Nouvel incident grave à la centrale du Tricastin, EDF ne dit rien

Durée de lecture : 2 minutes

11 octobre 2013 / Coordination Anti-nucléaire Sud-Est

Trois salariés de la centrale nucléaire du Tricastin ont été touchés lundi 7 octobre par des liquides radioactifs lors de l’explosion d’un système de pompe hydraulique. EDF ne livre aucune information, dénonce le groupe antinucléaire local.


Aucune information de la direction d’Electricité de France (EDF) n’a filtré jusqu’à présent mais on peut supposer que c’est lors d’opérations de pompage de tritium que l’accident s’est produit. En effet depuis le mois de juillet une fuite de tritium est en cours dans cette centrale sans que EDF puisse en préciser l’origine. Le CAN84 a demandé le 25 septembre dernier à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de prononcer sans attendre la mise à l’arrêt de la centrale et des quatre réacteurs.

Une suppression d’air dans une canalisation, qui avait été pourtant vidangée, a propulsé un reste de ballast liquide contaminé radioactif. Ce liquide contaminé radioactif - dont la direction ne précise pas la teneur (certainement du tritium radioactif qui fuit depuis le mois de juillet) - a été projeté et s’est répandu sur les vêtements des salariés. L’un d’eux été hospitalisé et tous ont été pris en charge par un service spécialisé en radioprotection pour y suivre une décontamination. On ne connait pas à cette heure-ci la gravité sanitaire et environnementale de ce nouvel accident à la centrale du Tricastin, l’une des principales poubelles nucléaires qui accumulent depuis des années incident sur incident, contamination sur contamination, et dont les réacteurs vétustes présentent aussi des fissures.

Après la constatation de la fuite, EDF avait une semaine pour en indiquer l’origine et y remédier. Aucune information n’est venue informer la population malgré l’exigence de l’ASN. Depuis cette date EDF rejette en urgence dans le canal du Rhône les masses d’eau contaminées emplissant les enceintes géotechniques (radier) sous les réacteurs 2 et 3. Si l’eau rejetée était elle-même contaminée il se pourrait que d’autres radio-contaminants encore plus dangereux soient déversés dans le canal.

Les directions tant d’EDF et d’Areva, véritable état dans l’état, n’appliquent toujours pas depuis plus d’un an les dispositions post-Fukushima, ce qui a conduit l’ASN à prendre à l’encontre des exploitant plusieurs mises en demeures demeurées à ce jour lettre morte.

Une nouvelle fois le Collectif citoyen antinucléaire de Vaucluse (CAN84) demande à l’ASN la mise à l’arrêt de la centrale nucléaire EDF du Tricastin et de tout le site où, la semaine dernière encore, un autre accident nucléaire s’est produit chez Areva-Eurodif. Accident qui a entraîné la suspension officielle par l’ASN des opérations de récupération de l’UF6 (uranium enrichi) initiées dans le cadre du pré-démantèlement de l’usine d’enrichissement d’uranium.



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Source : Coordination Anti-nucléaire Sud-Est

Photo d’un incident antérieur, en 2011, au Tricastin : Paper blog

Lire aussi : Greenpeace pénètre dans la centrale nucléaire du Tricastin, une des plus dangereuses de France

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