Nucléaire : l’usine de recyclage de La Hague prolongée jusqu’à 2100
- Rémi Rufer / CC BY 2.0 Deed / Flickr
- Rémi Rufer / CC BY 2.0 Deed / Flickr
Durée de lecture : 2 minutes
En déplacement sur site de l’usine Orano de La Hague (Manche), jeudi 7 mars, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, et le ministre de l’Industrie, Roland Lescure, ont confirmé la poursuite de la stratégie de retraitement des combustibles nucléaire usés au-delà de 2040 et « jusqu’au moins 2100 ».
Concrètement, cela doit se traduire par la prolongation de la durée de vie de l’usine de retraitement de La Hague et de l’usine de fabrication de Mox Melox. Les ministres ont d’ailleurs annoncé le lancement d’études pour la construction d’une nouvelle usine de retraitement sur le site de La Hague « d’ici à 2045-2050 ».
Le ministre de l’Économie a également prévu le lancement d’études pour la construction d’une nouvelle usine de fabrication de combustible Mox sur le site de La Hague. « Cela fait déjà deux ans qu’Orano a annoncé la mise en place de travaux pour prolonger l’usine [Melox] de Marcoule. Nous souhaitons relancer le nucléaire de manière extrêmement ambitieuse. Des études vont être faites pour conclure à l’intérêt ou pas d’avoir une deuxième usine », a expliqué Bruno Le Maire à la presse. L’intérêt de l’installer à La Hague plutôt qu’à Marcoule serait de créer « une espèce de hub du recyclage et du retraitement des combustibles nucléaire ».
Une facture qui risque d’être salée
D’après le cabinet de Bruno Le Maire, une usine de réenrichissement de l’uranium issu du retraitement « fait partie des sujets sur la table ». Depuis 2021, une partie de l’uranium issu du retraitement à La Hague est envoyé en Russie, seul pays à disposer d’une installation capable de le réenrichir. Un partenariat embarrassant dans le contexte actuel de guerre en Ukraine.
En revanche, aucun montant des investissements n’a été donné. « Tous ces éléments de chiffrage sont en cours. Nous ne sommes pas au bout des études sur les modalités de financement, sur le partage des coûts », a justifié Bruno Le Maire. Le sujet est évidemment ultrasensible, tant le montant de la facture s’annonce faramineux. Le chiffre de 27 milliards d’euros circule. « Certains parlent même de 40 milliards », rapporte La Presse de La Manche dans son édition du 7 mars. Et le risque de dérapage des coûts est dans tous les esprits, alors que l’estimation du prix des six nouveaux EPR2 a bondi de 30 %, passant de 51,7 milliards d’euros à 67,4 milliards d’euros.