Avec la canicule moins de nucléaire, mais plus de gaz
La centrale électrique de Martigues fonctionne grâce au gaz naturel. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/Hilader
La centrale électrique de Martigues fonctionne grâce au gaz naturel. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/Hilader
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La canicule continue de perturber le parc nucléaire. Après avoir arrêté la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne), EDF a réduit la puissance du réacteur n°2 de Nogent-sur-Seine (Aube) depuis le mardi 23 juin et doit faire de même pour le réacteur n°3 du Bugey (Ain) à compter du mercredi 24 juin, afin de respecter les limites de température des cours d’eau. Des restrictions pourraient aussi concerner les centrales du Blayais (Gironde) ce mercredi et de Saint-Alban (Isère) à partir de jeudi.
Au total, la baisse de production atteint 2,2 GW, soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires, ou 3,5 % de la puissance installée en France. « La perte ne remet pas en cause l’équilibre offre-demande sur le périmètre France », a précisé EDF.
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En parallèle, la vague de chaleur a accru le recours aux centrales à gaz. Selon RTE, la part du gaz dans le mix électrique est passée de 1 % le 14 juin, avant le début de la canicule, à 5 % le 18 juin. À la même date en 2025, elle n’était que de 2 % à 20 heures. Cette hausse s’explique notamment par l’utilisation de la climatisation, qui fait grimper la consommation d’électricité le matin et en soirée. Les centrales à gaz prennent alors le relais lorsque la production solaire diminue.
Paradoxalement, ce rallumage contribue aux émissions de gaz à effet de serre, qui alimentent le changement climatique et favorisent des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses. Selon le Giec, une centrale à gaz à cycle combiné émet environ 490 gCO₂e/kWh sur l’ensemble de son cycle de vie, contre 820 gCO₂e/kWh pour le charbon et 12 gCO₂e/kWh pour le nucléaire ou l’éolien. En France, la combustion de gaz naturel a représenté environ 13 % des émissions de gaz à effet de serre en 2023.
RTE se veut toutefois rassurant : « En ce qui concerne les besoins d’électricité liés à la climatisation et plus largement la vague de chaleur, sur la base des éléments connus à date, il n’existe pas d’inquiétude en matière de disponibilité de l’offre en électricité pour l’été à venir. » Le gestionnaire du réseau rappelle également que l’impact de la climatisation reste limité : « Pour chaque degré en plus, la consommation augmente de l’ordre de 700 MW à 1 GW, soit environ trois fois moins que l’impact d’un degré en moins l’hiver. »