123
Média indépendant à but non lucratif, en accès libre, sans pub, financé par les dons de ses lectrices et lecteurs

En brefClimat : de COP en COP

COP30 : les plans climatiques des États sont très loin de respecter l’Accord de Paris

Les plans de réduction d'émissions de gaz à effet de serre soumis par les États à l'ONU sont toujours largement insuffisants... et la majorité des pays sont en retard pour les fournir.

Un nouveau signal d’alarme retentissant pour la planète. Le 28 octobre est tombé le rapport de synthèse des contributions déterminées au niveau national (CDN). En d’autres termes, l’analyse des plans d’action de chaque pays pour lutter contre la crise climatique à horizon 2035.

D’après l’ONU, ces nouvelles feuilles de route conduiraient à des réductions d’émissions de gaz à effet de serre de 11 à 24 % d’ici dix ans, par rapport à 2019. C’est mieux que les précédentes… mais toujours très loin de l’objectif de baisse de 60 % des émissions, annoncé lors de la COP28 à Dubaï en 2023.

« Les gouvernements continuent de faire la sourde oreille, déplore Jasper Inventor, directeur adjoint à Greenpeace International. La COP30 doit être le moment où le monde se réveille et agit avant que la maison ne s’écroule. »

Retard général

Malheureusement, ce n’est pas gagné. Ce rapport de synthèse s’appuie uniquement sur les 64 nouveaux plans soumis par des États représentant un total de 30 % des émissions mondiales. Impossible dès lors d’en tirer de réelles conclusions. Il faudra pour cela attendre que les retardataires finissent leurs devoirs.

La date butoir pour restituer ces feuilles de route avait pourtant été déplacée de février à fin septembre pour leur accorder plus de temps. Seulement, à quelques jours de la COP30, les plus gros émetteurs du G20 demeurent aux abonnés absents.

Même l’Union européenne manque encore à l’appel pour la révision de ses objectifs climatiques. « Ce retard est lié, entre autres, à la position française, pourtant garante de l’accord de Paris, déclare Lorelei Limousin, de Greenpeace France. Alors que les canicules, inondations et sécheresses ont coûté 43 milliards d’euros à l’Europe cet été, les propositions actuellement sur la table restent insuffisantes. »

legende