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Le bruit n’est pas une raison de faire un aéroport à Notre Dame des Landes, montre une étude scientifique

Durée de lecture : 3 minutes

26 septembre 2013 / Cedepa

Les opposants au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes ont publié jeudi 26 septembre une étude réalisée par un cabinet d’ingénierie sur les plans d’exposition au bruit. Cette étude conclut que le bruit des avions de l’aéroport actuel de Nantes Atlantique n’est pas une raison valable de créer un nouvel aéroport.


Le CéDpa (Collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport) a décidé de mettre sur la place publique les résultats de l’étude de calcul de Plans d’exposition au bruit sur Nantes-Atlantique (PEB) qu’il a fait réaliser par un cabinet spécialisé européen indépendant, Adecs/ Airinfra.

Etude Adecs/Airinfra, "Plans d’exposition au bruit prévisionnels pour Nantes Atlantique horizons 2022 et 2032"

Le résultat est sans équivoque : l’argument du bruit qui deviendrait insupportable et empêcherait l’urbanisation sur Nantes est un mensonge.

Les PEB (plans d’exposition au bruit) calculés à dix et à vingt ans (2022 et de 2032) couvrent une superficie moindre que le PEB en vigueur aujourd’hui. L’Ile de Nantes et la Zac des Iles à Rezé restent en dehors de la zone C du PEB, celle qui empêche de construire des nouveaux logements. En effet, il faudrait entre 160 000 et 230 000 mouvements d’avions (14 à 19 millions de passagers… contre 3,6 aujourd’hui) pour que cette zone C atteigne l’Ile de Nantes.

Ce résultat remet en cause le seuil de 56 000 mouvements présenté dans l’enquête d’utilité publique de 2006 comme celui à ne pas dépasser par rapport à la construction sur l’Ile de Nantes. Il remet en cause aussi l’argument « urbanistique » repris à l’envi ces derniers mois par les tenants du transfert. Pour accueillir davantage d’habitants, l’agglomération n’a pas besoin de déménager son aéroport !

Pour 2032, l’étude utilise la prévision d’AGO-Vinci : 6 millions de passagers, soit 65 000 mouvements commerciaux (et 75 000 au total). On aura davantage de mouvements d’avions qu’aujourd’hui (48 000) mais des avions moins bruyants. Pour ne pas être accusé d’optimisme, le cabinet d’étude a aussi fait les calculs en gardant les mêmes types d’avions qu’en 2012 : les PEB restent inférieurs à celui en vigueur actuellement.

Indirectement, cette étude démontre à quel point le PEB en vigueur depuis 2003 sur Nantes Atlantique est totalement surestimé : il a été basé sur 110 000 mouvements et a pris en compte des avions déjà anciens pour l’époque, donc bruyants. Les chiffres 2013 montrent d’ailleurs cette tendance : sur les 8 premiers mois de l’année, on constate une augmentation de 9,13% des passagers mais une baisse de 1,44% des mouvements.

Les conclusions de cette étude sont tout à fait en phase avec les conclusions relatives au maintien de l’aéroport de Toulouse : des avions plus gros, mais moins bruyants et mieux remplis ; moins de mouvements que prévu. A Toulouse, le Préfet conclut à l’inutilité d’un déplacement ; à Nantes, on conclut à l’inverse. Comprenne qui pourra …

La commission du dialogue avait souhaité une étude complémentaire sur le PEB Le ministre des Transports a réaffirmé son attachement à une totale transparence. Nous attendons désormais sereinement la confrontation de l étude Adecs/Airinfra avec celle de la DGAC (Direction générale de l’aviation civile qui a curieusement présenté à Bruxelles un P.E.B couvrant une grande partie de l’agglomération…



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Source et image : Courriel du CédPa à Reporterre

Image : Zone de bruit autour de l’aéroport de Nantes Atlantique en 2032, dans l’hypothèse d’une flotte modernisée, de 85 000 mouvements annuels et d’une zone C à 55 dB (source étude Adecs).

Consulter par ailleurs : Dossier Notre Dame des Landes



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