Chronique du jardin sans pétrole - Du grand bonheur de nommer les fleurs

Durée de lecture : 3 minutes

28 mars 2015 / Christine Laurent (Reporterre)

Avec le printemps, les fleurs font leur triomphale apparition. Dans les bois, on croise jonquilles sauvages, violettes ou anémones.

Nous arrivons du RER les sacoches remplies de tout ce qu’il faut pour être en autonomie le week-end, contents d’échapper un peu au pic de pollution. Quelle galère tout de même avec l’ascenseur à nouveau en panne à la gare d’Austerlitz !

Le printemps s’installe enfin. A Paris, les jonquilles sont en fleurs partout depuis déjà deux semaines, mais au jardin, elles ne fleurissent que maintenant, donnant avec la floraison de la véronique, le signal du réveil de notre jardin. Dans le brouhaha des piaillements d’oiseaux, je distingue le rire moqueur du pic noir et les variations joyeuses du pinson des arbres.

Nommer les plantes

Quelques radis pointent à l’abri dans le châssis en bois, mais rien du côté des fèves, des pois et des épinards. Il va falloir patienter encore et arroser, car de la semaine il n’est pas tombé une goutte de pluie ! Les nuages gris anthracite qui passent au-dessus de nos têtes ne semblent pas tentés de se déverser sur nos têtes. Tant mieux !

En revanche, ils avivent un méchant vent nord-est qui nous fait fuir du jardin. Ce vent est un problème à chaque début de printemps. Il s’engouffre par le chemin qui mène au jardin, entre le bois et la haie de thuyas et fait tourbillonner paillis et copeaux, découvrant le sol avant de l’assécher. Le phénomène est d’autant plus gênant que la pente naturelle du terrain descend légèrement du sud-ouest vers le nord-est.

Dans le bois où nous sommes partis faire un tour, nous découvrons des jonquilles sauvages et un peu plus loin, sur un tapis de lierre, des violettes et des anémones des bois. Quel plaisir de pouvoir au fil des années nommer les plantes. Nous profitons de cette escapade pour ramasser des pissenlits très tendres pour le dîner.

De retour au jardin, je m’attèle au nettoyage des derniers fraisiers, laissé en plan il y deux semaines et des pieds de framboisiers à nouveau envahis par le trèfle. A tout ce monde, je distribue des pelletées de compost.

Les violettes et les anémones des bois

L’« or vert »

Pendant ce temps, Jean-Marie s’occupe des tas du précieux « or vert ». Nous en avons deux en cours de maturation, mais dans l’un nous n’avons sans doute pas mélangé assez de paille ou de feuilles avec le fumier de cheval car il frise l’anaérobie (absence d’oxygène).

Nous décidons de le sortir entièrement du bac, d’en faire un tas en forme de tunnel que nous recouvrons de carton afin de le laisser s’aérer et s’égoutter tranquillement. Une prochaine fois, nous le remettrons dans le bac en ajoutant si besoin des végétaux. Avec un peu de soin, nous l’aurons à disposition au début de l’été pour nourrir les légumes exigeants comme les courges, les concombres, les courgettes, les tomates, les piments, les poireaux….

Nous en avons suffisamment pour poursuivre nos plantations et cette semaine nous repartons après avoir ajouté à côté des pois gourmands, une rangée de carottes, des rouges et nantaises, et une autre d’arroche rouge. A défaut d’épinard, l’ancêtre sauvage fera l’affaire !


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Source et photos : Christine Laurent pour Reporterre

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