Les sables bitumineux accélèrent le changement climatique

Durée de lecture : 2 minutes

8 octobre 2009 / Greenpeace

L’exploitation des sables bitumineux pour en tirer du pétrole est une activité extrêmement polluante. Une campagne est menée en Alberta (Canada) pour en demander l’arrêt.


Après plus de 24 heures de blocage d’une usine du Groupe Shell à Fort Saskatchewan dans l’Alberta, les 13 militants de Greenpeace qui occupaient encore le site ont été délogés et arrêtés par la police ce dimanche 4 octobre à 5 heures du matin (heure locale). Greenpeace enchaîne depuis 3 semaines les actions pour dénoncer la scandaleuse exploitation des sables bitumineux dans l’Alberta au Canada. Des militants venus de France, du Brésil, du Québec ou d’Australie ont successivement occupé et bloqué deux mines à ciel ouvert exploitant les sables bitumineux avant cette usine Shell.

Les sables bitumineux, c’est un bitume très visqueux, mélangé à du schiste et du sable à partir duquel –à l’issu d’un processus long et complexe- on extrait du pétrole.

Les sables bitumineux : un crime climatique et environnemental absolu

« Les sables bitumineux, c’est la façon la plus sale et la plus chère d’extraire et de produire du pétrole, explique Yannick Rousselet, chargé de campagne Energie chez Greenpeace France. La production d’un baril de pétrole à partir de ces sables émet 3 à 5 fois plus qu’un baril de pétrole conventionnel. L’exploitation de ce pétrole nécessite un gaspillage ahurissant d’énergie (gaz, électricité, carburant, etc.) et d’eau. C’est un véritable crime contre le climat dans lequel investissent de nombreux groupes pétroliers !" tempête Yannick Rousselet.

En Alberta, l’exploitation des sables bitumineux a déjà dévasté plus de 3000 km² de forêt boréale, créé d’immenses lacs de déchets miniers, pollué de nombreuses rivières, etc.

A dix semaines de Copenhague : un crime qui compromet tout effort des Etats

Dans dix semaines, les chefs d’Etat du monde entier se retrouveront à Copenhague pour tenter de trouver un accord pour lutter contre les changements climatiques et donner une suite au protocole de Kyoto. « Comment lutter efficacement contre les changements climatiques si l’on laisse des groupes pétroliers, des Etats, et des intérêts économiques divers investir dans une telle catastrophe environnementale et climatique, s’interroge Yannick Rousselet. Tout accord pris Copenhague serait sapé si les investissements et les projets de développement des sables bitumineux au Canada et dans le monde se poursuivent. Alors qu’on nous parle sans relâche de « moralisation » du capitalisme, il faut aussi que les chefs d’Etats se positionnent contre les pratiques irresponsables des intérêts économiques privés », conclut Yannick Rousselet.



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : http://public.adequatesystems.com/p...

Info : http://www.greenpeace.org/france/ca...

Lire aussi : Le secteur pétrolier reçoit 400 millions d’euros de subventions http://www.reporterre.net/spip.php?...

1er avril 2020
Confinés à quai, les marins ne vont plus au large
Reportage
2 avril 2020
Désinfecter les villes ? Destructeur pour les milieux aquatiques
Info
1er avril 2020
En Tunisie, le crabe « Daech », une espèce invasive, bouleverse le quotidien des pêcheurs
Reportage




Du même auteur       Greenpeace