres ont réaffirmé le seuil [de 2°C] décidé lors de la conférence de Cancun", rapporte James Fletcher, ministre de Développement durable et de l’Energie de Sainte-Lucie.

Pour ce qui est du mécanisme de révision, l’ambition n’est pas vraiment au rendez-vous puisque de nombreux pays estiment qu’un rendez-vous tous les cinq ans doit être "une occasion de réévaluer les objectifs, mais pas une obligation. Cela ne doit pas constituer un nouveau fardeau".

. C’est finalement l’action pré-2020 qui a le plus avancé, puisque le secrétaire d’Etat à l’Energie et au Changement climatique du Royaume-Uni s’est félicité d’une "convergence sur l’importance primordiale d’une action climatique pré-2020" - sans que des propositions concrètes soient néanmoins évoquées.

- 14h14 - La minute Tête au carré / Reporterre : écouter ici :

- 14 h 00 - Comment ils travaillent Depuis 11 h 20 ce matin, les prises de parole des ministres et les représentants des groupes de pays se succèdent en salle plénière. Dans ces allocutions minutées (une sonnerie retentit au bout de 3 minutes de discours), les dirigeants réaffirment leurs priorités dans les négociations (mécanisme de révision des engagements nationaux tous les cinq ans, principe de différenciation, objectif de 1,5°C, etc.). En parallèle, depuis dimanche après-midi, les délégations travaillent sur le projet d’accord. Le texte compte 48 pages : 21 pages d’accord, une vingtaine de pages de décisions concernant la période pré-2020, et cinq pages rassemblant les propositions d’ajout des différents pays. Les négociations ont lieu au sein de quatre sous-groupes thématiques : financements, différenciation, ambition (objectif de long-terme et mécanisme de révision), et action pré-2020. Au moins une fois par jour, toutes les délégations feront le point sur les avancées au sein d’un « Comité de Paris » présidé par Laurent Fabius.

Lors d’une conférence de presse à 13 h 15, le ministre des Affaires étrangères français a souhaité qu’une « première vision d’ensemble de l’accord final » soit disponible mercredi. « Il sera nécessaire de disposer d’un texte dès jeudi », a-t-il ajouté.

- Qu’est-ce qui coince ? Pour l’instant, la principale pierre d’achoppement des négociations est le respect du principe de différenciation inscrit dans la Convention. Les pays en développement considèrent que les pays développés sont historiquement responsables du changement climatique. En conséquence, ils attendent que les pays riches les aident à faire face aux impacts du dérèglement du climat, dont ils sont les premières victimes. Ils demandent donc des garanties sur les 100 milliards annuels de dollars en 2020 promis en 2009 à Copenhague. Et veulent aussi qu’un mécanisme de « pertes et dommages », pour l’indemnisation des dégâts causés par des catastrophes climatiques, soit inscrit dans l’accord.

D’autres points font l’objet de discussions intenses :
. la mise en place d’un mécanisme de révision des engagements nationaux tous les cinq ans, et la date de la première revue (2017 pour les plus ambitieux, 2025 pour les mauvaises volontés),
. la définition d’un objectif de long terme. Les pays les plus vulnérables, parmi lesquels les petits Etats insulaires, réclament qu’une cible de réchauffement de 1,5°C soit inscrite dans l’accord. D’autres, comme l’Arabie Saoudite, s’y opposent.

- 13h30 - Le point Radio Campus-Reporterre. A écouter ici

- 12h00 - La plénière s’est ouverte en fin de matinée. Des ministres ont commencé à arriver pendant le week-end. Ils vont commencer à travailler sur le texte qui, hors annexe, fait vingt pages.

LA VIE DE LA COP

- 22h00 - Un des principaux militants du climat de la planète manque à la Cop21, le sommet climatique de l’ONU à Paris. Pourquoi ? Parce qu’il se trouve en ce moment dans une cellule de prison, sur une des îles de l’archipel des Maldives. Surnommé le Mandela de l’Océan Indien, Mohamed Nasheed se bat depuis son enfance pour la liberté et pour sauver les Maldives des conséquences du changement climatique.
Elu Président des Maldives en novembre 2008, lors des premières élections multipartites dans l’histoire du pays, ce militant avait fait tomber le dictateur qui tenait le pays depuis 30 ans. Nasheed, qui a un long passé d’opposant, aura été incarcéré plus de vingt fois. entre 1990 et 2015.
En 2009, lorsque l’association 350.org avait appelé pour la première journée mondiale d’action pour le climat, Mohamed Nasheed avait tenu un conseil des ministres sous l’eau, signant une proclamation demandant à l’ONU d’agir pour faire baisser le niveau de carbone dans l’atmosphère et sauver l’archipel de la montée du niveau de l’océan.

Il a été renversé par un retour en force de la dictature précédente en 2013, et les nouveaux dictateurs ont immédiatement abandonné les plans de la neutralité carbone des Maldives. Le 22 février 2015, Mohamed Nasheed a été arrêté pour « terrorisme », et le 13 mars 2015, il a été condamné à 13 ans de prison, au terme d’un procès qu’Amnesty International a qualifié de parodie de justice.
- Pétition pour la libération du Président Mohamed Nasheed

- 15h12 - Trois pingouins jouant du Ukulélé étaient présents, pour la COP (Conference of the Pinguin) à l’espace Génération Climat. Interpellant les passant pour leur rappeler comment « ça chauffe là-haut, et un de ces quatre, ça va vous retomber dessus aussi ! », ils sont venus représenter leurs amis les ours polaires, les manchots et les pandas, « tout ceux qui sont en danger de disparition. » « D’ailleurs, nous aussi on est en voie de disparition » confie un pingouins sur un air plus sérieux. Ces pingouins font partie de d’une troupe d’intermittents du spectacle, Pile poil Compagnie, qui travaille sur la sensibilisation au développement durable « sans prétention et sans culpabilisation. »

- 14h40 - Pékin vient d’être placée en alerte maximale "rouge" à la pollution atmosphérique ce lundi 7 décembre. C’est la première fois que le Bureau de la Protection environnementale de la ville déclenche ce niveau d’alerte, alors qu’un nouvel épisode "d’airpocalypse" est attendu dans la journée. Une série de mesures exceptionnelles seront mises en place de mardi matin à jeudi, pour limiter les dégâts sur la santé de quelque 20 millions de Pékinois : entre autres, circulation alternée pour les voitures (sauf électriques), 200 bus supplémentaires et interruption de l’activité des usines les plus polluantes.

- 11h30 - Dans la série N’importe quoi, voici la pomme COP 21...


Dimanche 6 décembre

Les bruits de l’extérieur ne parviennent pas vraiment à l’intérieur de la COP. Et il est peu probable que beaucoup de diplomates aient entendu parler du Village mondial des alternatives, qui se tenait le week-end à Montreuil, à quelques kilomètres du Bourget. Le mouvement ANV (Action non violente)-COP 21 y a notamment rappelé que chaque année dans le monde, 650 milliards de dollars sont versées en subventions aux énergies fossiles...


Samedi 5 décembre

LE POINT DE LA NEGOCIATION

- 18h57 - L’assemblée plénière applaudit "un mot plus personnel" de Laurent Fabius, président de la COP, au terme de son discours : "On ne peut pas remettre la négociation à demain, comme cela peut être le cas dans d’autres négociations, a-t-il dit. Parce que nous vivons un momentum exceptionnel en ce moment à Paris. Et parce que pendant ce temps, les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter. Nous devons réussir. Ce qui est en jeu, c’est la vie. Je mets toute l’expérience de ma vie au service de la réussite de cette négociation".

Auparavant, il avait proposé une méthode de travail pour les négociations de le semaine prochaine. Serait créée une « instance unique ouverte à tous de consultations informelles », le Comité de Paris, sera présidé par lui-même et éventuellement, s’il est empêché, par Laurence Tubiana.

Quatre sous-groupes thématiques seront également constitués :
. Un groupe sur les soutiens, moyens de mise en œuvre et financements, coprésidé par le ministre des Affaires étrangères du Gabon et le ministre de l’Environnement de l’Allemagne ;
. Un groupe sur la différenciation (atténuation, financements et transparence), coprésidé par le ministre de l’Environnement du Brésil et le ministre des Affaires étrangères de Singapour ;
. Un groupe sur l’ambition (objectif de long-terme et révision périodique des engagements) ;
. Un groupe sur l’action pré-2020 (Workstream 2 en jargon onusien).

Les réunions de ces sous-groupes commenceront « si possible » dès dimanche après-midi, a précisé M. Fabius. Leurs conclusions seront transmises au Comité de Paris, dont la première réunion aura lieu lundi après-midi et qui se réunira ensuite chaque jour, « et plus si nécessaire ».

Le Comité de Paris devra remettre l’ensemble de ses travaux le jeudi 10 décembre au soir, de sorte que l’accord de Paris puisse être adopté vendredi 11 décembre à 18 h.

- 12h40 - L’assemblée plénière de clôture "de la plate-forme de Durban", organe de la CNUCC qui a négocié pendant la première semaine, s’est ouverte à 11h45. Le texte présenté par les co-présidents a été adoptée. Il s’agit de la version de compromis des facilitateurs (dont nous avons parlé vendredi 4 décembre, voir ci-dessous). Ce texte des facilitateurs a été complété par une "reflexion note", comprenant les ajouts demandés vendredi soir par des Parties.

Laurence Tubiana, pour la France, a dit qu’"une page se tournait, avec une certaine émotion". Laurent Fabius devrait proposer vers 18 h une méthode de travail pour la deuxième semaine, quand se tiendra l’assemblée plénière de la COP. Mme Tubiana a conclu : "Il souffle un vent d’optimisme sur cette COP, espérons qu’il nous porte jusqu’à la fin".

Nozipho Mxakato-Desiko, pour le G77+Chine, a ensuite indiqué que "les résultats sont en-dessous de ce que le groupe espérait." Pour elle, "l’adaption, les finances, le transfert des technologies, les pertes et dommages, doivent faire l’objet d’une approche équilibrée et exhaustive dans l’accord. L’atténuation et l’adaptation doivent faire l’objet de la même attention".

- 11h38 - Le "brouillon de l’Accord de Paris" présenté par les "co-présidents" vient d’être publié. En avance sur l’horaire prévu. Le voici en téléchargement :

- 09h00 - On attend le nouveau texte, qui doit être publié ce samedi midi.

LA VIE DE LA COP

- 15h00 - Les médias ne font pas le lien entre changement climatique, sécurité alimentaire et migration, concluent une enquête financée par le Fonds international pour le développement de l’agriculture (IFAD) et présentée vendredi 4 décembre. Intitulée "Alimentation, migrations et changement climatique : une histoire non-dite" , elle a été menée en septembre dernier sur huit grands médias britanniques et français : BBC, Channel 4, TF1, The Guardian, Daily Mail, Le Monde, Libération et France 2. "La recherche montre clairement que les médias analysés ne font pas le lien entre le changement climatique et de nombreuses autres histoires qui dominent les agendas médiatiques au même moment. En fait, le changement climatique n’a jamais atteint la première page des nouvelles sorties que nous avons regardées."

- 13h28 - Laurence Tubiana, ambassadrice chargée des négociations pour la France, se déplace en véhicule électrique à travers les halls immenses de la COP. Il y a quinze jours, elle a été opérée d’une appendicite en Afrique du sud.

- 10h40 - Un bon portrait de Nozipho Mxakato-Desiko, la présidente du groupe G77+Chine. Elle sera un des piliers de la négociation globale, comme l’avait repérée notre indispensable trombinoscope des acteurs de la négociation, à télécharger ici :

- 10h30 - James Hansen, un des chercheurs états-uniens qui a le plus contribué à lancer l’alerte sur le changement climatique, prend position pour l’énergie nucléaire. "Nous devons utiliser tout ce qui est à notre disposition [contre le dérèglement climatique], et il est clair que l’énergie nucléaire, spécialement la prochaine génération de centrales nucléaires, a un potentiel énorme pour être une grosse partie de la solution", a-t-il déclaré dans un événement parallèle promouvant le nucléaire. Le débat est un des fils souterrains de la COP 21. Le 30 novembre, le chancelier autrichien, Werner Faymann, avait pris position fermement : "L’énergie nucléaire n’est pas un chemin pour lutter contre le changement climatique" (voir sa video en anglais ici).

- 10h00 - L’Arabie saoudite a remporté hier soir le "Fossil Award" qui désigne tous les jours le pays gênant le plus l’avancée des négociations.
- voir la vidéo, en anglais :


Vendredi 4 décembre

LE POINT DE LA NEGOCIATION

- 17h00 - Ca se bagarre entre délégations, ce vendredi après-midi sur le site du Bourget. Réunis depuis 15 h en assemblée, les délégués des 195 Etats ont pour mission d’avancer un maximum sur le projet d’accord de Paris. Le texte devra être remis samedi 5 décembre à midi au président de la COP21 Laurent Fabius. Il sera ensuite transmis aux ministres, qui devront se mettre d’accord sur les derniers points litigieux avant vendredi 11 décembre au soir. Deux textes, publiés ce vendredi à 10 h, sont en discussion (à télécharger ci-dessous) . Le premier, long de 46 pages, compile le travail réalisé en réunions par les délégués. Le second, comptant 38 pages, a été rédigé par les co-présidents de la COP 21 Ahmed Djoghlaf (Algérie) et Daniel Reifsnyder (Etats-Unis) et par les facilitateurs, des fonctionnaires chargés d’aider les négociateurs à discuter. Cette conciliation a été saluée ce matin par Sven Harmeling, de l’ONG Care, lors d’une conférence de presse. « Avec cette proposition de rapprochement, les facilitateurs nous amènent au-delà du point où l’expression ’no text’ [qui exclut une idée du projet d’accord, NDLR] serait une option. » Mais pour Kelly Dent, d’Oxfam, « il n’y a pas encore eu assez de changements pour que les pays en développement soient assurés qu’ils disposeront du soutien financier dont ils ont besoin pour s’adapter au changement climatique ».

Des délégués suivent la réunion du groupe devant la salle Rhône

En cette fin d’après-midi, les discussions sur ce texte des facilitateurs sont âpres entre les délégués du groupe de contact, rapportent quelques observateurs sur Twitter (au hashtag #ADP2). « Le G77 soulève quelques problèmes dans le texte de propositions des facilitateurs. Les pays les moins avancés disent qu’il ne reflète pas les discussions sur le mécanisme de pertes et dommages », tweete Megan Rowling, journaliste à la Fondation Thompson Reuters. Excédé, le Brésil se serait même exclamé que « les crochets sont comme des molécules de carbone, ils polluent notre accord », retient Jennifer Unelius, de la délégation suédoise.

Pour Samuel Leré, chargé de projet COP 21 à la Fondation Nicolas Hulot, c’est clair : « Déjà plus d’une heure et la première lecture du texte est toujours bloqués à l’article 2. La journée est loin d’être finie... »

- 14h14 - La minute Tête au carré / Reporterre : écouter ici :

- 13h30 - "Le compte n’y est pas encore", dit Laurent Fabius, président de la COP, en conférence de presse.

Laurent Fabius en conférence de presse le 4 décembre : « Le compte n’y est pas »

- 10h30 - Une nouvelle mouture du texte de négociation a été rendue publique ce vendredi matin. Il compile les résultats des travaux d’hier, et ne fait plus "que" 46 pages.

- Télécharger le document :

Un deuxième document a été publié, qui regroupe les propositions de compromis des facilitateurs et des coprésidents des négociations. Ce travail a été réalisé à la demande du G77 + Chine, qui regroupe les pays en développement. "C’est peut-être un peu baroque, mais cela peut être bonne solution pour les les parties puissent dépasser leurs formulations initiales", juge Matthieu Orphelin, de la Fondation Nicolas Hulot, dans la conférence de presse qu’il a tenu ce matin.

- Télécharger le document :

LA VIE DE LA COP

- 11h08 - Des hackers de Anonymous ont fait fuiter les détails de connexions privées de près de 1.415 fonctionnaires de la COP 21, a révélé The Guardian. Ils ont piraté le site des organisateurs du sommet, la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC), et posté des noms, des numéros de téléphone, des noms d’utilisateur, des adresses mail et des questions/réponses secrètes sur un site de publication anonyme. Anonymous a revendiqué cette attaque comme un acte de protestation contre l’arrestation de manifestants pour le climat à Paris. Les fonctionnaires dont les données ont fuité viennent d’un éventail de pays incluant le Royaume-Uni, la Suisse, le Pérou, la France, et les Etats-Unis.

Dans les couloirs de la COP

- 10h00 - Dans la série "qu’est-ce qu’on se marre à la COP", les espiègleries des réunions du "groupe de contact" (destinées à faire le bilan des avancées de la journée). Jeudi soir vers 19 h 30, un facilitateur (en jargon onusien, sorte d’animateur de négociations) a proposé de remplacer les acronymes trop compliqués du texte par des smileys Emoji. Il portait par ailleurs une très belle cravate, illustrée de petits éléphants rouges. Qui a dit que les négociateurs étaient d’austères créatures ?


Jeudi 3 décembre

La négociation : la finance au coeur du débat

- 15h30 : Les pays en développement tapent du poing sur la table. Et ce qui se passait depuis deux jours dans les salles éparses de négociations a été posée nettement en conférence de presse cet après-midi par Nozipho Mxakato-Diseko, représentante du groupe G77 + Chine. « Nous avons besoin de garanties que les engagements en matières de financements seront respectés », a martelé l’ambassadrice sud-africaine.

L’avertissement de Nozipho Mxakato-Diseko : la question du financement « menace l’issue des négociations ici, à Paris »

Elle fustige la volonté « d’un groupe de pays » qui, selon elle, prétend qu’il est impossible de négocier sur les questions de financement, sans modifier la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). « La finance est quelque chose qui peut, qui doit être négocié, a-t-elle insisté. Essayer d’amender la Convention est une approche inutile et crée une ambiance malsaine dans les négociations. »

Autre point de crispation, les tentatives de certaines parties d’inscrire des critères économiques pour l’obtention d’aides financières. « Toute tentative de remplacer cette obligation fondamentale des pays développés d’apporter un soutien financier aux pays en développement par un certain nombre de critères économiques définis arbitrairement est une violation des règles de base des processus internationaux et menace l’issue des négociations, ici à Paris », a-t-elle averti, dans un texte de position rendu public mercredi soir.

- Télécharger le texte du G77+China (en anglais) :

Le G77 + Chine rassemble 134 pays pauvres et émergents, particulièrement impactés par les changements climatiques. Lors de la conférence de Copenhague, en 2009, les pays développés leur avaient promis d’augmenter leurs aides pour arriver à 100 milliards de dollars par an en 2020. Montant qui doit être réévalué après 2020, réclament le G77 + Chine.

- 14h14 - La minute Tête au carré / Reporterre : écouter ici :

- 08h00 : La nouvelle version du texte de négociation est publiée. Le voici en PDF

La vie de la COP

- 17h00 : Au sortir d’un point presse "off", après avoir erré un quart d’heure dans un immense hall occupé par les pavillons des différents pays, on tombe sur notre amie espagnole Sarah Acosta, qui anime Balena Blanca, un média espagnol sur l’environnement. L’occasion de l’interroger : "En France, on parle beauocup de la COP 21. Et en Espagne, les gens s’y intéressent-ils ?

Réponse à écouter ici, en une minute :

Sarah Acosta : « Avec les élections, les Espagnols ont oublié la COP 21 »

- 15h00 - Wikileaks a publié plusieurs documents relatifs aux négociations secrètes pour le Trade in services agreement (Tisa), qui se veut le pendant du traité commercial transatlantique (Tafta). Ces documents concernent l’énergie et les transports, négociés à l’automne 2014, et montre la volonté de lever les barrières réglementaires et environnementales dans les services de l’énergie, en foulant du pied la souveraineté des Etats. (Source : Mediapart]).

- 11h00 : Dans la file d’attente pour l’espace Générations Climat, je rencontre Petrovic Nara, Slovène, observateur pour l’association Ecolise : sans doute une des seules personnes de la COP à marcher pieds nus !

« Anatomiquement, les pieds sont nus. Vous ne portez pas de gants, mais vos mains sont habituées à être plus froides. Eh bien mes pieds ne sont pas chauds, mais je suis habitué. Les extrémités sont censées être plus froides que le reste du corps. Des études scientifiques ont mesuré la température de pieds portant des chaussures à 39,5°C - c’est beaucoup trop. Vous créez une situation qui n’est pas naturelle. En plus, marcher pieds nus permet à la peau de se développer.

C’est aussi un choix culturel. Notre culture viole notre anatomie. Je ne suis pas d’accord avec ça. Quand les gens disent "oh regarde, il est pieds nus !", j’ai envie de lui répondre "et toi, tu portes des chaussures et tu ne sais même pas pourquoi, simplement parce que les autres le font !" A une personne qui ne voulait pas me laisser entrer pieds nus au Parlement européen de Strasbourg, pour mon association, j’ai répondu qu’elle était raciste, parce qu’elle me jugeait sur mon apparence. »

Emilie Massemin, de Reporterre, sans doute une des rares journalistes à se rendre à la COP en vélo

- 09h30. Equipée d’un casque et d’un gilet fluo, je décide de rejoindre le Bourget à la force du mollet. Mauvaise surprise à l’arrivée : il n’y a même pas de vrai parking pour les deux-roues, seulement trois barrières reléguées le plus loin possible de l’entrée du site, à peine surveillé. J’ai l’impression qu’on doit être une dizaine tout au plus sur 40 000 personnes à venir en mode de transport vraiment « doux »... Pendant ce temps, Ségolène Royal se fait mousser sur Twitter en promouvant à fond la voiture électrique, dans le cadre du Plan d’action Lima-Paris. Révélateur !

Et ce n’est pas tout... L’indemnité kilométrique vélo, mécanisme pour inciter les salariés à se rendre au travail à bicyclette, fera finalement l’objet d’une exonération d’impôt et de cotisations plafonnée à 200 euros par an et par salarié, prévoit un amendement gouvernemental au projet de budget rectificatif 2015 voté mardi soir à l’Assemblée. Le biclou n’a décidément pas la cote auprès du gouvernement !


Mercredi 2 décembre

La négociation

- Plus de 500 institutions du monde entier renoncent à leurs investissements carbonés

C’est le sujet de La minute Tête au carré / Reporterre : écouter ici :


Mardi 1 décembre

La négociation

- La minute Tête au carré / Reporterre : écouter ici :

Tous les jours, en partenariat avec La Tête au carré, sur France inter.

. Les chefs d’Etat ont lancé lundi 30 novembre la COP




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Lire aussi : Le KIT de survie COP 21 au complet

Source : Camille Martin pour Reporterre, avec en première ligne Emilie Massemin, assistée de Hervé Kempf, Maëlle Ausias, et Elisabeth Schneiter.

Photos :
. Cars de CRS sur le quai : © Barnabé Binctin/Reporterre
. journalistes péruviens : Emilie Massemin/Reporterre
. entrée dans plénière : Elise d’Epenoux
. tribune au Champ de Mars : Alternatiba
. Geneviève Azam au Champ de Mars : © Véronique Kempf/Reporterre
. décryptage frénétique : Stéphane Foucart
. chaines humaines se forment : ANV-COP21
. ligne rouge : Pascoe Sabido
. dessin et COP 21 : @ElyxYak
. dessin Forêt : © Tommy Desssine/Reporterre
. Annonce matinale de M. Fabius : compte twitter @CNUCCC, https://twitter.com/CCNUCC/status/675298095626903552
. Ligne rouge : © Emilie Massemin/Reporterre
. Indaba : Citizens of heaven
. plénière du 10 décembre : https://twitter.com/COP21/status/674609285310103552
. Dean Bialek : Flickr
. vélos : © Emilie Massemin/Reportere
. action BNP-Paribas : compte twitter ANV-COP21
. Génération climat : Maëlle Ausias
- Armée US : Wkipedia
- fresque : © Maëlle Ausias/Reporterre
- Mohammed Nasheed : Global Britannica
. Laurence Tubiana : tweet de Christiana Figueres
. Nozipho Mxakato-Diseko : © Hervé Kempf/Reporterre
. Sarah Acosta : © Emilie Massemin/Reporterre
. Petrovic Nara : © Emilie Massemin/Reporterre



Documents disponibles

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