Chronique du jardin sans pétrole - La mare magique dont rêve tout jardinier

Durée de lecture : 3 minutes

25 avril 2015 / Christine Laurent (Reporterre)

Le jardin est ensoleillé, mais comment arroser les semis de choux-raves lorsque les jardiniers ne sont pas là ? La solution : un trou, une bâche plastique, de la terre et des bambous pour suspendre la cagette contenant les plants. Du soleil, de l’eau et point de limaces : un rêve de jardinier.

On en oublierait que nous ne sommes qu’en avril si les cerisiers chargés de fleurs n’étaient là pour nous le rappeler. Depuis plusieurs jours il fait chaud mais pour autant, les gelées ne sont pas encore complètement derrière nous.

Aujourd’hui, nous avons pris la voiture car le RER C ne fonctionne pas entre Paris et Juvisy ; nous n’avons pas eu le courage de passer par la gare de Lyon et les nombreux escaliers à monter et descendre avec les vélos. Pour la peine, nous faisons le plein de cartons avant de partir et nous arrêtons acheter quelques plants de betteraves, choux cabus, piment et courgettes.

Un rêve de jardinier

Les choux-raves du balcon filant au sixième étage n’ont plus assez de soleil. La quantité de lumière a permis de déclencher la germination, mais pour que la plantule pousse il faut du soleil et de l’eau. Dilemme ! Laisser les semis sur le rebord de la fenêtre avec assez d’eau mais pas assez de soleil ou emporter les semis dans le jardin ensoleillé mais sans arrosage les jours où nous ne sommes pas là. Je décide de profiter de la voiture pour emporter dix plants.

C’est Léonie qui nous a mis sur le chemin d’une solution. La semaine dernière nous avons creusé un trou pour faire une petite mare - disons plutôt une grosse flaque - en attendant la vraie mare. Cette semaine nous avons dégagé du futur bassin des racines de lierre et de ronces, excavé des vieux clous et des poignées de porte oubliés jadis. Une fois le trou nettoyé, nous avons installé un petit matelas de carton et étalé un morceau de plastique, dont les bords on été recouverts de terre. Un peu de compost, quelques graines de lin et de bleuet semées à la volée.

Léonie est contente du résultat et moi je lorgne sur deux bambous pour pouvoir mettre en suspension au raz de l’eau une cagette en bois avec dedans les semis de choux-rave. Si ça marche nous pourrons faire une installation plus audacieuse sur la future mare… Du soleil, de l’eau et point de limaces : un rêve de jardinier.

Les abeilles ont la dalle

En attendant, pour protéger les jeunes pousses, Jean-Marie répand en anneau, à leur pied, des coquilles d’œuf broyées. Les fragments se collent sous le ventre des mollusques et les empêchent de progresser. Il faut aussi commencer à protéger le sol en paillant légèrement pour ne pas obstruer la levée des semis et éviter les évaporations fâcheuses alors qu’il n’a pas plu une goutte depuis deux semaines.

Dans le jardin, les abeilles vrombissent et se délectent de toutes les fleurs : cerisiers, pommier, saule des oliviers, camomille matricaire, violette. J’en ai surpris une la trompe dans une fleur de fraisier aspirant le nectar sans même prendre le temps de s’arrêter. Au sortir de l’hiver, les abeilles ont sacrément la dalle !


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Source : Christine Laurent pour Reporterre

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