Le plombier à bicyclette n’était pas polonais

9 décembre 2013 / Olivier Razemon



Un plombier qui travaille à vélo. Ben oui… Ce qui est extraordinaire, c’est qu’on s’en étonne.


« Vous prendrez un café ? » « Elles sont un peu ternes, les décorations de Noël, cette année, vous ne trouvez pas ? » Quand le plombier débarque, qu’il vienne réparer en urgence une chasse d’eau ou effectuer le contrôle annuel de la chaudière, on se trouve souvent en panne de conversation. On parle alors robinetterie, usure des joints, fraîcheur de la saison, et puis la circulation, tous ces ennuis pour se garer. Dans son for intérieur, le particulier se demande surtout combien va lui coûter la visite du professionnel. Et le plombier espère terminer rapidement, parce que, c’est pas tout ça, mais il y a d’autres clients à livrer.

Sacoches et caisse. Victor Garby, plombier à Dijon, est, moins que d’autres, confronté à ces silences gênés et à ces bouts de conversation forcée. « On me parle de mon vélo ! », sourit-il. Cela fait trois ans que le plombier sillonne la capitale bourguignonne sur son triporteur. Les outils, chalumeau, analyseur de combustion, perceuse, etc., répartis dans des sacoches et dans une caisse située à l’avant de son véhicule, il rend visite à environ 5 clients par jour.

« Bien sûr, on me demande souvent comment je fais pour transporter tout ce qui est nécessaire à la réparation des divers modèles de chaudière », témoigne-t-il. La question ne se pose pas en ces termes, selon lui. « Il est impossible de disposer, sur un vélo, des principales pièces de rechange d’un parc de chaudière. Mais on ne peut pas non plus les stocker toutes dans une camionnette ! » M. Garby transporte de quoi effectuer une visite de routine, ce qui suffit dans la majorité des cas. Et il prend rendez-vous lorsqu’il doit effectuer des travaux plus importants.

« Filtre à particules ». Personne ne semble se plaindre de ses services. « Le bouche-à-oreille fonctionne bien », sourit le jeune homme. Véligaz, c’est le nom de son entreprise, est désormais installée à Mâcon, où officie un autre technicien. Mais pourquoi avoir choisi de se déplacer à vélo ? « Parce que c’est écolo », répond immédiatement M. Garby. La bicyclette comme talisman écologiste, n’est-ce pas un peu tarte à la crème comme explication ? « Non. J’ai vécu à Paris et sur mon vélo j’avais l’impression d’être un filtre à particules ». A Dijon, heureusement, on respire mieux. Et puis, « le vélo, c’est plus rapide que la voiture ; je ne perds pas de temps dans les bouchons et je n’ai jamais de PV », témoigne-t-il.

Image. Bien sûr, il faut adapter sa tenue aux changements de saison. Tee-shirt floqué aux couleurs de Véligaz en été, parka en hiver, et puis des gants si les rigueurs hivernales menacent. Le plombier est aussi un peu militant : « J’ai envie de changer l’image du vélo, toujours associé à la balade à la campagne, alors qu’il rend plein de services en ville », assure M. Garby.

Une belle comm’. Le plombier dijonnais affirme faire des émules. « Je connais un électricien qui songe à utiliser un vélo pour ses dépannages », dit-il. A Toulouse ou à Nantes, le plombier cycliste existe déjà et pose fièrement sur sa monture. Les artisans qui se déplacent en pédalant y trouvent plusieurs avantages : pas besoin d’acquérir ni d’entretenir une fourgonnette, dépenses de carburant inexistantes, frais d’assurance réduits, possibilité d’accéder sans autorisation préalable à la zone piétonne. Et puis, il y a la comm’. « Ca permet de se démarquer », assure M. Garby. C’est d’ailleurs aussi l’un des arguments avancés, le plus simplement du monde, par un autre plombier cycliste, cette fois à Nantes, dans une vidéo.





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Source et photos : Blog d’Olivier Ramezon.

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