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En brefÉnergie

Avec la canicule moins de nucléaire, mais plus de gaz

La centrale électrique de Martigues fonctionne grâce au gaz naturel.

La canicule continue de perturber le parc nucléaire. Après avoir arrêté la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne), EDF a réduit la puissance du réacteur n°2 de Nogent-sur-Seine (Aube) depuis le mardi 23 juin et doit faire de même pour le réacteur n°3 du Bugey (Ain) à compter du mercredi 24 juin, afin de respecter les limites de température des cours d’eau. Des restrictions pourraient aussi concerner les centrales du Blayais (Gironde) ce mercredi et de Saint-Alban (Isère) à partir de jeudi.

Au total, la baisse de production atteint 2,2 GW, soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires, ou 3,5 % de la puissance installée en France. « La perte ne remet pas en cause l’équilibre offre-demande sur le périmètre France », a précisé EDF.

Lire aussi : Clim’ en pleine canicule : la production électrique sur le gril

En parallèle, la vague de chaleur a accru le recours aux centrales à gaz. Selon RTE, la part du gaz dans le mix électrique est passée de 1 % le 14 juin, avant le début de la canicule, à 5 % le 18 juin. À la même date en 2025, elle n’était que de 2 % à 20 heures. Cette hausse s’explique notamment par l’utilisation de la climatisation, qui fait grimper la consommation d’électricité le matin et en soirée. Les centrales à gaz prennent alors le relais lorsque la production solaire diminue.

Paradoxalement, ce rallumage contribue aux émissions de gaz à effet de serre, qui alimentent le changement climatique et favorisent des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses. Selon le Giec, une centrale à gaz à cycle combiné émet environ 490 gCO₂e/kWh sur l’ensemble de son cycle de vie, contre 820 gCO₂e/kWh pour le charbon et 12 gCO₂e/kWh pour le nucléaire ou l’éolien. En France, la combustion de gaz naturel a représenté environ 13 % des émissions de gaz à effet de serre en 2023.

RTE se veut toutefois rassurant : « En ce qui concerne les besoins d’électricité liés à la climatisation et plus largement la vague de chaleur, sur la base des éléments connus à date, il n’existe pas d’inquiétude en matière de disponibilité de l’offre en électricité pour l’été à venir. » Le gestionnaire du réseau rappelle également que l’impact de la climatisation reste limité : « Pour chaque degré en plus, la consommation augmente de l’ordre de 700 MW à 1 GW, soit environ trois fois moins que l’impact d’un degré en moins l’hiver. »

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