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Climat

Les émissions de gaz carbonique des 20 pays du G20 ont augmenté de 1,8 % en 2018

Les vingt pays les plus avancées économiquement tardent à contenir leurs émissions de CO2. Elles « augmentent dans tous les secteurs », s’alarme le Climate Transparency, un collectif de centres de recherche et de réflexion sur le climat associé à la Banque Mondiale, dans un rapport publié lundi 11 novembre.

Pas moins de 80 % du CO2 renvoyé chaque année dans l’atmosphère sont imputables aux pays du G20. Leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), celles que déclenchent ces fuites massives de carbone, doivent impérativement diminuer de 45 % en 2030 (par rapport aux niveaux de 2010), rappelle le rapport.

Alors qu’ils doivent commencer à se stabiliser, les rejets de carbone dus à l’énergie ont augmenté de 1,8 % l’an dernier, indiquent le rapport Brown to Green Report 2019. La raison ? Croissance économique oblige, la production de ces matières premières fossiles que sont le gaz, le pétrole et le charbon, est repartie à la hausse dans neuf pays du G20 : Australie, Canada, Chine, Inde, Indonésie, Russie, Afrique du sud, Corée du sud, Etats-Unis.

Le « mixe » des pays du G20 est encore constitué à 82 % de combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon). C’est encore très loin des 67 % à atteindre en 2030 (puis 33 % en 2050). « L’Indonésie et la Turquie brûlent plus de charbon que jamais pour produire de l’électricité », s’alarme, notamment, l’étude en invitant ces deux pays, ainsi que l’Afrique du Sud, à cesser de construire de nouvelles centrales. En revanche, les volumes de CO2 rejetés par la France, le Brésil et le Royaume-Uni pour produire de l’électricité « ont considérablement diminué en 2018 ».

La situation dans les transports n’est guère meilleure avec une hausse des émissions de 1,2 %. Les Etats-Unis, le Canada et l’Australie, qui rejettent vingt-quatre fois plus de CO2 par habitant que l’Inde, ne lèvent pas le pied.

Dans cet état des lieux du CO2, c’est l’industrie et le logement qui inquiètent le plus. Deux secteurs considérés comme « extrêmement problématiques » avec des rejets en hausse de 3,1 % pour le premier et de 4,1 % pour le second. Les Etats-Unis, l’Australie et l’Arabie Saoudite, en tête pour le CO2 émis par habitant dans les bâtiments, « manquent d’ambition » pour le réduire et n’ont pas de stratégie pour développer des immeubles très peu émissifs. Idem pour l’industrie où aucun Etat n’a de plan à long terme pour en réduire les émissions de 75 % à 90 % en 2050 par rapport à leur niveau de 2010.

Quant aux subventions des Etats du G20 aux fossiles, elles se sont élevées l’an dernier à plus de 127 milliards de dollars. Seulement neuf pays les ont réduites.

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