A Paris, une manifestation devant la FNSEA en soutien à la Zad du Testet

Durée de lecture : 3 minutes

3 mars 2015 / Baptiste Giraud (Reporterre)

Lundi soir, une cinquantaine de personnes sont venues exprimer leur soutien aux zadistes du Testet aux abords du siège de la FNSEA. Le syndicat agricole présidé par Xavier Beulin encourage les provocations contre les zadistes.

- Paris, reportage

Alors que la situation s’est tendue ce weekend autour de la Zad de Sivens, des « membres du collectif francilien de soutien à Notre-Dame-des-Landes et des ami-e-s et soutiens de la lutte au Testet » appelaient à un rassemblement lundi 2 mars à 18h30 devant le siège de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), rue de la Baume, à Paris.

Le rassemblement n’ayant pas été déposé en préfecture, les forces de l’ordre étaient présentes afin d’éviter le « risque de manifestation », selon les mots d’un agent. À 18 h 30, des policiers étaient présents à chaque extrémité de la rue afin de filtrer les passages et ne laissaient passer que les riverains.

Mais vers 19 h, un regroupement d’une cinquantaine de personnes s’était constitué du côté de l’avenue Percier. D’abord pris au dépourvu, les manifestants ont finalement commencé à donner de la voix : « La police protège la FNSEA », « FNSEA - milice », entendait-on.

"Les pro-barrages agissent avec la bénédiction de la FNSEA"

« Ceux qui bravent la loi c’est la FNSEA, pas nous ! Ils n’ont pas le droit de bloquer la route. C’est eux qu’il faut coffrer » expliquait un manifestant, en référence aux récents évènements de Sivens (lien). « La police défend la malbouffe, et nous on est obligé de consommer béton et agro-industrie productiviste » déplorait un autre. « Mais les policiers aussi ont besoin d’une bonne alimentation. On veut vivre avec eux dans un monde meilleur. L’ennemi c’est pas nous, c’est eux [la FNSEA] ! » concluait un troisième.

Joël, membre du collectif francilien de soutien aux Zad, justifiait ainsi le rassemblement : « Les zadistes ont un sentiment de solitude. Ils nous disent qu’ils sont littéralement assiégés et ont du mal à avoir de la nourriture. Là-bas, ils sont trop peu nombreux pour mettre en place un rapport de force. C’est pour cela qu’on a décidé de venir ici et de montrer à la FNSEA qu’on n’est pas d’accord avec ce qui se passe. »

En effet, l’appel à manifester rappelait que « les pro-barrage agissent avec la bénédiction de la direction départementale de la FNSEA et la complicité des gendarmes ». De plus, il évoquait l’urgence à « soutenir les ami-e-s qui se sentent bien isolé-e-s dans la lutte sur place et appellent à l’aide depuis maintenant deux semaines dans un silence assourdissant ».

« La FNSEA encourage les pratiques d’intimidation et de destruction de biens à Sivens. Ils sont dans le coup de force, pas dans le débat. Et puis il y a une complicité évidente entre les agriculteurs de la FNSEA et la police. Alors plus on est nombreux ici plus on peut dire à la FNSEA qu’elle ne peut pas tout se permettre », expliquait encore Joël.

Bloquant pendant plusieurs minutes la circulation de l’avenue Percier, les manifestants étaient bientôt confrontés aux sorties des forces de l’ordre destinées à les repousser. Après quelques mouvements de ligne des policiers auxquels répondaient ceux des manifestants, les derniers présents se dispersaient autour de 20h.


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une petite faveur à vous demander. Dans une période où les questions environnementales sont sous-représentées dans les médias malgré leur importance, Reporterre contribue à faire émerger ces sujets auprès du grand public. Le journal, sans propriétaire ni actionnaire, est géré par une association à but non lucratif. Nous sommes ainsi totalement indépendants. Personne ne dicte notre opinion. Cela nous permet de couvrir des évènements et thèmes délaissés par les autres médias, de donner une voix à ceux qui ne sont pas audibles, et de questionner les puissants en les mettant face à leurs responsabilités.

Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés. Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et nous laissons tous nos articles en libre accès. Vous comprenez sans doute pourquoi nous avons besoin de demander votre aide. Reporterre emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produit quotidiennement des informations, enquêtes et reportages. Nous le faisons car nous pensons que notre vision, celle de la préservation de l’environnement comme sujet majeur de société, compte — cette vision est peut-être aussi la vôtre.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Lire aussi : Une nuit sur la Zad du Testet

Source et photo : Baptiste Giraud pour Reporterre

DOSSIER    Grands Projets inutiles Sivens

THEMATIQUE    Luttes
26 juillet 2019
Contre le G7, les altermondialistes organisent un sommet « démocratique et ouvert »
Info
29 juillet 2019
L’été, au loin
La vie de Reporterre
8 août 2019
Comment se passer de l’avion ?
Tribune


Dans les mêmes dossiers       Grands Projets inutiles Sivens



Sur les mêmes thèmes       Luttes





Du même auteur       Baptiste Giraud (Reporterre)