Journal indépendant, en accès libre pour tous, sans publicité ni actionnaire, financé par les dons de ses lecteurs
Recevoir la lettre d'info

Pesticides

Malgré une hausse des ventes de glyphosate, Bayer-Monsanto durcit le ton

Entre 2009 et 2018, les ventes d’insecticides ont été multipliées par 3,5, celles des fongicides ont progressé de 41 %, tandis que celles des herbicides ont augmenté de 23 %. Ces données sont issues d’une étude publiée en mai 2020 par le Commissariat général au développement durable, rattaché au ministère de la Transition écologique.

Entre 2016 et 2018, vingt départements ont totalisé plus de la moitié de la quantité de pesticides achetée : la Gironde arrive en tête, suivie de la Marne, du Pas-de-Calais, de la Somme et du Gard.

Cette explosion des ventes de pesticides révèle l’échec cuisant du plan Écophyto lancé en 2008, qui vise une réduction de l’utilisation des pesticides. Toujours selon cette étude, près d’un quart des substances achetées sont particulièrement préoccupantes pour la santé humaine.

C’est le cas du glyphosate, dont la France a annoncé vouloir se passer d’ici à 2022. Les achats de cette substance herbicide ont augmenté de 25 % sur dix ans. Elle demeure ainsi l’herbicide le plus vendu au niveau national. Sa consommation en France a même augmenté entre 2017 et 2018, passant de 8.800 tonnes à 9.700 tonnes.

Malgré tout, pas question pour Bayer-Monsanto — qui commercialise le Roundup, le plus répandu des herbicides à base de glyphosate — de changer son fusil d’épaule. C’est même plutôt l’inverse. Lors de son Assemblée générale virtuelle, le 28 avril dernier, le géant pharmaceutique et agrochimique a annoncé durcir le ton face aux plaintes dont il fait l’objet à ce sujet. De février à avril 2020, le nombre de personnes ayant déposé une plainte contre Bayer concernant l’utilisation du Roundup a encore augmenté, passant de 48.600 à 52.500 plaignants. Le risque financier lié à ses plaintes est évalué entre 10 et 15 milliards d’euros. 

En raison du « contexte d’une récession imminente et compte tenu, en partie, des défis considérables en matière de liquidités (…) L’entreprise n’envisagera un accord [Jusqu’à présent, le groupe avait lancé des pourparlers afin de régler les affaires] que s’il est financièrement raisonnable et met en place un mécanisme permettant de résoudre efficacement les éventuelles réclamations futures », a prévenu Werner Baumann, le directeur-général. Les actionnaires du groupe allemand ont voté à plus de 92 % pour la stratégie de la direction. 

  • Photo : application de pesticides dans un champ en Turquie, Wikipedia

Recevoir gratuitement par e-mail les lettres d’info

Inscrivez-vous en moins d'une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’inscrire
Fermer Précedent Suivant

legende