Les constructeurs automobiles reconnaissent que l’auto électrique n’est ni « propre » ni « écologique »

Durée de lecture : 4 minutes

13 septembre 2013 / Observatoire du nucléaire



Non, la voiture électrique n’est pas « propre » ni « écologique ». Renault, Citroën, Bollore, Nissan et Opel ont reconnu qu’ils ne pouvaient employer ces adjectifs et rectifient leurs publicités mensongères.


L’Observatoire du nucléaire a remporté, vendredi 6 septembre 2013, une victoire fracassante sur la désinformation opérée par les industriels de la voiture électrique… et nucléaire.

En effet, convoqués par le Jury de déontologie publicitaire sur saisine de l’Observatoire du nucléaire, les industriels Renault, Citroën, Bollore, Opel et Nissan ont reconnu leurs torts avant même l’audience et ont immédiatement rectifié leurs publicités :

Renault : « La mention du caractère écologique du véhicule électrique ZOE sans aucune relativisation est, en effet, contraire aux engagements que nous avons pris (…) en signant la charte pour une communication responsable. Nous avons en conséquence apporté les modifications nécessaires, dès réception de votre courrier… » (la lettre de Renault).

Citroën : « Cette page (…) intègre effectivement des termes contraires à la SNDD (stratégie nationale du développement durable) (…) J’ai donc fait procéder immédiatement à la correction de cette page dès réception de votre courrier. » (La lettre de Citroën).

Opel - General motors : « La communication sur l’Opel Ampera à laquelle vous vous référez (…) est en effet inexacte et maladroite aussi, à réception de votre courrier, nous l’avons immédiatement corrigée » : (La lettre de General Motors).

Bollore fait pour sa part preuve d’une réelle mauvaise foi en tentant de justifier ses allégations concernant le caractère prétendu « propre » de sa Bluecar, mais finit quand même par revenir à la raison : « Néanmoins, afin de ne pas créer de confusion dans l’esprit du consommateur, nous consentons à retirer le mot »propre« de notre publicité » : LIEN

Nissan, muette dans un premier temps, a finalement répondu aux interpellation sur Twitter et rectifié sa publicité consacrée au modèle électrique Leaf qui affirmait de façon sidérante que ce véhicule « n’a AUCUN impact sur l’environnement » (cf la preuve en cache). Aujourd’hui, la page en question prétend « seulement » que la Leaf « n’a aucune émission polluante (à l’utilisation) », ce qui est moins grave mais reste contestable (cf plus bas).

L’Observatoire du nucléaire rappelle donc qu’un véhicule, électrique ou non, n’est JAMAIS « propre » ou « écologique », et ce pour quatre raisons principales :

- la construction de tout véhicule nécessite des matières premières et de l’énergie dont l’extraction et la production ont inévitablement des impacts sur l’environnement.

- Tout véhicule motorisé utilise des pièces et éléments extrêmement polluants, en particulier les pneus et les batteries.

- Tout véhicule représente une certaine quantité de déchets lorsqu’il arrive en fin de vie.

- Enfin, l’énergie utilisée pour faire fonctionner un moteur est toujours cause de pollution.

Ce dernier point est bien connu lorsqu’il s’agit d’un véhicule thermique utilisant un carburant issu du pétrole ou du gaz, mais c’est aussi le cas pour un véhicule fonctionnant à l’électricité, par exemple lorsque cette dernière est produite par des centrales nucléaires car celles-ci occasionnent d’importants rejets radioactifs et chimiques dans leur environnement et produisent des déchets radioactifs qui vont rester dangereux pendant des millénaires.

L’industrie de l’atome est d’ailleurs responsable de nombreuses autres pollutions tout au long de sa chaine, de la mine d’uranium au stockage des déchets radioactifs. Il est de fait dérisoire de prétendre, comme c’est trop souvent le cas, que c’est en France que les véhicules électriques sont « les plus propres » du fait que l’électricité y est à 75% d’origine nucléaire.

D’autre part, c’est avec mauvaise foi que des constructeurs communiquent sur le fait que les voitures électriques n’occasionnent aucun rejet « en fonctionnement », ou « à l’utilisation » : ces rejets ont en effet eu lieu au préalable lors de la production de l’électricité : la voiture électrique ne fait finalement que déplacer la pollution dans le temps et dans l’espace, mais elle ne la réduit absolument pas.

La collusion entre les industriels de l’automobile et ceux de l’atome se concrétise par ailleurs autour du projet de compteur « intelligent » Linky, véritable cheval de Troie qui doit être installé massivement en France chez les citoyens pour leur faire consommer plus d’électricité, pour installer un parc de voiture électriques rechargées par les centrales nucléaires, mais aussi pour recueillir sur la population d’innombrables informations qui seront utilisées à des fins commerciales puis policières. L’Observatoire du nucléaire reviendra sous peu sur ce dossier crucial.

Rappelons enfin que, sous peine de disparaître, l’Observatoire du nucléaire est obligé de remporter une nouvelle victoire contre un géant de l’industrie et du mensonge, la multinationale Areva, lors du procès qui aura lieu le 20 décembre 2013 au Tribunal de grande instance de Paris.

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Source : Observatoire du nucléaire

Image : Nucléaire non merci

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