Typhon Haiyan : dans Ormoc, ville dévastée

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12 novembre 2013 / Anne Lamotte (France Info)



Quatre jours après le passage du typhon Haiyan, qui aurait fait plus de 10.000 victimes aux Philippines selon un bilan encore provisoire, la ville d’Ormoc, dans la province de Leyte, offre un paysage de désolation. Anne Lamotte, envoyée spéciale de France Info sur place, décrit une ville dévastée, où les gens ont peur.


Des maisons sans toit, des pylônes, des arbres de travers, d’énormes bouts de tôle froissés, déchirés, pris dans des fils électriques... A une centaine de kilomètres de Tacloban, l’une des villes les plus touchées par le typhon Hayian, Ormoc, près de 200.000 habitants avant la catastrophe, est une ville dévastée.

Manque d’eau et de nourriture

Quatre jours après que les vents ont tout balayé sur leur passage, il n’y a toujours pas d’électricité. Mais ici, les gens manquent surtout de nourriture. Croisée sur le bord de la route, Yelinda, dont le toit de la maison a été emporté, raconte : « C’est vraiment très dur, surtout quand on a des enfants en bas âges. On nous a donné de quoi manger seulement hier, deux kilos de riz et quatre conserves. On a peur ».

Les habitants ont tout perdu. L’essence aussi devient rare, les files d’attente devant les stations service en témoignent. « Et quand c’est votre tour, on vous donne deux litres d’essence seulement », témoigne une autre mère de famille. Dans cette ville, où la quasi-totalité des commerces sont détruits, les pillages sont fréquents. « C’est l’instinct de survie », poursuit-elle.

Pour trouver de la nourriture et de l’eau potable, nombreux sont ceux qui prennent le ferry pour aller s’approvisionner sur l’île d’en face, à Cebu. Mais ce système D ne pourra pas suffire, assure une habitante.

L’accès aux soins réduit au minimum

L’accès aux soins est aussi problématique. Sur les cinq hôpitaux de la ville, l’un est complètement détruit et les autres, débordés, ne prennent plus que les urgences. Les blessés légers, eux, n’ont nulle part où aller. « Ils demandent des compresses pour leurs plaies ou des vaccins pour le tétanos par exemple », explique Ruben. Il est l’un des responsables de la Croix Rouge sur place. « On voudrait bien les aider, mais on n’en a pas les moyens », poursuit-t-il.

La Croix-Rouge compte une vingtaine de morts à Ormoc mais ne recence pas les blessés. Yelinda a peur : « Qu’est-ce qu’on va devenir dans les prochains jours ? On ne sait pas ce qui va se passer ». Comme beaucoup d’autres habitants, elle espère qu’on viendra les secourir.





Source et photo : France Info.

Carte : Google Map.

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