Les garages alternatifs se développent

Durée de lecture : 2 minutes

10 juin 2013 / Alexandra Chanjou (La Rep.fr)

En libre-service, associatif ou à domicile, de nouveaux garages proposent de réduire le coût des réparations auto.


L’entretien de la voiture étant l’un des postes de dépense les plus importants, les consommateurs se tournent de plus en plus vers de nouveaux types de garages qui permettent d’alléger leur facture.

Deux à trois fois moins cher que la moyenne

À Ingré (Loiret), le premier et le seul garage en libre-service du département, Auto self garage 45, a ouvert ses portes en octobre 2011. Pour 14,90 € de l’heure ou 80 € la journée, Monsieur et Madame Tout-le-monde peuvent y effectuer vidanges, changement de pneus et autres travaux simples mais coûteux quand ils sont confiés à un professionnel.

« Il y a des retraités du métier qui veulent continuer à bricoler leur voiture, mais aussi des jeunes qui viennent entre copains. Et même des filles… Ce qu’ils veulent, c’est avoir le plaisir de bricoler leur véhicule eux-mêmes, mais aussi payer deux à trois fois moins cher en mettant les mains dans le cambouis », affirme Sylvain Pierre, 26 ans, co-gérant du lieu.

Sofiane Attou, 31 ans, est de ceux-là. Francilien, il a profité de congés pour venir changer un joint de cache-culbuteur, « qui fuit un peu », et faire une vidange. Avec son cousin, titulaire d’un BEP en mécanique. « Ça devrait me prendre 2 à 3 heures. J’ai accès au pont élévateur et à tous les outils nécessaires : clé Torx, bac à huile… J’ai fait faire un devis : entre les pièces et la main-d’oeuvre, ça m’aurait coûté entre 150 et 200 € dans un garage traditionnel ». C’est la cinquième fois qu’il vient ici.

« Rien qu’en les écoutant, je sais s’ils travaillent correctement ou pas. Je leur donne des conseils s’ils en ont besoin. Je contrôle. Et je fais ce qu’ils ne peuvent pas faire », précise Sylvain Pierre.

Le libre-service, dit « Self garage », représente environ 30 % de son chiffre d’affaires, à côté de son activité de garage classique.

Autre alternative : les mécaniciens à domicile. Pas de local, pas de salariés, donc peu de charges et des prix serrés. Yoan Laborde, 22 ans, auto-entrepreneur répertorié à la Chambre des métiers, propose ses services pour 35 à 40 € de l’heure à Saint-Jean-de-Braye (Loiret) et ses alentours depuis deux ans. La SARL Hatt concept, qui intervient régulièrement dans l’agglo, se targue, quant à elle, d’avoir une main-d’oeuvre « moins chère qu’un garage et jusqu’à trois fois moins chère que chez un concessionnaire », avec un forfait vidange à partir de 70 € toutefois.

Un garage social

Pour les moins fortunés, il existe même un garage social à Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret). Créé en 2012 par la régie de quartier associative Respire, ce chantier d’insertion pratique des prix très compétitifs (27 € l’heure de main-d’’uvre) pour les personnes dont le revenu est inférieur ou égal au Smic (ou à un Smic et demi pour un couple). Et qui sont adressées par un organisme prescripteur, comme Pôle emploi, un Centre communal d’action sociale ou une association caritative. Cent cinquante voitures y ont été réparées l’an dernier.



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Source et photo : La Rep.fr

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