A Marseille, L’Equitable Café fait vivre... un café différent

Durée de lecture : 3 minutes

3 mai 2013 / Faïssoili Abdou (L’Age de Faire)


Un café où infusent les idées : géré par des bénévoles, c’est à la fois un bar, une épicerie, une salle de réunion et de spectacle, une bibliothèque et un joyeux foutoir… Reportage à L’Equitable Café, à Marseille.

Un reportage de Faïssoili Abdou à lire dans le numéro de mai du journal.

C’est vendredi et le printemps est là. Il est 15h40. L’Equitable Café, ce bar associatif situé à quelques pas du métro « Notre Dame du Mont », dans le 6e arrondissement de Marseille, a ouvert il y a tout juste une demi-heure. A l’entrée, un gros carton marqué « aide aux réfugiés syriens » est bourré de vêtements. Au-dessus, des étagères sont occupées par une pile de journaux traitant d’écologie, de citoyenneté, de résistances et d’alternatives sociales. Sur un autre mur est installée la bibliothèque.

Une dizaine de personnes sont à l’intérieur. « Il n’y aura pas autant de monde que d’habitude. Comme il fait beau, certains préfèrent se promener » soulignent Tiphaine et Marie, deux responsables de l’association Envisages, qui gère le lieu.

Pendant que Vincent, de permanence au bar, s’occupe des clients, un homme assis dans un coin de la salle joue de la guitare : c’est Gabriel Lueur, un habitué du lieu. « Je viens ici tous les après-midi pour m’évader », sourit-il. Un autre homme, assis non loin de là, a posé une petite radiocassette sur sa table. Il le met de temps en temps en marche, provoquant les plaintes des autres usagers qui lui demandent de baisser le volume. « Ici c’est un joyeux foutoir » lance Gabriel, tout en continuant de gratter sa guitare et de chantonner.

UN LIEU MILITANT « CACHÉ »

Le cours Julien, où l’Equitable Café s’est installé il y a trois ans et demi, est connu pour sa créativité qui attire les artistes, les musiciens, les rebelles et les « bobos » de la cité phocéenne. On y trouve des bijouteries, des restaurants, des espaces proposant des produits bio, une salle de concert… « C’est l’endroit où on sort », fait remarquer Marie. Stratégique, le lieu donne une grande visibilité aux activités de l’association.

"Avant on avait un public qui se cantonnait plus à des gens avertis, très militants. Depuis qu’on est dans un grand lieu, on est devenu grand public, explique-t-elle.
Un lieu militant affiché ne permet pas de diversifier le public, alors qu’avec un lieu militant « caché » sous un café, il y a beaucoup plus de personnes qui passent la porte."

A l’origine de l’association Envisages, trois « amis, paysans, cuisineurs », qui ont utilisé le café-bar comme tribune pour véhiculer leurs idées. « Ils faisaient des buffets itinérants sur des festivals alternatifs, puis ils ont eu l’opportunité de reprendre un petit café qui s’appelait Equitable Café, sur une trentaine de mètres carrés. Tout en continuant les buffets, ils ont développé un petit bar associatif où il y avait une épicerie de produits locaux et du commerce équitable », raconte Marie. « De fil en aiguille, c’est devenu un espace ressource », poursuit Tiphaine. « Les activités itinérantes ont été abandonnées. »



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Source et photo : L’Age de Faire

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