Une ZAD voit le jour au milieu des champs près d’Agen

Durée de lecture : 2 minutes

16 décembre 2014 / Emmanuel Daniel (Reporterre)

Une nouvelle ZAD vient d’éclore à dix kilomètres d’Agen. Une soixantaine de personnes se sont réunies samedi sur les terres d’un agriculteur en lutte contre un projet de zone industrielle lié à la LGV Bordeaux-Toulouse. Une vingtaine d’habitations et près de six-cents hectares de terres risquent de disparaître sous le béton.


- Sainte-Colombe-en-Bruilhois (Lot-et-Garonne), reportage

On retrouve ici les mêmes causes qui ont présidé à la création des ZAD (zones à défendre) de Notre-Dame-des-Landes, du Testet ou encore de Roybon : bétonnage de terres agricoles, gabegie de fonds publics, présomption de conflits d’intérêts, surdité des pouvoirs publics face à la contestation des riverains.

Le projet ? Une zone industrielle le long de l’éventuel tracé de la LGV Bordeaux-Toulouse, accompagnée de nombreuses infrastructures dont une gare TGV. Alors que d’autres zones partiellement inoccupées existent tout autour d’Agen, et que le projet de ligne, économiquement aberrant, est vivement contesté.

Après avoir tenté des recours légaux depuis 2010 via le collectif Très Grande Vigilance du Bruilhois et de l’Agenais, Joseph Bonotto, dont les terres sont directement menacées, a décidé de changer de braquet. Avec le soutien de l’association Filières paysannes, il a lancé un appel, relayé par Reporterre, à occuper ses terres et à les cultiver collectivement afin de dynamiser une lutte qu’il portait presque seul jusque là.

- Joseph Bonotto -

Dès le début de matinée samedi 13 décembre, des riverains et des personnes venues d’autres zones de lutte ont commencé à affluer. Sur un champ de maïs fraîchement récolté, la construction d’un tipi a démarré. Après une conférence de presse, et un repas partagé, une assemblée s’est réunie pour réfléchir à l’organisation du lieu, les rapports aux médias mais aussi se mettre d’accord sur les piliers idéologiques partagés par les différentes composantes du mouvement.

« C’est le meilleur départ de ZAD que j’ai connu », lance un zadiste aguerri, avec un sourire roublard.


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Source et photos : Emmanuel Daniel pour Reporterre

Lire aussi : Appel d’un paysan d’Agen pour empêcher la destruction de 600 hectares de terres agricoles


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