Nouveau : un circuit touristique pour visiter le développement durable

Durée de lecture : 3 minutes

14 juin 2014 / Lorène Lavocat (Reporterre)



Depuis janvier, douze circuits touristiques ont vu le jour en Nord-Pas-de-Calais. Ils permettent aux visiteurs de découvrir des expériences locales exemplaires d’un point de vue environnemental. Reporterre est monté dans un des bus du DD Tour.


Le DD Tour (prononcé dédé) n’est pas une promenade sur les plages du débarquement pour commémorer le D-day, ni un manège du parc Disney dédié à Donald Duck. Non, il s’agit d’un circuit à la découverte d’initiatives de développement durable, en Nord-Pas-de-Calais.

« La région a toujours été précurseur en matière d’environnement, sans doute parce que nous sommes un territoire industriel qui a connu très tôt des problèmes de pollution », explique Julie Nicolas. Elle travaille pour le Centre de ressources du développement durable (Cerdd), un groupement d’intérêt public cofinancé par l’État, l’Ademe et la Région Nord-Pas-de-Calais, à l’origine du DD Tour.

« Le DD est perçu comme un concept, et les réalisations concrètes sont insuffisamment mises en valeur pour convaincre les acteurs locaux de s’y mettre », précise-t-elle. Depuis janvier 2014, douze parcours d’une demi-journée sont proposés, à destination des collectivités, des entreprises, ou des formations. « Nous avons voulu montré la globalité du DD », poursuit-elle. Et il y en a pour tous les goûts !

Certains préféreront le circuit n°1, « Le développement durable, créateur de valeur ajoutée pour les entreprises » pour rencontrer des chefs d’entreprises engagés pour l’environnement. D’autres opteront pour le circuit n°11, « Parcours d’un déchet ménager exemplaire », avec la visite du Centre de valorisation organique de Sequedin.

Nous avons participé au circuit n°8, « De la gestion différenciée des espaces verts... à la ville en transition », à Grande-Synthe. « C’est le parcours le plus demandé », précise Julie Nicolas. Trois heures montre en main pour « découvrir les villes en transition en version française ! ».

- Visite du verger pédagogique de Grande-Synthe -

Une cinquantaine de personnes, dont des journalistes, des élus et des techniciens municipaux, participent à l’opération. Le bus nous trimbale de jardin partagé en écoquartier. En bon touriste durable, chacun prend des photos des autochtones en train de biner leur parcelle de potager. Une visite au pas de course, mais qui permet de « découvrir des expériences qui fonctionnent ».

« Nous voulons généraliser le développement durable en Nord-Pas-de-Calais, en montrant que de nombreuses initiatives existent, dit Julie Nicolas. Il s’agit de débloquer les dernières résistances au changement. »

Pour compléter ces tours, le Cerdd forme des ambassadeurs, chargés de sensibiliser aux thématiques environnementales. Tout est gratuit et fonctionne sur le volontariat, même si le centre cherche un modèle économique plus pérenne.

« Nous voulons développer le tourisme professionnel, pour qu’il y ait plus de retombées économiques pour les structures qui accueillent les visites. » A quand la boule-à-neige souvenir avec une éolienne miniature ?

- Logo du DD Tour -

Pour le moment, le Cerdd vise avant tout les collectivités et les entreprises, qui ont « un pouvoir décisionnaire ». « Les maires ont besoin de voir des exemples qui marchent », témoigne Damien Carême, maire de Grande-Synthe. Car l’objectif principal reste d’« essaimer les bonnes pratiques ».

Le centre espère d’ailleurs mettre sur pied des circuits multilingues d’ici à décembre 2015, pour le proposer aux délégations étrangères lors de la Conférence Paris Climat (Cop 21).

18 visites sont d’ores et déjà programmées cette année. L’initiative, inédite en France, semble promise à un bel avenir. Le Ministère du budget a recommandé en 2013 le développement de structures comme le Cerdd dans toute la France.


Pour plus d’informations ou pour vous inscrire, téléchargez le document : http://www.cerdd.org/IMG/pdf/catalogue-ddtour.pdf


Note :

Cet article a été réalisé suite à un voyage presse à Grande-Synthe, financé par le Cerdd.





Source et photos : Lorène Lavocat pour Reporterre

. Photo chapô : Ecoquartier à Grande-Synthe

Lire aussi : Sur les terres de l’abstention et du FN, un maire résiste par l’écologie


Cet article a été rédigé par une journaliste professionnelle et a entrainé des frais. Merci de soutenir Reporterre :

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