Algues vertes : la baie de Morlaix menacée, alerte une association
Des algues vertes dans la baie de Saint-Brieuc, en Bretagne. - Flickr/CC BY-NC-SA 2.0/Denis Brothier
Des algues vertes dans la baie de Saint-Brieuc, en Bretagne. - Flickr/CC BY-NC-SA 2.0/Denis Brothier
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La baie de Morlaix est-elle dévastée par les algues vertes ? C’est en tous cas ce qu’affirme l’association Force 5 dans un bulletin daté du 4 octobre. L’association de défense des victimes des marées vertes assure avoir effectué une dizaine de sondages aux bords des rives de Locquénolé, juste au nord de Morlaix (Finistère) et au cœur de la baie. Résultat : « Aucunes autres traces de vie, seulement de mort : coquillages vides qui émergent çà et là, dispersés ou en tas. En l’absence de nourriture, les échassiers ont fui les lieux. »
La couleur noire des sédiments sur place ainsi que la forte odeur d’œuf pourri sont deux indices qui font soupçonner à l’association une responsabilité des algues vertes dans cette situation. Force 5 a également réalisé une série de mesures confirmant une forte teneur de l’air en hydrogène sulfuré, un gaz très toxique produit par les algues vertes en putréfaction. Sa présence a été détectée à Locquénolé mais aussi au Frout, à Carantec, « tendant à démontrer que c’est l’ensemble de la baie qui est touchée », écrit l’association.
La présence de ces algues vertes, dont la prolifération est liée à l’agriculture intensive, est d’autant plus probable que les ostréiculteurs de la baie de Morlaix en ont énormément souffert cette année.
Force 5 dit avoir mesuré de l’hydrogène sulfuré à un taux de 160 parties par million (ppm) à moins de 25 mètres d’habitations, et des pics à près de 200 ppm. Un taux qui peut, dès dix minutes d’exposition, entraîner « vertiges, céphalées, conjonctivite, photophobie, douleur thoracique » chez l’adulte, et peut être mortel pour la faune qui ne peut s’y soustraire, alerte encore l’association, dans un e-mail adressé à l’Agence régionale de santé (ARS) Bretagne, également communiqué à plusieurs médias, dont Reporterre. Elle lui demande d’alerter la population et les élus des communes de la région sur les risques encourus et de saisir les préfets pour que des mesures soient prises en amont contre les algues vertes. Le 9 octobre, l’ARS n’avait pas réagi ni répondu à nos sollicitations sur le sujet.