Cancer colorectal chez les jeunes : un pesticide identifié comme facteur de risque
Épandage de pesticides (illustration). - © Louisa T. / Reporterre
Épandage de pesticides (illustration). - © Louisa T. / Reporterre
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L’exposition au piclorame, un pesticide inconnu du grand public et loin des radars des autorités sanitaires, a été identifié par une équipe de chercheurs espagnols comme l’un des facteurs de risque des cancers colorectaux précoces, dont le nombre s’envole. Ces résultats, repérés par Le Monde, ont été publiés fin avril dans la revue scientifique Nature Medicine.
Les chercheurs sont parvenus à isoler le piclorame comme facteur de risque en comparant des tumeurs prélevées sur des personnes de moins de 50 ans à d’autres prélevées sur des gens de plus de 70 ans, a expliqué Jose A. Seoane, de l’Institut d’oncologie Vall d’Hebron, aux journalistes du Monde. Les chercheurs ont ensuite examiné les « signatures épigénétiques » laissées par l’exposition à différents facteurs de risque (tabac, alimentation, alcool, pollution atmosphérique, pesticides…) sur les tissus tumoraux.
La France : 9e pays le plus touché par le cancer colorectal précoce
Le piclorame est apparu comme un marqueur distinctif des tumeurs précoces. Cette association a été confirmée par les chercheurs grâce à des données relatives à l’usage de différents pesticides — dont le piclorame — aux États-Unis entre 1992 et 2012, croisées avec l’incidence locale des cancers colorectaux précoces. Cet herbicide — dont moins de 10 tonnes sont écoulées chaque année en France — a été autorisé au milieu des années 1960. Les moins de 50 ans y ont été exposés (via l’alimentation) dès l’enfance. L’exposition précoce peut jouer sur la « susceptibilité » de certains organes au cancer à l’âge adulte, selon les chercheurs.
Dans le Journal of the National Cancer Institute, une autre étude récente estime que les personnes nées dans les années 1990 en Angleterre, aux États-Unis, en Australie et au Canada ont un risque de cancer colorectal précoce plus de quatre fois supérieur à celles nées dans les années 1960. La France n’est pas épargnée par ce fléau : elle est le neuvième pays le plus touché par le cancer colorectal précoce.