Nos amies les bactéries, sans qui rien ne serait

Durée de lecture : 2 minutes

26 novembre 2016 / Christine Laurent (Reporterre)

Dans un seul gramme de sol vivant, les bactéries sont près d’un milliard, appartenant à des milliers d’espèces. La vie s’est développée sur Terre grâce à elles, et leur rôle reste primordial dans le grand cycle de la nature.

Nous avons eu une journée exceptionnelle au jardin sans pétrole, une fraîcheur adoucie par les apparitions du soleil, mais surtout une humidité de la terre idéale pour remettre en état les buttes de culture. Celles-ci ne sont que de légères surélévations façonnées par l’ajout de terre riche en humus des allées. Au bout d’une saison de culture, les allées ont tendance à s’élargir au détriment des espaces cultivés. Or ceux-ci ont été dessinés avec l’idée d’avoir au moins 80 cm de large, largeur en deçà de laquelle la biodiversité du sol est moins favorisée. C’est une largeur pratique pour l’accès manuel aux cultures.
 
Avec un simple croc, on a décompacté la terre superficielle dans les passages et d’un coup de râteau, on l’a remontée sur les planches qui retrouvent ainsi leur largeur originelle. C’est idéal de pouvoir le faire maintenant avant le repos hivernal de la végétation, avant de sortir les couettes 100 % feuilles mortes.

On se demande évidemment s’il y aura assez de bactéries pour digérer toute cette biomasse. Le sol vivant fonctionne-t-il comme l’intestin avec des problèmes quand les bonnes bactéries viennent à manquer ? Est-ce la raison pour laquelle le phosphore manque ? Est-il possible qu’il soit présent sous nos pieds sans être disponible pour les plantes ? Autant de questions qui nous taraudent et auxquelles l’observation du sol à l’œil nu n’apporte pas de réponse.

Dans un gramme de sol vivant, on compte un milliard de bactéries, et des milliers d’espèces, dont la plupart sont encore inconnues. Elles forment des communautés, dont chacune a des missions différentes dans la remise à disposition des nutriments de la plante. Il y a celles qui s’occupent du carbone, de l’azote, qui produisent des hormones de croissance pour le développement des racines…

Celle qui permet de libérer davantage de phosphore organique se nomme Bacillus amyloliquefaciens. Il y a aussi Bacillus megaterium qui intervient dans le cycle du phosphore… Ce monde de l’infiniment petit, ces bactéries à l’origine de la vie sur Terre, à partir desquelles elle s’est petit à petit organisée pour se diversifier dans ses formes et se complexifier, sont celles par qui les plantes sont arrivées. N’en doutons pas, elles sauront utiliser au mieux les feuilles d’automne.



Lire aussi : La nature, cette extraordinaire machine à recycler

Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre sauf :
. chapô : Image microscopique d’un pied de plante colonisé par Bacillus amyloliquefaciens. © Nordreet UG

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